entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

La quartier de la Maison Blanche a été tout entier détaché de la commune de Gentilly. On l'appelait le petit Gentilly. La rue Abel Hovelaque portait le nom de rue du petit Gentilly.


600 partisans de la désaffectation du mur d'enceinte de Paris et de la suppression des servitudes militaires se réunirent, le dimanche 6 mai 1894 en plein air à la Porte d'Italie pour défendre leurs revendications.


C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Le vin triste - 1923

Le vin triste

Paris-Soir ― 2 décembre 1923

Avenue des Gobelins, en face du 51, des agents ont surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.


 La bande des deux moulins - 1894

La « bande des deux moulins »

Le Gaulois — 14 novembre 1894

Une véritable bataille s'est livrée, l'avant-dernière nuit, boulevard de la Gare, entre ouvriers et rôdeurs qui sortaient d'un bal-musette de l'avenue de Choisy.

Les rôdeurs mirent bientôt le couteau à la main, et le sang coulait déjà quand les agresseurs sortant des revolvers firent usage de leurs armes.

Une femme qui passait a dix mètres de là était blessée à la cuisse par une balle mais la police accourait et parvenait arrêter un des malfaiteurs, nommé Jean Bouhain.

Cet individu, qui est blessé, a déclaré faire partie d'une bande dite la « Bande des deux moulins » à laquelle étaient affiliés la plupart des agresseurs.

L'état d'un des ouvriers nommé Émile Bonnet est désespéré. Il a été frappé d'une balle à l'œil gauche et d'un coup de couteau au cou. Un ébéniste, Joseph Verdoneck, a été également atteint d'un coup de couteau au côté gauche.




La Bièvre

L’Aurore — 31 mai 1901

La colère de la Bièvre. — Avec les égoutiers. — Les sinistrés. — Rue de la Clef. — Passage Moret. — Vase pestilentielle. — Misères à soulager. — Rue de la Glacière. — Conclusion

La Bièvre, pendant l'orage de mercredi, s'est mise en colère ; terrible colère, dont nous avons déjà signalé hier les principaux effets, et dont je suis allé voir les traces avant qu'elles ne fussent effacées.

L'ignoble visite, et au cours de laquelle je regrettai plusieurs fois de ne m'être point muni de flacons de sels !

Avec les égoutiers

Le quartier des Gobelins était parcouru hier par de nombreuses équipes d'égoutiers, en vêtements de travail — bottes et bourgerons ; sur l'épaule, racloirs et balais ; au bras, le seau plein de « désinfectant ».

Rue Pascal, je me joins à l'une de ces équipes, et j'essaie de faire causer un des hommes.

Mais il me demande d'abord en baissant la voix :

— Vous êtes journaliste, hein ?

— Oui, de l'Aurore.

— Oh ! alors, suivez-nous. Nous allons passage Moret.

Et à son regard, je comprends qua le spectacle vaudra le dérangement.

— Vous voyez, continue-t-il, la rue Pascal, qui est large cependant. Eh bien, la chaussée était couverte d'eau. Un vrai lac. Et rue de la Clef, d'où nous venons ! Vous savez qu'elle est en contrebas, comme la rue Censier. Toutes les eaux de la rue Monge, celles de la Bièvre, débordant par les égouts, les avaient envahies. C'était comme deux torrents. L'eau, encaissée, est montée à près de deux mètres, rue du Fer-à-Moulin, par exemple.

Tout en causant, nous sommes arrivés dans la rue Cordelière, dans laquelle débouche le passage Moret. La rue a été envahie également. La chaussée était couverte d'une boue noirâtre que des cantonniers ont déjà ramassée en tas dans les ruisseaux.

L'égoutier nous montre la ligne tracée par les eaux sur les murs, à cinquante centimètres au-dessus du trottoir.

Le passage Moret

Nous voici dans le passage. Il est étroit, bordé de murs sales limitant des mégisseries ou des maisons sordides peu élevées.

La sortie du passage Moret sur la rue des Cordellières

Le pavé est inégal, mais recouvert d'une épaisse couche de vase.

Les égoutiers, avec leurs grosses bottes ne s'en soucient guère. Je suis obligé à plus de précautions.

À mesure que nous avançons, la vase s'épaissit, et une odeur pestilentielle de plus en plus forte saisit à la gorge.

Enfin nous sommes au bout.

Le passage s'élargit un peu à droite et fait à gauche un angle droit.

Des deux côtés, par une étroite faille entre les maisons, apparaît la Bièvre qui s'est divisée.

Le bras de gauche parait d'un niveau un peu supérieur à celui de droite.

Le fond du passage, c'est une maison de trois étages, habitée jusqu'au rez-de-chaussée.

Sur le mur la même ligne noire, mais cette fois à près d'un mètre au-dessus du sol.

Des femmes en groupe se lamentent. Elles sont misérablement vêtues. Des tables, des chaises, une commode, enduites de boue, sont adossées contre la boutique d'un marchand de vin peinte en rouge vif.

Les égoutiers tiennent conseil. Ils se disposent à racler d'abord la chaussée, puis à laver à grande eau.

Je m'approche d'une grosse dame qui s'essuie les yeux avec le coin de son tablier de cotonnade bleu. Et je provoque ses confidences :

— La Bièvre a monté et vite, me dit-elle, que je n'ai eu le temps de rien sauver. Les deux bras ont débordé presque en même temps. Tout a été envahi ici, et puis l'eau s'échappait par le passage vers la rue des Cordelières (c'est-à-dire dans le sens opposé au courant].

Venez voir dans quel état sont les logements du rez-de-chaussée. Tenez, allons jusqu'au bout au bras de gauche.

C'est M. et Mme Bidault qui habitent là. Ils ont cinq enfants, dont l'aînée a quinze ans, la plus jeune dix-huit mois. Tout est gâché chez eux.

Mme Bidault était en train de faire du « factice ».

— Du quoi ?

— Du factice, je vous dis. C'est des rognures de cuir qu'on colle et qu'on étend sur une planche, de zinc et qu'on passe à la presse. Ça fait de très bon cuir.

— Bien, et alors !

— Alors, voilà la pluie qui tombe. Mme Bidault va chercher son bébé qui criait ; elle avait peur du tonnerre, vous pensez. Ella veut sortir. Impossible. La Bièvre débordait déjà et touchait sa porte,

Je vois ça… Je crie à tout le monde, parce que je suis concierge, j'ai au peu d'autorité : — Montez aux premiers.

Chaque logement a son escalier

L'autre bras débordait à son tour. Me voilà dans L'eau jusqu'à mi-jambe, sans prendre le temps de fermer mes fenêtres, je monte à mon tour. J'étais propre ! il a fallu qu'on me prête des effets.

En bas, c'était épouvantable !

L'eau, la boue, toute la vase du fond était entrée dans les chambres, Par les fenêtres, des chaises n'en allaient, des vêtements, des chaussures.

Et venez voir maintenant dans quel état c'est !

J'entre. C'est ignoble, en effet. La machine à coudre a été recouverte. Le mouvement est enduit d'une couche de vase. L'armoire a été à demi noyée. Le linge est trempé d'eau vaseuse. Le lit a été inondé jusque par-dessus les matelas, qui sont perdus.

Dans les autres logis, c'est plus infect encore.

Chez la concierge, Mme Guaydan, le plancher a été lavé et l'on peut y marcher. Les k autres sont inabordables, sauf pour les égoutiers qui s'y escriment. Je vois des édredons trempés, tachés ; des couvertures, des draps en tas, et sales ! De pauvres meubles que l'eau a perdus irrémédiablement.

Mme Guaydan me donne des noms des locataires inondés :
D'abord M. et Mme Bidault, cinq enfants;
M. et Mme Bayer, deux enfants, l'ainé dix ans, le cadet sept ans ;
M. et Mme Chalandar.

— Tout cela est perdu, reprend Mme Guaydan. Car l'eau n'est pas que vaseuse, elle dît chargée de produits chimiques qui brulent tout, Et tes caves que l'oubliais

Mme Guaydan m'ouvre une porte qui donne sur le trottoir même.

Elles sont pleines d'eau, et de quelle eau !

— Vous voyez ce tonneau, c'est un tonneau de cidre. Il a été roulé. Il avait été mis en perce il y a huit tours, et la bonde avait été enlevée. Tout le cidre est dans la cave. C'était à un locataire, M. Poulain, qui lui aussi a cinq enfants.

Mais voilà, longtemps déjà que je patauge dans la boue, que je respire l'odeur innommable qui s'en exhale. J'ai hâte de fuir. J'assure Mme Guydan de la sympathie de l'Aurore de celle de ses lecteurs, et je me sauve.

Le long de la Bièvre

Je remanie à droite la Bièvre, qui coule à pleins bords, bientôt elle disparaît de nouveau sous la ruelle des Gobelins et la rue Croulebarbe.

Rue Vulpian, les sapines d'une maison en construction ont failli se renverser. Au passage d'un tombereau vide, le sol s'affaissa à leur base. L'égout venait de crever. La circulation est interdite

Boulevard d'Italie, une maison construite en contre-bas menace de s'effondrer. Les eaux de pluie avait envahi le rez-de-chaussée et les caves. Elle abritait une douzaine de locataires et un blanchisseur, M. Witszite. Le -propriétaire, qui n'est autre que l'oncle de M. Millerand, a logé provisoirement ses locataires dans le voisinage. La maison devra être abattue.

Rua de la Glacière, les dégâts ont été considérables également. Au 85, la Bièvre coule à ciel ouvert à l'extrémité d'une longue impasse. Elle disparaît d'ailleurs tout e suite dans un petit boyau haut de 0,60 centimètres et large de 0,40.

Une pauvre femme de soixante-douze ans était seule dans la maison bâtie sur le bord. Son fils est cocher, à son compte. Un cheval restait donc à l'écurie. La rivière monta, monta si vite que la vieille femme, Mme Collinet, eut à peine le temps de se sauver chez une de ses voisines dont les fenêtres surplombent la Bièvre. L'eau ne trouvant aucune issue, monta à 3 m. 60, noya le cheval, qui criait à fendre le cœur. Elle fit sauter ou amont, un pont et une voûta dont les pierres jonchent maintenant son lit. Un peu plus haut, elle renversa les bâtiments d'une mégisserie, ainsi que nous l'avons dit hier. Un ouvrier y fut blessé qui est encore dans un état grave, et les deux ou trois mégisseries qui s'élèvent à cet endroit sont en chômage. Les cuves ont été renversées, plu- sieurs milliers de peaux abîmées ou emportées par le courant.

Que faire ?

De mémoire d'homme, les riverains ne se souviennent pas que la Bièvre ait été si mauvaise.

Ils accusent les endiguements qu'on lui a fait subir et affirment que, si elle a enflé à ce point, c'est qu'elle n'a plus assez d'exutoires.

C'est probable, et il y a certainement des précautions à prendre pour l'avenir.

Il faut que les plus violents orages puissent sévir sans qu’on ait à redouter les accidents de mercredi. Il s'agit de créer des égouts de dérivation en nombre suffisant et d'une section suffisante.

On évitera ainsi, les distributions de secours que la Ville va être obligée de consentir, et qui forcément seront bien maigres.

Et l'on aura réalisé ainsi des économies, de vraies économies.

Albéric Darthèze

A lire également

Après l'orage ( Le Figaro, 31 mai 1901)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Les étrangleurs des Gobelins - Trois arrestations - 25 & 26 janvier 1895

Avant-hier soir, à dix heures et demie, un nommé Pierre Gustave, livreur dans un magasin du quai d'Orsay, traversait la place Jeanne d'Arc pour rentrer chez lui, lorsqu'il fut assailli par deux individus qui lui jetèrentune corde autour du cou.

Lire

Les étrangleurs des Gobelins - Le Matin - 29 décembre 1894

On pourrait croire qu'il existe dans le quartier des Gobelins une véritable bande de rôdeurs nocturnes, qui ont la spécialité d'étrangler leurs victimes.

Lire

Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 1 heure, deux agents cyclistes effectuant une ronde, découvraient sur les fortifications, à l'angle de la rue Damesme et du boulevard Kellermann, un homme inanimé.

Lire

Mutilé par son amie - 1914

Malgré cinq ans de vie commune, Émile Daucourt, polisseur, âgé de trente ans, et sa maîtresse, Marie Pécret, une forte femme de trente-cinq ans, ne formaient pas un couple parfait.

Lire

Menu article

Lu dans la presse...

La passerelle de la Maison-Blanche

Tout un coin du quartier de la Maison-Blanche est en fête : dans quelques jours on inaugurera solennellement la nouvelle et légère passerelle métallique qui, passant au-dessus des voies du chemin de fer de Ceinture, à la Glacière, relie maintenant entre eux deux points jusqu'à présent fort éloignés l'un de l'autre. (1907)

Lire


Une masure s'effondre au « Camp marocain »

À deux pas de la porte d'Italie, dans un grand espace situé rue Bobillot, se trouve une succession de masures misérables qui furent habitées, il y a une vingtaine d'années, par des nomades africains, prompts à jouer du couteau. (1910)

Lire


Les quartiers pauvres

Les quartiers pauvres et populeux de Paris sont négligés ou dédaignés par l'administration, tandis que les quartiers élégants sont « embellis » à grands frais.
Cette iniquité, à laquelle personne ne songe, et dont beaucoup de citoyens ont malheureusement à souffrir, a fini par provoquer les plaintes légitimes des habitants du 13e arrondissement, c'est-à-dire du coin abandonné qui comprend la route d'Italie, les Gobelins, la Bièvre et la Butte-aux Cailles. (1869)

Lire


La catastrophe de la Cité Doré

La cité Doré, entre le boulevard de l'Hôpital et la rue Jeanne-d'Arc, refuge misérable des biffins les plus pauvres, était jusqu'à présent un coin pittoresque de reportage.
C'est maintenant le lieu d’une catastrophe douloureuse qui compte cinq morts, qui aurait pu tuer plus de personnes encore, si, par un malheureux hasard elle s'était produite, une heure plus tôt. (1925)

Lire


La cité des Kroumirs

II y a un an, les Kroumirs étalent absolument inconnus en France ; aujourd’hui, comme les Cosaques et les Bédouins, ils ont pris place dans le vocabulaire populaire. Kroumir est passé expression de mépris. La cité des Kroumirs n’est donc pas bien vielle, et son aspect n’a rien qui puisse exciter l’envie. (1882)

Lire


On reconstruit l'Hôpital de la Pitié

M. Justin Rochet, l'architecte chargé des travaux, nous explique dans quelles conditions sera construit le nouvel établissement... (1906)

Lire


M. Poincaré inaugure le nouvel hôpital de la Pitié

M. Poincaré a présidé ce matin l'inauguration du nouvel hôpital de la Pitié. (1913)

Lire


L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc

Le Bulletin Municipal a enregistré l'expropriation, pour cause d'utilité publique, d'un certain nombre de maisons du 13° arrondissement, situées rue Jenner, boulevard de l'Hôpital, rue Esquirol, passage Crouin, place Pinel, cité Doré, avenue Constance, avenue Constant-Philippe et boulevard de la Gare. (1914)

Lire


Une promenade à l’ancienne Butte-aux-Cailles

Ce serait un petit concours à ouvrir : « Quel est le quartier de Paris, qui a le plus changé depuis quinze ans ? » Et il y a gros à parier que le quartier de la Glacière, alias de la Butte-aux-Cailles, se rangerait dans le peloton de tête. (1923)

Lire


L'oasis et le cloaque

Il y a des quartiers de Paris qui n'ont vraiment pas de chance ! Le quartier de la Gare, dans le treizième arrondissement, par exemple... (1934)

Lire


Un métier inconnu

Rue Xaintrailles, derrière l'église Jeanne d'Arc, demeure une pauvre vieille grand'maman qui nourrit sa fille et ses petites-filles de crottes de chiens cueillies à l'aube sur les avenues qui rayonnent de la place d'Italie. (1893)

Lire


La Ville de Paris va-t-elle enfin s'occuper de la cité Jeanne-d'Arc ?

Près de la place d'Italie, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, la cité Jeanne-d'Arc forme une sorte de boyau gluant, sombre, bordé de mornes bâtisses de cinq ou six étages aux murs zébrés de longues moisissures. Dès la tombée de la nuit, le coin n'est pas sûr... (1931)

Lire


La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables

La Cité Jeanne-d'Arc, cet îlot lépreux et insalubre qui, dans le 13e arrondissement, groupe autour de quelques ruelles ses immeubles sordides, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, a vécu aujourd'hui un véritable état de siège. (1935)

Lire


L'inauguration de la rue Jeanne-d'Arc (prolongée) dans le XIIIe arrondissement

La municipalité parisienne a inauguré, ce matin dans le 13e arrondissement, le prolongement de la rue Jeanne-d'Arc qui relie ainsi le quartier des Gobelins à celui de la Gare. (1936)

Lire


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte