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 paris-treizieme.fr — La peur du diable (1896)

La peur du diable

La Justice — 2 octobre 1896

Depuis quinze jours environ, un négociant du quartier de la Gare, M. H..., donnait des signes évidents d'aliénation mentale. Il lui arrivait souvent de se réveiller en sursaut la nuit et de pousser de véritables hurlements de frayeur.

Le malheureux, en proie à une sorte de folie mystique, s'imaginait que des diables venaient s'emparer de lui pour le traîner en enfer et lui faire expier les péchés qu'il avait pu commettre dans le cours de sa vie. Bientôt ces hallucinations l'assaillirent pendant le jour et le négociant fut sans cesse dans un état d'épouvante indicible.

Toutefois, comme il n'était pas dangereux, sa famille ne voulut pas le faire enfermer. Se séparer de l'infortuné leur paraissait ajouter encore à leur malheur.

Or, hier vers minuit, sous l'empire de la folie, M. H. se releva sans bruit, s'arma de deux revolvers qu'on avait eu la grave imprudence de laisser tout chargés dans un meuble, puis il gagna la rue à pas de loup.

L'avenue de Choisy vue de la place d'Italie

Tout à coup, au beau milieu de l'avenue de Choisy, l'aliéné se mit à faire feu des deux armes à la fois en poussant des cris inhumains.

— Des hommes noirs et rouges, criait-il, avec leurs fourches et leurs ailes sont là ; sauve qui peut ! je vais les tuer.

Et la mousqueterie continuait de plus belle.

Des gardiens de la paix attirés par les détonations ne purent qu'à grand-peine s'approcher du fou dangereux et le maîtriser.

Au poste, où M. Perruche, commissaire de police, vint tenter de l'interroger, l'aliéné ne cessait de crier :

— Le diable ! Le diable ! II veut m'entraîner, tuez-le !

Sa famille, prévenue sur-le-champ, l'a fait conduire dans une maison de santé.

Saviez-vous que ...

L'orage remarquable par sa longue durée plus encore que par sa violence, qui éclata le lundi 23 juillet 1906 au soir sur Paris, causa beaucoup de dégâts. Dans le treizième arrondissement, la Bièvre, très grossie, sortit de son lit et inonda le passage Moret, dont les maisons ont dû durent être évacuées. Rue de la Glacière, 25, les ateliers de MM. Dufresne et Rommutel furent envahis par les eaux.

L'image du jour

Abattoirs de Villejuif, boulevard de l'Hôpital

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