L'avenir de la Bièvre - 1846

L’avenir de la Bièvre

La Bièvre à Bouviers (Seine et Oise) non loin de sa source
(illustration générée par intelligence artificielle d'après une carte postale ancienne)

La rivière de Bièvre va être règlementée ; le régime de ses eaux sera modifié et définitivement fixé depuis sa source jusqu'à son entrée dans Paris. Aux quelques renseignements que nous avons donnés, nous ajoutons ceux qui suivent, et qui complètent l'ensemble du projet que le préfet de la Seine a fait étudier, et qui sera mis à exécution.

La Bièvre prend sa source dans une ferme au-dessus de Versailles, et se jette dans la Seine à Paris. C'est un cours d'eau fort peu considérable et sans valeur, à en juger par le volume d'eau qu'il débite ; mais il est en réalité très important par le grand nombre d'établissements industriels qu'il alimente depuis la manufacture de Jouy jusqu'à celle des Gobelins. Les principaux moulins qu'il dessert sont le moulin des Prés, le moulin de Gentilly, le moulin de La Roche, le moulin d'Arcueil, qui a été établi par le prince de Guise, le moulin de Cachan, le moulin de Berny et d'Antony, qui a appartenu aux Bénédictins de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés.

Nous ne comptons pas ici un grand nombre de petites usines établies sur ce cours d'eau, et alimentées au moyen de barrages fort illégalement établis. Le désordre qui règne sur le cours d'eau de la Bièvre existe depuis très longtemps. À dire vrai, jamais il n'a reçu de règlement sérieux. Quelques mesures de police ont été mises en vigueur dans le siècle dernier, mais elles sont promptement tombées en désuétude.

La Bièvre amène en hiver moyennement 10,000 mètres cubes d'eau en vingt-quatre heures, en été elle débite à peine 2,000 mètres cubes. Cette pénurie nuit considérablement aux usines et est une cause d'insalubrité pour les communes que la rivière traverse.

L'amélioration dont la rivière de Bièvre va être l'objet sera surtout sensible dans le trajet que le cours d'eau poursuit depuis Gentilly jusque dans l'intérieur de Paris. Les prairies qui bordent cette rivière entre le moulin des Prés et le boulevard extérieur de Paris sont couvertes d'eau pendant la saison d'hiver et produisent une partie de la glace qui sert à l'approvisionnement de Paris.

Afin de faciliter l'inondation de ces prairies, les propriétaires pratiquent des saignées dans les berges de la rivière, et pendant l'été ces saignées mal fermées occasionnent des pertes d'eau fort préjudiciables aux usines d'aval. On remédiera à ces abus en forçant les propriétaires à établir des vannes mobiles fermées avec cadenas, dont la clef sera remise à des gardes-rivière, qui ne les ouvriront qu'en temps opportun.

Le cours d'eau traverse le boulevard extérieur de Paris entre la barrière Saint-Jacques et la barrière de Fontainebleau. Là il arrose des jardins potagers et alimente un grand nombre de tanneries avant d'arriver à la manufacture des Gobelins, puis il fournit de l'eau à un quartier populeux de la capitale.

Dans ce trajet la Bièvre est fort étroite ; pendant l'été la pénurie de l'eau occasionne des miasmes putrides qu'augmentent la stagnation la malpropreté et les résidus des fabriques. Il faudra donc faire disparaître cette cause d'insalubrité, et pour cela augmenter le volume des eaux.

Un des moyens indiqués au projet consiste à pratiquer un forage artésien près, le Pont-Neuf à Gentilly, dont le débit sera au moins le même que celui de Bicêtre, qui est bien au-dessus du niveau de la Bièvre et qui en est distant de 500 mètres.

Sur le parcours de la Bièvre on rendra à leur destination première plusieurs petits affluents que les riverains ont détournés à leur profit ; puis, pour compléter le volume des eaux, on mettra les grands étangs situés à Versailles en communication avec la Bièvre.

Les riverains de la Bièvre sont les premiers intéressés à l'accomplissement de ces travaux d'amélioration. Ils doivent faciliter par conséquent les mesures qui vont être prises dans leur intérêt. Chaque usine va être réglée, la part d'eau attribuée aux usiniers fixée selon l'importance de leurs produits, et le système d'irrigation parfaitement mis en rapport avec le régime des eaux.

Une ordonnance royale nommera un syndicat composé de riverains intéressés, pour la conservation des travaux et le maintien des dispositions prises dans l'intérêt de la Bièvre.

Journal des débats politiques et littéraires — 15 octobre 1846


Dans la presse

A propos de l'inauguration du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Tandis que Paris se trouve condamné à boire de l'eau contaminée, on a accueilli, avec bonheur, la nouvelle de l'inauguration du fameux puits artésien de la Butte aux Cailles.
La chose vaut qu'on s'y arrête, car il ne s'agit pas de moins de dix mille mètres cubes, ou de dix millions de litres d'eau pure qui vont être donnés, chaque jour, aux Parisiens. Par ces temps de fièvre typhoïde, d'eau de Seine filtrée, voire non filtrée, ce n'est pas là quantité négligeable. (1904)

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À travers le 13e

M. Perruche, commissaire

Les aventures d'un perroquet

— Balthazar s'est sauvé, disait un de ces jours, à M. Perruche, commissaire de police, Mme B..., fruitière, 1, rue Dolomieu. Je vous en prie, aidez-moi à le rechercher...

Un fait-divers de 1896

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Saviez-vous que ...

L'inauguration des nouveaux marchés aux chevaux, aux fourrages et aux chiens, boulevards Saint-Marcel et de l'Hôpital, eut lieu le 2 avril 1878.
Le nouveau marché avait une superficie de 17.000 mètres. À droite de l'entrée du boulevard de l'Hôpital se trouvait le parc pour plus de 150 voitures, à gauche, un emplacement pour les ventes aux enchères par commissaires-priseurs.
Les pistes mesuraient 160 mètres. Les trous-stalles pouvaient contenir plus de 4,000 chevaux.
Un bâtiment séparé des autres constructions était destiné aux animaux atteints de maladies contagieuses.
En face de l'entrée principale, boulevard Saint-Marcel, se trouvait la butte d'essai pour chevaux d'attelage ; à droite et à gauche les logements des employés de service.



Littérature

Coeur d'enfant

de Charles de Vitis (1899)

 

"À la hauteur de la place Pinel et de l’abattoir, entre le boulevard de la Gare et le boulevard de l’Hôpital, s'étend un vaste terrain qui est loué par bail à divers locataires. Le type même de la saleté et de la misère imprévoyante se trouve dans le rassemblement de masures, coupé de ruelles en zigzag et qu’un hasard ironique fait appeler cité Doré. Les cours des miracles devaient être ainsi."

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Feuilleton
Episode 64

 

« Le feuilleton est à présent terminé. Une nouvelle publication quotidienne de celui-ci commencera bientôt. »

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La rue de Tolbiac entre la rue de Patay et la rue Albert

La photo est prise depuis le débouché de la rue Cantagrel prolongée qui n'était pas encore devenue la rue honorant la mémoire de Jean Colly (1858-1929), ancien conseiller municipal du quartier de la Gare.
La rue de Tolbiac dans son voisinage de la rue de Patay apparaissait comme un secteur privilégié par rapport aux autres quartiers du 13e. Cette portion de rue très commerçante était isolée au milieu des îlots de misère qui l'environnaient.

Et enfin...

La nouvelle place d’Italie

Les travaux de la nouvelle place d’Italie sont à peu près terminés.
Cette place est à présent un des plus grandes et une des plus belles de Paris.
Un immense bassin, d’une profondeur de 60 centimètres environ et entouré d’une élégante bordure en pierre blanche, en occupe le centre... (1878)

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et aussi ...


Saviez-vous aussi que ...

Lorsque l’on décida irrévocablement, en 1874, de la création d’une gare de marchandises sur le chemin de fer de ceinture entre les gares de Gentilly et de Maison-Blanche, en bordure de la rue du Pot-au-Lait, le destin de la ruelle Barrault changea. Déjà, pour la commune de Gentilly dont elle dépendait avant 1860, elle ne comptait pas et n’avait pas de nom. C’est par la ville de Paris et par un décret en date du 23 mai 1863 que le chemin qui dominait le ravin de la Bièvre devint ruelle et reçut le nom d’un propriétaire riverain.
Avec la création de la gare, la ruelle fut appelée à devenir un axe essentiel du nouveau quartier Maison-Blanche. Les travaux commencèrent par des redressements et des nivellements.
Avant l’exécution des travaux, la ruelle Barrault n’avait, à son entrée du côté du boulevard d'Italie, qu’une largeur de 3m85 ; elle présentait une pente rapide, coupé par plusieurs escaliers, et était impraticable aux voitures. Après ceux-ci, elle avait 12 mètres de largeur (15 mètres au devant de la nouvelle gare) et était devenue accessible aux voitures sur toute l’étendue de son parcours.
1876 vit son prolongement jusqu’à la future place de Rungis acté par décret en date du 21 mars 1876. Et ce fut par arrêté préfectoral du 1er février 1877 que l'ensemble prit sa dénomination actuelle.


Une enquête
du Commissaire Perruche

Le drame de la rue Barrault


Le 13e dans la presse...

 


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Derniers faits divers

Le 13e dans les romans...

Le feuilleton
Episode 64

 

« Le feuilleton est à présent terminé. Une nouvelle publication quotidienne de celui-ci commencera bientôt. »

 

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Saviez-vous que ?...

Lorsque l’on décida irrévocablement, en 1874, de la création d’une gare de marchandises sur le chemin de fer de ceinture entre les gares de Gentilly et de Maison-Blanche, en bordure de la rue du Pot-au-Lait, le destin de la ruelle Barrault changea. Déjà, pour la commune de Gentilly dont elle dépendait avant 1860, elle ne comptait pas et n’avait pas de nom. C’est par la ville de Paris et par un décret en date du 23 mai 1863 que le chemin qui dominait le ravin de la Bièvre devint ruelle et reçut le nom d’un propriétaire riverain.
Avec la création de la gare, la ruelle fut appelée à devenir un axe essentiel du nouveau quartier Maison-Blanche. Les travaux commencèrent par des redressements et des nivellements.
Avant l’exécution des travaux, la ruelle Barrault n’avait, à son entrée du côté du boulevard d'Italie, qu’une largeur de 3m85 ; elle présentait une pente rapide, coupé par plusieurs escaliers, et était impraticable aux voitures. Après ceux-ci, elle avait 12 mètres de largeur (15 mètres au devant de la nouvelle gare) et était devenue accessible aux voitures sur toute l’étendue de son parcours.
1876 vit son prolongement jusqu’à la future place de Rungis acté par décret en date du 21 mars 1876. Et ce fut par arrêté préfectoral du 1er février 1877 que l'ensemble prit sa dénomination actuelle.


Le XIIIème devait initialement porter le numéro 20 lors de l'extension de Paris en 1860. Les protestations des habitants d'Auteuil et de Passy qui, eux, se voyaient attribuer les n°13 associé aux « mariages à la mairie du 13e » autant qu'aux superstitions, eurent raison du projet de numérotation et un nouveau projet aboutit à la nomenclature actuelle.


En 1896, les 4 membres du conseil municipal de Paris représentant le 13ème arrondissement étaient :
Quartier de la Salpêtrière : Paul BERNARD, avocat à la Cour d'appel, rue Lebrun, 3.
Quartier de la Gare : NAVARRE, docteur en médecine, avenue des Gobelins, 30.
Quartier de la Maison-Blanche. : Henri ROUSSELLE, commissionnaire en vins, rue Humboldt, 23.
Quartier Croulebarbe : Alfred MOREAU, corroyeur, boulevard Arago, 38.


La voie romaine allant de Lutèce à Lugdunum légua son tracé à l'avenue de Choisy. En juin 1906, à l'angle de la rue de la Vistule, on mit à jour cette voie romaine sur une longueur de 14 mètres et une largeur de 8 mètres et l'on vit son pavage formé par deux rangées de moellons bruts superposés avec des joints contrariés.


En février 1885, un cantonnier nommé J... regagnait son domicile rue Damesme, numéro 2. Malheureusement il avait fait de si fréquentes stations chez les marchands de vins que le chemin lui semblait horriblement long, Aussi pour l'abréger, à un moment donné, ne trouva-t-il rien de mieux que d'essayer de franchir la Bièvre à pieds joints. La rivière n'est certes pas bien large, mais les jambes de l'ivrogne n'avaient pas un ressort suffisant et le malheureux tomba dans l'eau bourbeuse.
Quelques passants se portèrent à son secours, mais malgré d'activés recherches, on ne put le retirer qu'après, un quart d'heure, et tous les soins furent impuissants à le rappeler à la vie.


Ferdinand Buisson (1841-1932) fut un des fondateurs de la « Ligue des droits de l'Homme » dont il sera le président, après la mort de F. de Pressensé.
Il fut aussi député du 13e arrondissement.
Ainsi, aux élections générales législatives des 27 avril et 11 mai 1902, il se présenta comme candidat radical-socialiste dans la 2e circonscription du 13e arrondissement de Paris, et fut élu au deuxième tour de scrutin, par 8.468 voix contre 7.747 à M. Paulin-Méry, député sortant, nationaliste.
Il retrouva son siège aux élections générales des 6 et 20 mai 1906, au deuxième tour de scrutin, par 8.887 voix contre 7.764 à son ancien adversaire Paulin-Méry.
À celles des 24 avril et 8 mai 1910, il l'emporta encore sur Paulin-Méry, au deuxième tour, par 8.204 voix contre 7.378.
Mais il subit un échec à celles des 26 avril et 10 mai 1914, où il arriva au premier tour en seconde position après le docteur Auguste Navarre, en faveur duquel il s’est désisté et qui, ainsi, lui succéda.

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La rue de Tolbiac entre la rue de Patay et la rue Albert


La photo est prise depuis le débouché de la rue Cantagrel prolongée qui n'était pas encore devenue la rue honorant la mémoire de Jean Colly (1858-1929), ancien conseiller municipal du quartier de la Gare.
La rue de Tolbiac dans son voisinage de la rue de Patay apparaissait comme un secteur privilégié par rapport aux autres quartiers du 13e. Cette portion de rue très commerçante était isolée au milieu des îlots de misère qui l'environnaient.