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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Les travaux d'aménagement de la Place d'Italie furent terminés en 1879 et celle-ci fut considérée comme l'une des plus belles de Paris.


Le pont d'Austerlitz entre la place Walhubert et la place Mazas a été construit de 1802 à 1807 par Beaupré. Ses arches sont en pierre depuis 1854-1855 en remplacement des arches en fer fondu de la première construction.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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Noté dans la presse...

1901

Le monument d'Ernest Rousselle

L'inauguration du monument élevé à la mémoire de M. Ernest Rousselle, qui fut président du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, a eu lieu hier dans le jardin du dispensaire de la Maison-Blanche.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Jetée dans le fossé - 1897

Jetée dans le fossé

Le Figaro — 28 juin 1897

Des gardiens de la paix ont trouvé, hier matin, à quatre heures, dans le fossé des fortifications, en face de la rue du Château-des Rentiers, une femme Augustine Jourdan, âgée de trente-huit ans, demeurant avenue d'Italie. Cette femme a dit, d'abord, aux agents qu'elle avait fait une chute accidentelle puis, se ravisant, elle a déclaré qu'elle avait été précipitée dans le fossé par deux hommes et une femme parce qu'elle avait refusé de leur donner l'argent qu'elle avait sur elle.

La femme Jourdan qui se plaignait de vives douleurs internes a été conduite à l'hôpital Cochin.


 Le crime de la rue Michel-Bizot - 1897

Le crime de la rue Michel-Bizot.

Le Matin – 10 novembre 1897

Il est certainement très malheureux que le veilleur de nuit Tisseur ait trouvé une mort affreuse sous le marteau d'un inconnu, mais, d'après les renseignements recueillis à la préfecture de police, la victime ne serait guère plus intéressante que son assassin.

Lundi soir, on avait cru être sur la piste de l'auteur du crime, un jeune homme aux mœurs inavouables, qui, à diverses reprises, avait été vu en compagnie du veilleur et qui, samedi soir, était venu le trouver et était allé boire avec lui. Ce jeune homme a été retrouvé et il a pu fournir des indications tellement précises sur l'emploi de son temps qu'il a été reconnu innocent. Mais, en même temps, il a pu donner des indications sur des individus de son espèce que fréquentait le veilleur de nuit. Celui-ci menait une vie de débauche et attirait chez lui, rue de Patay, des filles mineures et des jeunes gens.

M. Cochefert s'est rendu, hier matin, à la Morgue, et, dans les vêtements du mort, il a trouvé des papiers établissant qu'il se nommait Charles Tisseur, né à Abbeville en 1854, ancien garçon boulanger, ayant subi trois condamnations en correctionnelle et une condamnation, par la cour d'assises de la Somme, à huit ans de travaux forcés pour viol de ses deux filles. Une des malheureuses est encore vivante.

La femme de Tisseur, qui habite Amiens, demanda et obtint le divorce. Après sa condamnation, sa peine subie, Tisseur vint à Paris, ou il se fit marchand des quatre saisons. Dans le jour, il poussait sa voiturette devant lui et, le soir venu, il gardait des chantiers de démolitions ou des immeubles en construction. On présume qu'il devait posséder un millier de francs d'économies. Cet argent n'a point été retrouvé au domicile du veilleur, 111, rue de Patay.




Un Drame du Terme

Le Journal — 10 juillet 1902

La cité Jeanne-d'Arc en émeute. - Coups de revolver. — Deux blessés. — L'enquête du Parquet.

Entre la rue Nationale et la rue Jeanne-d'Arc, dans le quartier de la Gare, serpente un passage qui coupe la cité Jeanne-d'Arc. De chaque côté sont de hautes maisons, aux étages bas, aux fenêtres étroites, où grouille une population de chiffonniers, de mendiants, de gens sans aveu.

La Cité Jeanne-d'Arc

La cité Jeanne-d'Arc est bien à eux : c'est une grande famille qui vit autant dans le passage que dans ses réduits. Aussi, le moindre fait qui s'y passe, appartient-il aussitôt à chacun, ce qui explique l'importance qu'ont pris les événements graves qui s'y sont déroulés l'autre nuit.

Depuis quelque temps, le propriétaire de la cité avait installé à l'une des extrémités du passage, près de la rue Jeanne-d'Arc dans un rez-de-chaussée de deux pièces, un gardien, nommé Etienne Billot, âgé de cinquante-six ans, marié et père de Léopold Billot, âgé de dix-huit ans, comptable.

Ancien sous-officier retraité de tirailleurs algériens, Etienne Billot avait conserva l'allure autoritaire du régiment et traitant ses locataires un peu comme les « arbis ». Il fut bientôt détesté des gens de la cité. Il n'en fallait d'ailleurs pas plus, pour cela, qu'il fût d'une couche sociale supérieure à la leur.

L'époque du terme vint aigrir des relations déjà tendues. Les vexations auxquelles le gardien et sa famine étaient en butte se changèrent en manifestations plus graves. Depuis quatre jours, M. Rocher, commissaire de police du quartier, recevait de M. Billot des plaintes répétées : c'étaient des coups donnés dans sa porte, des carreaux cassés, des injures. Un soir, il fit même amener au commissariat un certain D…, pris au hasard dans la foule malfaisante. Lundi, il tirait en l'air des coups de revolver.

Le gardien ne réussit qu'à augmenter contre lui l’animosité de la populace de la cité. Cela devient de la fureur.

A dix heures du soir, trois cents personnes sont rassemblées devant son modeste appartement, que des forcenés veulent saccager parce qu'il est plus brillant que leurs taudis. La foule s'excite ; la destruction commence.

C'est alors que Billot tire un coup de revolver, sur le sol, prétend-il. Quoi qu'il en soit, la balle, directement ou par ricochet, atteint en pleine poitrine un enfant de onze ans, le jeune Edouard Régnier, demeurant 81, rue Jeanne-d'Arc, qui chante dans les cours avec son père.

Les agents accourent ; puis arrive le commissaire de police prévenu.

On transporte le blessé à l'hôpital Trousseau, où il n'a pas encore repris connaissance. Son état paraît désespéré.

Le commissaire veut procéder à l'arrestation du meurtrier. Mais celui-ci s'est enfermé dans sa seconde chambre avec sa femme et son fils et refuse d'ouvrir ; barricadés les deux hommes étaient armés.

On enfonce la porte ; le commissaire pénètre et se fait reconnaître vivement. Le gardien se laisse arrêter.

Mais la foule, évaluée à quinze cents personnes, surexcitée au dernier point, pousse des cris de mort, veut arracher leur prisonnier aux agents, puis se retourne contre ceux-ci, qui la rudoient un peu.

L'inspecteur Petit fait avancer un fiacre rue Nationale, à l'entrée du passage. La foule s'y porte, et le commissaire, faisant fermer les grilles de ce côté, emmène rapidement son prisonnier par la rue Jeanne-d'Arc.

Mais il est bien vite rejoint par une populace en délire, à travers laquelle il ne se fraye que difficilement un passage. Il tombe sur le groupe toutes sortes de projectiles ; l'arrivée au commissariat semble une délivrance.

La plus rude partie de la besogne n'était pas faite.

La cité Jeanne-d'Arc avait envahi l'appartement du gardien. Dans la seconde chambre s'étaient réfugiés la femme et le fils de M. Billot. Celui-ci tenait en respect les agresseurs du premier plan, un revolver à la main, des couteaux-poignards, des haches, des barres de fer à proximité.

Se sentant plus menacé, il tire dans l'encadrement de la porte qui n'est plus. Le nommé Victor Lepécueur, âgé de cinquante-neuf ans, mécanicien, demeurant 81, rue Jeanne-d'Arc, est atteint d'une balle à l'aine et d'une autre à l'épaule. Il est maintenant à l'hôpital Cochin, dans un état très grave.

M. Rocher revient, accompagne de quatre agents et de l'inspecteur Petit. Il troue la foule et s'empare du second meurtrier et de sa mère évanouie. Il se souviendra longtemps des difficultés inouïes qu'il éprouva pour rejoindre son commissariat.

Recevant des tessons de bouteilles, des vases, des ordures, abreuvés de grossièretés, bousculés et bousculant, frappés et frappant, protégeant le jeune Billot et portant sa mère, les représentants de la force publique crurent à chaque étape de ce long calvaire trouver leur dernière minute.

C'est la bande qu'ils conduisaient qu'ils eussent dû mener au violon, alors qu'ils allaient au milieu d'elle avec les plus grandes peines.

Le parquet, prévenu aussitôt télégraphiquement, a désigné M. Le Poittevin, juge d'instruction, pour mettre l'affaire au point. Le juge a fait écrouer directement à la Santé la famille Billot.

M. le professeur Kirmisson, qui soigne le jeune Régnier, a demandé à M. Rocher des indications sur la calibre du revolver dont la balle a atteint l'enfant, afin de déterminer la position exacte de celle-ci.

Les deux revolvers sont de petit calibre, à sept balles. Ils sont de fabrication étrangère et présentent des particularités de mécanisme bizarres.

Deux agents sont en permanence dans la cité Jeanne-d'Arc, où l'ébullition n'est pas complètement calmée.


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Le récit,beaucoup plus sommaire, du Figaro

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