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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Le 1er juillet 1914, à la suite d'une erreur d'aiguillage, les tramways Choisy-Chatelet et Vitry Chatelet entraient en collision avenue des Gobelins. Trois voyageurs étaient légèrement blessés.


Le XIIIème devait initialement porter le numéro 20 lors de l'extension de Paris en 1860.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Blessé par une plaque de tôle - 1929

Blessé par une plaque de tôle

Le Gaulois — 5 janvier 1929

Avenue des Gobelins, M. Fernand Bertel, vingt-quatre ans, 56, avenue Victor-Hugo, à Choisy-Ie-Roi, a été blesse à l’épaule gauche par une plaque de tôle tombée d’un immeuble.

Il a reçu les soins à la Pitié.


 Le drame de la rue Gandon - 1894

Le drame de la rue Gandon

Le Radical — 3 décembre 1894

Des cris partant d'une maison composée seulement d'un rez-de-chaussée, habité par les époux Jouy, âgés, le mari de cinquante-neuf ans et la femme de cinquante-six, mettaient en émoi ; hier, vers huit heures du soir, les habitants de la rue Gandon.

Quelques-uns se précipitèrent dans le logement et aperçurent M. Jouy, qui est estropié, étendu sans connaissance sur le plancher, portant au crâne une profonde blessure, et Mme Jouy, que son fils Joseph, âgé de dix-huit ans, maintenait sur le sol, la frappant avec rage.

Le misérable qui était ivre, avait eu une discussion avec son père qui lui reprochait de ne jamais travailler. Furieux, il lui avait porté en pleine poitrine un coup de pied qui l'avait fait choir à la renverse, la tête sur l'angle d'une commode.

À ce moment, Mme Jouy étant intervenue, le forcené s'était rué sur elle.

Cet ignoble personnage est au Dépôt.

M. Joux, qui a, en outre, plusieurs côtes brisées, a été transporté, à l'hôpital de la Pitié. Son État est désespéré.


 Hôtel particulier rue du Château-des-Rentiers - 1924

La halte des pauvres

Hôtel particulier rue du Château-des-Rentiers

Paris-Soir — 4 mars 1924

Il a ses habitués et ses clients de passage : Intellectuels, aventuriers, chômeurs surtout

par Bernard LECACHE

Le Refuge Nicolas-Flamel, asile de nuit, est installé rue du Château-des-Rentiers. Délicate attention du hasard. Tout auprès, rue de Tolbiac, il est une gare, munie de ce fronton : Entrée — CEINTURE — Sortie. On s'étonne qu'il n'y ait point, ajoutés par un pauvre, cinq lettres de réponse : «Merci ! »

L'Asile de nuit n'est ouvert que le jour.

— C'est mieux ainsi, dit M. Guyot, l'économe, l'homme des états, des fiches, de l'ordre, père nourricier glabre et cordial de ses pensionnaires.

Il a raison. Sans discipline, le Refuge ne serait plus qu'un hall de gare : « Entrée-Ceinture-Sortie ». Merci !

Interrogés, les réfugiés confirment :

« C'est à cinq heures. On s'arrange pour ne pas rater le convoi, voilà tout. »

— On ne connaît pas assez les asiles de nuit, dit encore M. Guyot. Ce n'est pas comme au théâtre. Vous allez voir...

Je vois, en effet. Boudv est à son poste, la louche en mains. Cuistot patenté, il accommode, flanqué de deux vieux, le menu quotidien, une soupe de pain et de pois cassés, fade : « C'est tout ce qu'ils auront, ce soir ? — On ne peut pas mieux ! » Les crédits alloués sont courts.

Pourtant, les hommes, ici travaillent. « Le rôle du-refuge, affirme un rapport, est à la fois humanitaire et moralisateur puisqu'il réalise ce double but : 1° d'offrir un abri, le pain et le vêtement à tous les déshérités qui se présentent, quels que soient leur nationalité, leur passé ou leur profession ; 2° d'apporter son appui sous la forme la moins avilissante, celle qui exige un travail, un effort quelconque de l'assisté, lequel reçoit un salaire et non une aumône. » Le rapport ne ment pas. Si le salaire est infime, la soupe maigre, leurs bénéficiaires paraissent s'en soucier comme un poisson d'une pomme. Ils sont en convalescence. Ils ont mangé, travaillé, dormi. Ils n'appréhendent que d'être renvoyés.

Passagers, habitués

Deux catégories, en principe : les passagers, admis pour trois jours et trois nuits ; les hospitaliers, acceptés pour deux mois, qui travaillent. En fait, les passagers sont ignorés. Pour se requinquer, deux mois sont, la plupart du temps, insuffisants. Aussi, le Refuge reçoit-il toujours les mêmes pensionnaires. Ayant accompli leur temps, ici, les hommes partent au Refuge Benoit-Malon. Quand ils n'y peuvent plus subsister, en route pour Nanterre, qui les gardera quelques semaines. Puis, ils reviennent au Château-des-Rentiers, qui les reprend sans objection. Ainsi toute l'année, pour le gros de la troupe. Il n'en va pas de même pour les autres, intellectuels dévoyés, comptables passibles des tribunaux, artistes dramatiques éreintés, clercs d'avoués indiscrets. Ceux-ci, véritables réfugiés, font halte, en attendant que la police, ou la famille, les oublient.

Pêle-mêle, habitués, extras, sont assemblés pour le travail. Les uns et les autres, sous le hangar, préparent, hâtifs, des ligots de bûchettes. Par deux, ils traînent, sur les rails, de petits wagonnets pleine Les jeunes se pressent. Les vieux, lassés, regardent dans le vide. De même, à la menuiserie, où les rabots sifflent, sous la main de vieux ouvriers dont les ateliers ne veulent plus. De même, à la serrurerie. Mais la forge, par contre, est calme. Deux légionnaires attisent mollement le feu. « Ça va ? — Ça va ! » Ça va doucement.

Les tailleurs, dans une maisonnette, tirent l'aiguille. Le plus vieux coud, « pour de rire ». On ne le renvoie pas : trop usé.

La langue incertaine, le regard enfantin, il s'échine, inutilement. Accroupis près des fers, des ciseaux, des draps médiocres, mutilés de guerre et gens de métier rapiècent, taillent, repassent, laissant pendre leurs pilons.

La soupe et les soupeurs

La journée, commencée à cinq heures, s'achève à neuf, comme en caserne. Enfin, la soupe. Une rumeur, atténuée par les consignes, monte. Les hommes, un numéro d'ordre en main, touchent leur ration. Ils s'alignent aussitôt au long des tables, par dix ou quinze, et, tassés, silencieux, mangent : « La soupe est bonne ? — Oui, comme ça ! » Certains attendent. L'appétit n'est pas de service.

D'autres bougonnent. Un amputé, quarante ans, marin, remâche sa bile. Il eut les jambes gelées en mer. La gangrène s'y mit. Les médecins préférèrent lui soigner une grippe. Et les jambes sautèrent. Lui fera-t-on sauter, maintenant, une des deux pensions auxquelles il a droit ? Jeune, cet autre mutilé connut des déboires. Comptable, il a mal compté. Il trouve qu'une soupe, serait-elle aux pois cassés, ne compte pas. Deux vieux chômeurs haussent les épaules. L'un était doreur sur métaux, l'autre métreur. Leurs mains, à tous deux, tremblent : « Le plus dur, dit le métreur, c'est le vin qu'on n'a pas. »

Désinfectés

Autre décor, la salle de douches, régentée par un grand costaud, tatoué de la base au faîte. Les nouveaux surviennent — onze, exactement, — et, péniblement, se déshabillent. Leurs vêtements souillés partent à l'étuve. Les voici nus, avec leur virilité qui renonce, leur obésité ironique, leurs os, leur odeur. Par cinq, ils s'installent sous la pomme de la douche, les pieds dans un baquet. Le grand tatoué commande : « Levez les bras, baissez la tête ! »

La pommade mercurielle les peint, à coups de pinceau. La douche gicle : « Rincez-vous ! » Ils obéissent.

Un gros, court, encroûté de partout, se gratte à démanger toute la terre. Un Mathusalem effraie, le ventre ballonné, la peau jaune et flasque. Un Sémite à barbiche, aux doigts coupés, se déhanche. Un unijambiste, qui est propre, lave son moignon avec sérénité.

Le soir, ils dormiront, rassérénés par cette désinfection, sur de vrais lits, au dortoir.

S'il est des malades, l'ambulance n'est pas loin. S'il' est des morts — tout arrive — les collègues fabriqueront le cercueil.

En 1922, 5.026 indigents se sont inscrits, parmi lesquels des Allemands, des Belges, des Italiens, des Turcs. 4 pharmaciens, 3 professeurs, 19 sculpteurs, 75 employés, 35 typographes, 71 comptables, 39 infirmiers, ont décliné leur profession. 2.000 autres se sont déclarés journaliers. Une bonne centaine ne s'est point confessée.

Tour à tour, ils sont repartis.

Quelques-uns n'ont pas oublié. Un peintre envoya de ses toiles. Un professeur écrivit, en vers, sa reconnaissance. Un licencié ès science revint... Car, depuis Jules Vallès, tout a augmenté. Ce sont les licenciés ès sciences qui ont faim, aujourd'hui.

Bernard Lecache

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