entete


UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital s'y installa le 1er avril 1878 revenant ainsi à son emplacement initial où il avait été installé une première fois au XVIIè siècle.


Selon un article du Figaro du 29 août 1905, le 13e arrondissement comptait alors 938 jardins privés.


Le 30 janvier 1916, se jouaient Les Mystères de New-York au cinéma Bobillot, 66 due de la Colonie.

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Un jeune héros - 1895

Un jeune héros

Le Petit-Parisien ― 6 février 1895

Une dizaine d'écoliers s'amusaient, hier après-midi, dans le bas de la rue des Tanneries, à faire des glissades sur la glace qui recouvre la Bièvre, très profonde en cet endroit.

Soudain le jeune Émile Brajus, âgé de onze ans, demeurant chez ses parents, rue des Cordelières, 38, s'étant aventuré au milieu de la rivière, poussa un cri de désespoir.

La glace venait de se rompre; le malheureux enfant disparut sous l'eau.

Aussitôt un de ses camarades, Émile Berne, âgé de treize ans, plongea résolument à trois reprises différentes et fut assez heureux pour saisir son camarade par ses vêtements.

Néanmoins, l'intrépide écolier, bien qu'il fût excellent nageur, était épuisé. Le froid engourdissait ses membres.

Eugène Billion, âgé également de treize ans, se porta à son tour au secours de ses petits amis; il se coucha à plat ventre sur la glace et tandis que les autres gamins le retenaient par les pieds, il aida Berne, qui n'avait pas abandonné Brajus, à sortir de l'eau.

Dans la soirée, M. Perruche, commissaire de police du quartier, est allé rendre visite à victime et à son brave sauveteur.


 Un train de sucre démolit un mur - 1916

Un train de sucre démolit un mur

Le Figaro ― 1er novembre 1916

Hier après-midi, à une heure, à la gare des Gobelins, huit wagons chargés de sucre ont heurté, par suite d'une fausse manœuvre, le mur de clôture de cette gare donnant sur la rue Baudricourt.

Le mur a été fortement ébranlé et il menace de s'écrouler.

II n'y a pas eu d'accident de personnes.


 La zone - 1895

Expulsion des zoniers de la porte de Gentilly

LA ZONE

La Lanterne — 10 juin 1895

Des braves gens qui doivent en ce moment trouver que le génie militaire est bien véritablement, comme on le prétend, un génie malfaisant, ce sont les zoniers.

Qu'est-ce que les zoniers ? direz-vous. De braves gens qui sont allés chercher hors de nos murs ce qu'ils ne trouvaient plus à l'intérieur de l'enceinte fortifiée, un toit et un abri ; et qui à force de piocher, de bêcher, et d'arroser de leurs sueurs les ingrats terrains frappés de servitudes militaires, ont fini par créer inconsciemment autour de Paris une immense couronne de verdure et de fleurs. Oh ! sans doute, les habitations qu'on rencontre dans ces parages n'ont rien de commun avec les palais du quartier des Champs-Élysées ou ceux qui entourent le parc Monceau et l'architecture en est des plus primitives. Ce sont de pauvres cahutes en planches, quelquefois même une roulotte mise au rancart, ou un vieux wagon réformé, veufs de leurs roues, qui sont venus s'échouer là comme par miracle. Quelques feuilles de zinc ou quelques morceaux de carton bitumé constituent une toiture qui livre bien un peu trop complaisamment passage à la pluie et à l'aquilon: mais le long des frêles cloisons grimpent le liseron et la capucine, et un jardinet s'étend autour de la maisonnette. C'est l'illusion de la campagne.

*
*             *

Par contre, près des portes les plus fréquentées de Paris, les routes ont pris l'aspect d'un champ de foire permanent, et les chaussées sont bordées par les établissements rustiques, qu’ont établis de petits commerçants. Là s'élèvent les vertes tonnelles d'un marchand de vin, plus loin des chevaux de bois et des balançoires sont installés. À côté de ces divertissements, un marchand de couronnes offre aux familles en deuil sa funèbre marchandise, puis, d'une guinguette s'échappent des rires et des chants joyeux.

C'est au milieu de cette animation que s'effectue l'entrée ou la sortie de la grande ville, sans que l'œil soit attristé par l'aspect de terrains vagues et incultes, ou des grands murs qui semblent entourer Paris, condamné à l'enceinte fortifiée, comme le disait spirituellement un jour M. le préfet de la Seine.

Mais le génie militaire est là qui veille jalousement sur ses droits. Ce terrain fait partie de son royaume, il y commande en maître, et sait le faire voir. C'est ainsi qu'il y a deux ou trois jours, ce malfaisant génie joignant l'odieux au grotesque, procédait à une exécution qui a jeté l'émoi parmi toute la population zonière. Un capitaine de cette arme qui, pour la circonstance, s'était fait accompagner par l'adjoint au maire de Gentilly, par un commissaire de police et des agents, renforcés de gendarmes, est venu faire abattre trois ou quatre bicoques qui avaient le tort de dépasser les deux mètres de hauteur tolérés par l'autorité militaire. Il a été, paraît-il, procédé à cette opération, comme en pays conquis et avec une brutalité sans pareille. On assure même, que quelques jours de répit furent refusés à un pauvre homme, dont l'enfant était au lit, dangereusement malade.

*
*             *

À quoi servent de pareilles rigueurs ? On se le demande ou plutôt non; ces procédés militaires ne seront pas sans utilité car ils vont avoir forcément pour conséquence, d'appeler à nouveau l'attention sur cette question de l'enceinte de Paris, question d'une importance de premier ordre, et qui pourtant, reste pendante depuis quinze années, sans qu’on puisse encore prévoir l'époque à laquelle elle recevra enfin une solution.

Le Conseil municipal de Paris, le Conseil général de la Seine ont émis à différentes reprises des votes importants, en vue d'obtenir la démolition de ces inutiles murailles entre lesquelles Paris étouffe comme enserré dans une trop étroite ceinture, et toutes les communes suburbaines ont formé des vœux dans le même sens.

C'est le 20 novembre 1882, que M. Yves Guyot portait pour la première fois devant le Conseil municipal cette question de la désaffectation des fortifications. Cette proposition était ainsi motivée : « Dans le but d'obtenir la réduction du prix des loyers, l'amélioration des conditions hygiéniques de Paris, et des voies de communication entre Paris et les communes suburbaines, le Conseil, etc. »

Au cours de la même séance, M. Engelhard soutenait qu'on pourrait faire disparaître sans inconvénient pour la défense de Paris la partie des fortifications comprise entre le Point du Jour et Clichy.

En 1889 et 1890, Paul Brousse se faisait à son tour l’avocat de la même cause devant le Conseil qui venait d'être renouvelé et demandait la désaffectation des murs d'enceinte ; en 1893 la question revenait à l'ordre du jour et le même M. Paul Brousse qui en avait été nommé rapporteur faisait valoir que l'existence d'un mur d'enceinte et de la zone avait pour principal résultat d'inutiliser de grands espaces de terrain et d'apporter des entraves continuelles dans les relations des différents quartiers de Paris, avec les véritables villes qui se créent de l'autre côté du mur.

Veut-on savoir qu'elle est la quantité de terrain ainsi stérilisé. Elle n'est pas moindre de seize millions de mètres carrés, quatre millions pour le mur et douze millions pour la zone.

Que d'espace perdu ! Combien de belles maisons pourrait-on construire sur ces emplacements ! Quel bienfait pour l'hygiène publique s'il était possible de disperser les habitants sur une surface beaucoup plus étendue. L'habitude de s'entasser les uns sur les autres est un fruit de la routine, et avec les moyens de communication dont nous disposons aujourd'hui, les affaires n'auraient nullement à souffrir d'un nouvel état de choses. Le Paris de nos jours, avec ses deux millions et demi d'habitants peut-il être arrêté dans son développement et doit-il être réduit aux limites qu'on aurait pensé assigner au Paris de 1840 ?

Il est tel quartier du centre, le quartier Bonne-Nouvelle, par exemple, qui compte, par hectare, mille vingt-cinq habitants, ce qui ne représente même pas dix centimètres accordés à chaque citoyen pour poser ses pieds. Le résultat de cet état de choses est double. D'une part, le terrain est parcimonieusement mesuré à nos promenades, si justement appelées les poumons de la cité ; d'autre part, nos rues sont encombrées jusqu'à l'écrasement des passants, et l'élévation des maisons est poussée jusqu'aux dernières limites tolérées par les règlements ; d'où les plus épouvantables conséquences sanitaires.

C'est pourquoi, les élus de Paris et même les élus de la Seine, car les communes suburbaines sont aussi intéressées que Paris à la démolition de cette muraille chinoise, se sont toujours efforcés d'en obtenir la destruction.

Leurs efforts se sont jusqu'à présent brisés contre le mauvais vouloir de l'autorité militaire. M. de Freycinet, lorsqu'il était au ministère de la guerre, semblait disposé à sacrifier ces fortifications, aujourd'hui devenues absolument inutiles aux nécessités de la défense, et qui n'avaient été édifiées par la monarchie de Juillet que dans un but purement politique. Mais un funeste revirement s'est produit dans l'esprit des chefs militaires. Avec le perfectionnement des armes actuelles, il est incontestable, d'ailleurs, que ces fortifications ne sont d'aucun intérêt au point de vue de la résistance à l'ennemi, et que si une zone de deux cent cinquante mètres, pouvait avoir raison d'être, alors que les fusils portaient à trois cents mètres, il faudrait aujourd'hui l'étendre à dix-huit cent mètres, ce qui serait une opération en même temps ruineuse et absolument chimérique.

Enfin, ainsi que le constatait le Conseil général de la Seine, dans l'expression d'un vœu émis en 1893 et tendant à ce que les propriétaires des terrains situés dans la zone soient autorisés à bâtir, le gouvernement militaire de Paris est, à la fois un camp retranché par la nouvelle enceinte, et une place forte par l'ancienne. Un des deux systèmes au moins est de trop.

La Lanterne a dit toutes ces choses à maintes reprises, mais on ne saurait trop souvent les répéter.

Espérons que la rudesse et la brutalité avec lesquelles la main de l'autorité militaire vient de s'abattre sur les pauvres zoniers de la porte d'Italie, aura pour résultat de ramener cette importante question à l'ordre du jour, et de lui faire faire un pas vers une solution impatiemment attendue.

JEAN-PIERRE.

Quoiqu'en pense l'auteur de l'article, ce sont les zoniers de la Porte de Gentilly qui ont été expulsés. Le Gaulois en rendit compte le 6 juin :

"Grand déploiement de forces, hier matin, la porte de Gentilly.
Un capitaine, un adjoint du génie et le commissaire de police de la localité, escortés de gendarmes à pied et cheval, d'agents de police et de soldats de l'infanterie de ligne, étaient chargés de ..procéder à l'expulsion de deux douzaines de misérables habitant des cahutes en planches sur la zone des fortifications.
L'un d'eux, Boyer, père d'un enfant malade au lit, implorait en vain quelques jours de grâce. Un autre, Stern, est père de six enfants et la mère sanglotait. "
La gravure du Petit-Journal s'éclaire...

La vérité oblige à dire que la question de l'évacuation de la zone était posée depuis plusieurs mois et qu'en mai 1895, l'autorité militaire avait donné un mois aux zoniers pour déguépir. Il n'en reste pas moins que la brutalité de l'intervention suscitat des réactions dans l'opinion publique (NdE).


A lire également

Un soir à la Porte d'Italie - 1895

La capitale démantelée : les survivants (1930)

Petit voyage dans la zone - 1931

La question de la zone parisienne (1932)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Un Drame du Terme - 1902

Entre la rue Nationale et la rue Jeanne-d'Arc, dans le quartier de la Gare, serpente un passage qui coupe la cité Jeanne-d'Arc. De chaque côté sont de hautes maisons, aux étages bas, aux fenêtres étroites, où grouille une population de chiffonniers, de mendiants, de gens sans aveu.

Lire

Querelle de famille - 1905

Dans un des coins les moins connus de Paris, dans une rues les moins fréquentées, du quartier de la Maison-Blanche, la rue de la Colonie, habite, au n°20, un nommé Pierre V...

Lire

La guerre à propos d’œufs de Pâques - 1897

« Les œufs, les beaux œufs de Pâques », criait, hier, vers onze heures et demie, d'une voix tonitruante et qui remplissait l'avenue d'Italie, un marchand ambulant. Il poussait devant lui une petite voiture, où reposaient sur un lit de mousse des œufs de Pâques de toutes les dimensions, les uns, en sucre, tout blancs, les autres, en chocolat, d'un brun foncé le plus appétissant du monde.

Lire

« Entends-tu ma voix qui t'invite ? » - 1905

Jean Rousseau, dit « Guibollard », dix-neuf ans, et Lucien Fraisier, dit le « Petit-Rat », seize ans, avaient résolu d'offrir à leurs amis de la poterne des Peupliers un repas à l'instar de ceux que s'offrent les bourgeois.

Lire

Menu article

Lu dans la presse...

A propos de l'inauguration du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Tandis que Paris se trouve condamné à boire de l'eau contaminée, on a accueilli, avec bonheur, la nouvelle de l'inauguration du fameux puits artésien de la Butte aux Cailles.
La chose vaut qu'on s'y arrête, car il ne s'agit pas de moins de dix mille mètres cubes, ou de dix millions de litres d'eau pure qui vont être donnés, chaque jour, aux Parisiens. Par ces temps de fièvre typhoïde, d'eau de Seine filtrée, voire non filtrée, ce n'est pas là quantité négligeable. (1904)

Lire


Les grands travaux de l’édilité parisienne

Dans le XIIIe arrondissement, quartier de la Butte-aux-Cailles, c'est toujours de la grande voie de transit que l'on s'occupe. (1877)

Lire


L'épidémie de la Maison-Blanche.

Malgré les défenses qui leur sont faites et avec l'insouciance de leur âge, les enfants du quartier s'introduisent actuellement dans la décharge et ils s'y amusent avec les fémurs et les tibias qu'ils découvrent à chaque pas. (1890)

Lire


La Peste

La Bièvre est un ruisseau tout noir
Qui sent comme un goût d'urinoir…

chantait ce pauvre Rivoire, qui chantait si lugubrement la triste épopée d'un grelotteux de la Glacière. (1890)

Lire


L’épidémie de la Bièvre

Nous sommes retournés hier soir aux abords du charnier de la Bièvre.
Voici les nouveaux renseignements que nous y avons recueillis. (1890)

Lire


Le plan d'assainissement du quartier Maison-Blanche

Il existe dans le XIIIe arrondissement (quartier de la Maison-Blanche), un immense quadrilatère de plus de 60 hectares de superficie, qui laisse presque tout à désirer sous le rapport des communications et de la salubrité. (1881)

Lire


La Butte-aux-Cailles

Situé sur les confins du XIVe et du XIIIe arrondissement, l'ancien quartier de la Glacière est, ou plutôt était, il y a peu de temps, un des côtés les plus curieux du nouveau Paris. Las deux bras de la Bièvre s'enchevêtrant, à peine ombragés par quelques maigres peupliers, dans les replis escarpés de la Butte-aux-Cailles. (1877)

Lire


Enquête publique sur les projets de voiries intéressant les 13e et 14 arrondissements

Une enquête est ouverte, pendant quinze jours consécutifs, à partir d'aujourd'hui, aux mairies des 13e et 14e arrondissements, sur divers projets de voirie intéressant cette partie annexe de la capitale. A l'appui des plans déposés, l'administration a joint une légende explicative, dont nous reproduisons les termes. (1863)

Lire


Les nouvelles places de Paris

On s'occupe en ce moment de la régularisation et de la décoration de douze places principales, établies sur remplacement d'anciennes barrières supprimées. (1866)

Lire


Travaux parisiens

Les anciens boulevards extérieurs de la rive gauche sont, depuis plusieurs mois, l'objet de travaux analogues à ceux qui ont été entrepris sur les boulevards de la rive droite. Ces travaux ont trait à la zone comprise entre le pont de Bercy et la place de l'ex-barrière d'Enfer. (1863)

Lire


Le point sur les travaux de la place d'Italie

On entreprend en ce moment à la place d'Italie des travaux de voirie analogues à ceux de la place de l'Arc-de-l'Etoile et de la place du Trône. On établit un plateau circulaire avec huit boulevards, squares, maisons monumentales, si l'industrie toutefois veut se risquer à les édifier. (1869)

Lire


Milla ans sous la terre

Dans un quartier de Paris, renommé par ses tanneries, ses peausseries, et surtout par la manufacture des Gobelins, hélas ! incendiée en partie, est un vaste terrain, où s'élevait jadis une église dédiée à saint Martin, au faubourg Saint-Marcel. (1871)

Lire


Les chasseurs de cabots

Un jour, j'entre au marché... aux chiens, situé sur le boulevard de l'Hôpital. Il y avait environ cent-cinquante ou deux cents de ces intéressants animaux les uns aboyaient, les autres jappaient, quelques-uns mêmes gémissaient. (1868)

Lire


L’ouverture du chemin de fer de ceinture

Le terrain s'abaisse et la vue s'élargit ; voici le chemin de fer de Sceaux, puis la Glacière, Gentilly et en face une échappée de Paris, puis un coin tranquille, tout champêtre, presque silencieux, où coule la Bièvre, cette rivière parisienne ignorée. (1867)

Lire


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte