La bande des Gobelins (1887)

La bande des Gobelins

La Justice — 10 janvier 1887

Depuis quelque temps, une association de malfaiteurs jetait la terreur dans le quartier des Gobelins.

À plusieurs reprises, des plaintes avalent été déposées chez M. Perruche, commissaire de police, par des victimes d'attaques nocturnes.

Avant-hier soir, la même bande se signalait par de nouveaux exploits.

Entre onze heures et minuit, M. P..., qui cheminait paisiblement sur le boulevard du Port-Royal, fut tout à coup assailli par quatre malandrins qui le jetèrent sur !e trottoir, le bâillonnèrent avec un foulard pour l'empêcher de crier, et, après l'avoir roué de coups, lui volèrent sa montre en or et son porte-monnaie contenant une somme assez importante.

Le boulevard Saint-Marcel à l'angle de la rue du Jura

Ce premier vol accompli, les malfaiteurs se sauvèrent par la rue du Jura, où ils rencontrèrent un ouvrier mégissier, nomme S... . Ils se jetèrent également sur lui, et pendant que deux de ces hardis malfaiteurs le tenaient par las bras et lui comprimaient violemment la bouche avec les mains, les deux autres lui enlevaient son porte-monnaie contenant 60 francs, plus deux litres de rhum, que le malheureux ouvrier rapportait chez lui-

La rue du Jura vue du boulevard Saint-Marcel

Les quatre agresseurs ne s'en tinrent pas là. Remontant le boulevard de l’Hôpital, ils s’en prirent à M. B…, commerçant du quartier, qui rentrait à son domicile ses affaires terminées, la terrassèrent et le dépouillèrent.

Un peu plus sur le même boulevard, les mêmes malfaiteurs se jetaient sur un ouvrier resté inconnu et lui volaient sa montre en argent et sa bourse en cuir contenant une somme relativement assez forte.

Enfin, toujours en descendant le boulevard de l'Hôpital, les bandits voulurent faire à trois personnes qui se promenaient de compagnie, le même parti qu'à leurs précédentes victimes. Mais mal leur en prit : c'était une ronde d'agents en bourgeois.

Les gardiens de la paix entamèrent une lutte acharnée, et l'un d'eux tira un coup de revolver en l'air pour appeler des collègues à leurs secours. Des gardiens de la paix en uniforme accoururent aussitôt sur le théâtre de la lutte et prêtèrent main forte aux agents pour procéder à l'arrestation de leurs adversaires.

Les malfaiteurs furent conduits chez M, Perruche, commissaire de police, qui procéda à leur interrogatoire.

Ils ont déclaré se nommer R…, 33 ans ; T..., 19 ans ; F..., 20 ans ; V..., 17 ans et demi, tous quatre sans domicile et sans moyens d'existence avouables.

Ils ont été immédiatement dirigés sur le Dépôt.

 

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