entete


UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Edmond Gondinet (7 mars 1828, Laurière – 19 novembre 1888, Neuilly-sur-Seine) dont une rue du 13ème arrondissement porte le nom était un auteur de théâtre qui fit jouer sur les scènes parisiennes une quarantaine de pièces.
On lui doit notamment "Le Plus Heureux des trois" en collaboration avec Eugène Labiche.


Henri Rousselle était conseiller municipal en 1915. Plus tard, il fut président du conseil général


C’est le 12 juillet 1926 à 11h45, devant le 2 boulevard de la Gare, aujourd’hui boulevard Vincent Auriol, que fut inaugurée la première fontaine pour chiens et chevaux de la capitale.

menu-nouveautés sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Un pseudo-traître - 1897

Un pseudo-traître.

Le Journal — 24 novembre 1897

Hier, vers quatre heures, un employé de banque, M. Henri Larnaux, âgé de quarante ans, habitant boulevard de Port-Royal, se présentait au commissariat de police du quartier Croulebarbe et demandait à voir le commissaire en personne.

Mis en présence de M. Yendt, le pauvre employé déclara quo Dreyfus était Innocent et que c'était lui-même qui avait dérobé et vendu les documents à l'Allemagne. Puis, il prononça quantité d'autres paroles incohérentes.

Le malheureux fou a été envoyé l'infirmerie spéciale du Dépôt.


 Suicide

Suicide

Le Gaulois ― 8 septembre 1878

La nommée Louise G..., blanchisseuse, âgée de 25 ans, a tenté hier de se suicider en se jetant  dans la Bièvre, à  l’angle de la rue des Gobelins. Retirée aussitôt par le nommé Jean Joseph, tanneur, elle a été portée au poste des Gobelins, où elle a reçu les premiers soins, et de là en voiture à l’hôpital de la Pitié.


 La Fondation Singer-Polignac - 1911

Un Problème social

La Fondation Singer-Polignac

Le Figaro — 16 juin 1911

La fondation Singer-Polignac est une maison ouvrière qui sera inaugurée ce matin, en tout petit comité, sous la présidence du comte d'Haussonville. La maison a été construite en un an. Il ya trois mois, une bande de calicot tendue sur la façade annonçait que soixante-quatre logements étaient à louer dans cet immeuble. Deux cent quatre-vingt-dix-sept postulants se présentèrent.

Il y a donc actuellement, au quartier de la Maison-Blanche, deux cent trente-trois ménages en quête d'un logis neuf, et tout prêts à devenir les clients du propriétaire avisé qui viendra construire d'autres maisons ouvrières, autour et sur le modèle de celle-ci.

Le 72 rue de la Colonie vu de la cour intérieure. Au loin,vers la Butte aux Cailles, l'Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche

J'appelle ce propriétaire futur une personne avisée; je ne l'appelle pas une personne bienfaisante, ou généreuse. Car il ne saurait être, en cette affaire, question de philanthropie. Et c'est là l'originalité de la fondation nouvelle, et ce qui doit la recommander tout particulièrement à notre attention.

La clientèle ouvrière, malgré le bas prix du loyer, jouira d'un confort et de commodités inconnus dans la plupart des quartiers de l'intérieur

En faisant construire sur un des terrains vagues de la rue de la Colonie un immeuble confortable, aménagé suivant les plus récentes règles de l'hygiène, et du plus élégant aspect; en y installant de modestes ménages dont plusieurs sont chargés d'enfants en fixant à quatre cent dix francs le loyer le plus élevé de ces logements dont plusieurs sont loués deux cent vingt francs (le prix le plus bas) et composent cependant de petits logis propres, très aérés, commodes et complets, la princesse Edmond de Polignac n'a pas le moins du monde — elle le dit, et elle y insiste — entendu faire œuvre de charité. Elle a voulu au contraire — et combien cela est plus intéressant ! — prouver que de telles entreprises sont des « placements » possibles, et qu'un capital peut, actuellement, trouver une rémunération honorable dans la construction de maisons où cependant la clientèle ouvrière, malgré le bas prix du loyer, jouira d'un confort et de commodités inconnus dans la plupart des quartiers de l'intérieur.

À l'acquisition du terrain que couvre la propriété tout entière, et aux frais de constructions, la princesse de Polignac a consacré un capital de 600,000 francs. Le produit des loyers, diminué des charges et des frais d'entretien, sera de 18,000 francs. C'est un placement à trois pour cent, et qui ne comporte aucun aléa. L'empressement que manifesta la population du quartier, dès que s'offrirent à elle ces jolis logements neufs, marque à quel besoin une telle initiative  répond, et de combien l'offre est ici dépassée par la demande. Il y a, à Paris, toute une population de travailleurs honnêtes, et solvables, qui ne rêvent que de fuir les taudis où ils s'entassent, et de se reposer, la journée finie dans un peu d'air respirable et de confort. Les capitalistes qui aideront à cette œuvre de libération physiologique et morale auront fait une bonne action qui ne sera pas une mauvaise affaire ; — qui ne sera pas une aumône, en tout cas.

Et il me semble qu'ils ne sauraient choisir un modèle à la fois plus agréable et plus intéressant que celui-ci. La maison de la rue de la Colonie est le type de l'habitation ouvrière à propager, Elle a été édifiée par un jeune architecte de grand talent, M. Georges Vaudoyer, qui s'est spécialisé en ce genre de constructions, et y apporte, outre sa compétence technique, une sorte d'ardeur d apôtre. M. Vaudoyer a le sentiment qu'il coopère ici à une œuvre dont les conséquences morales peuvent être grandes. Il sait par quels menus arrangements, par quelles commodités de détails par quels agréments de décor, un ménage d'ouvriers peut être retenu chez lui, et sa préoccupation n'est pas seulement de loger les gens, mais de les intéresser, de les attacher à leur logement. Déjà, dans une des plus tristes ruelles de la Montagne-Sainte-Geneviève, rue Laplace, M. Vaudoyer s'était efforcé, tout récemment, de créer la maison ouvrière qu’il rêvait, pour le compte d'une œuvre qu'on appelle le Foyer. Nous avons retrouvé, rue de la Colonie, cette maison-là; mais agrandie, enveloppée de lumière et de verdure, en face du vaste horizon suburbain que limite, au sud, la ligne massive des constructions de Bicêtre.

Un porche trapu, d'un joli dessin; sépare les deux corps de bâtiment qui composent l'immeuble neuf, et donne accès à la vaste cour intérieure égayée de platebandes de gazon. Cette cour s'ouvre sur un décor de campagne. Elle a pour prolongement le terrain découvert où des palissades légères dessinent les clôtures de quarante jardinets.

Des jardinets pour les ménages loués de 20 à 40 francs

Ces jardinets sont loués à des prix divers, — de quarante à vingt francs — aux ménages qui occupent l'immeuble, et tel est l’amour ressenti par le peuple de Paris pour « la campagne » et tout ce qui en évoque les joies, que la plupart des locataires de ces jardinets — quoique la maison de la rue de la Colonie ne doive être occupée par eux que dans quinze jours — ont sollicité, depuis plusieurs semaines, la faveur d'occuper leur jardin, et de le cultiver. Au milieu du terrain se dresse une borne-fontaine où les locataires viennent remplir leurs arrosoirs et déjà sortent de terre, sous l'œil ravi des locataires de la princesse de Polignac, des légumes, des fleurs, de timides pieds de salade. Deux de ces locataires ont déjà construit sur l'emplacement de leur jardinet la maisonnette — joujou où l'on viendra dîner, les soirs d'été.

Les ménages qui vont occuper les soixante-quatre logements de la maison qu'on inaugure aujourd'hui se décomposent ainsi :
Ouvriers employés dans le commerce, livreurs, garçons de magasin et de bureau, etc. : 17 ; ouvriers du bâtiment, maçons, serruriers, menuisiers, etc. : 13 ; gardiens de la paix : 7; employés à l'octroi : 5 ; employés au Métropolitain : 4 ; ouvriers industriels, mécaniciens, etc. : 8 ; employés d'administration : 4 ; infirmières, cantinières, ménagères, etc. : 6.

Le recrutement de ces locataires a été fait avec soin. Ils composent une sorte d'élite. Parmi les 297 postulants inscrits, on a choisi les plus intéressants; c'est-à-dire les vieux ménages et les familles chargées de jeunes enfants. Quatre escaliers mènent aux logements dont les plus vastes (410 francs), sont composés d'une entrée, d'une salle à manger-cuisine et de trois chambres. Sur chaque palier est un poste d’eau. Chaque cuisine est approvisionnée d’eau dont un compteur (il faut éviter le gaspillage !) mesure la consommation. Aux murailles, de jolis papiers de tenture un petit balcon, à chaque logement. Toutes les pièces proprement dites, sans exception, s'ouvrent sur la rue ou sur la campagne. Comme dans la maison de la rue Laplace, 1 évacuation des ordures ménagères est assurée, à chaque étage, par une canalisation spéciale c'est une commodité qu'envieraient les cuisinières de nos plus riches maisons. La corvée de la « poubelle » est ignorée des locataires de Mme de Polignac.

Deux sous, la douche

Ce n'est pas tout. Une boulangerie et une épicerie, installées de chaque côté de l'immeubles, sur la rue, fourniront aux ménages l'essentiel de la consommation .domestique, et notamment le pain frais, qu'on aura sous la main. Dans la maison, une buanderie est aménagée, où les ménagères pourront faire leur lessive. On ne leur demande que de fournir le combustible; le matériel est mis gratuitement à leur disposition. Chaque locataire a sa cave. Un garage spacieux assure la sécurité des bicyclettes. Des bains sont installés dans la maison même. Pour cinq sous, rue de la Colonie, on pourra prendre un bain ; pour deux sous, une douche.

Et j'allais oublier de dire que cette admirable habitation est, en outre, fort agréable à regarder. Ce n'est point du tout la « caserne » » ouvrière. Le joli dessin des terrasses et des fenêtres, la pittoresque saillie des petits balcons dispersés sur les façades, et la discrète polychromie de ces façades où le gris-beige, le rose et le vert composent sur la brique les plus gracieux assemblages de tons, parent très heureusement la physionomie de cet immeuble.

La princesse de Polignac donne là un exemple qui devra être suivi. Encore une fois, elle ne convie point le Capital à se montrer généreux. Elle ne lui demande que d'être intelligent. Et une telle œuvre enseigne bien l'avantage qu'il aurait à l'être !

Émile Berr.

A lire également

Pour les Petits Ménages, Maisons et jardins - Le Gaulois du 16 juin 1911

Inauguration d'habitations à bon marché dans le XIIIè arrondissement (1933)

sans titre 1

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Un rôti de chien enragé - 1873

On sait peut-être que la cité Doré, près de l’ancienne barrière des Deux-Moulins, est un quartier composé de cahutes singulières, habitées par des chiffonniers. Quartier modèle s'il en fut... Sa population tient à ce que tout s'y passe pour le mieux, à ce que rien ne vienne entacher la réputation d'esprit pacifique...

Lire

Une femme aux fers - 1873

Avant-hier, vers sept heures au matin, un gardien de la paix de service rue Lahire (13e arrondissement), entendit des cris d'angoisse et la voix d'une jeune femme l'appelant de la fenêtre du premier étage d'une maison située dans l'impasse de la Cerisaie.

Lire

Amours séniles - 1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

Lire

La Jalousie d'un Vieillard - 1904

Le drame qui s'est déroulé hier matin dans le quartier des Gobelins doit être classé dans la catégorie des crimes passionnels. Et pourtant le héros de cette aventure sanglante, Paul Perrotel, compte près de soixante printemps.

Lire

Menu article

Lu dans la presse...

Les on-dit

Mais je vous jure que je n'ai jamais mis les pieds aux Gobelins, Comme tout vrai Parisien, je connais mal Paris. Je serais aussi dépaysé aux Gobelins que dans l'Arkansas. (1904)

Lire


Élection de la reine de l'Association artistique du treizième arrondissement

Cinq cents personnes environ assistaient, hier soir, à l'Eden des Gobelins, à l'élection de la reine de l'Association Artistique du treizième arrondissement. (1911)

Lire


Une visite à la Manufacture des Gobelins

Nous avons visité les Gobelins à onze heures. C'est le moment le plus propice pour recueillir une impression personnelle. À cette heure matinale, en effet, la foule des touristes n'a pas accès dans la manufacture ; le travail bat son plein dans la cité, et le chantier et l'atelier présentent leur physionomie réelle que n'a pas encore altérée la fatigue d'une demi-journée de labeur. (1900)

Lire


Le 14 juillet des miséreux

Nous nous sommes rendu à l'asile Nicolas-Flamel, 71, rue du Château-des-Rentiers, un asile modèle, d'une extraordinaire propreté, disons le mot d'une belle coquetterie. (1896)

Lire


Hôtel particulier rue du Château-des-Rentiers

Le Refuge Nicolas-Flamel, asile de nuit, est installé rue du Château-des-Rentiers. Délicate attention du hasard. Tout auprès, rue de Tolbiac, il est une gare, munie de ce fronton : Entrée — CEINTURE — Sortie. On s'étonne qu'il n'y ait point, ajoutés par un pauvre, cinq lettres de réponse : «Merci ! » (1922)

Lire


La chapelle Bréa

Là-bas, tout au bout de l'avenue d'Italie, près de la barrière de Fontainebleau, s'élevait une toute petite chapelle, mystérieusement fermée, et dans laquelle, depuis 1893, personne n'avait prié. Les habitants disaient en passant : c\'est la « chapelle Bréa », beaucoup sans comprendre le sens de cette dénomination. (1901)

Lire


Une tournée apostolique à la Maison-Blanche

L'abbé Garnier a fait cette semaine une tournée apostolique à la Maison Blanche C'est un bon coin de Paris, plein d'honnêtes travailleurs, mais, hélas ! aussi, un pauvre nid à misère. (1891)

Lire


L'aménagement du XIIIè arrondissement

Les grands percements ne font point défaut au XIIIe arrondissement; on peut même dire que l'importance des voies dont il est sillonné est hors de proportion avec les ressources et les mœurs de la population qui l'habite. L'administration municipale n'a donc que peu de chose à faire pour compléter son œuvre au point de vue de la viabilité. (1869)

Lire


Au treizième arrondissement

Rue du Moulin-des-Prés, treizième arrondissement, quartier de la Maison-Blanche, il a été ouvert, il y a un certain temps, une immense décharge, en vue de remblayer la vallée de la Bièvre. Dans cette décharge ont été apportées toutes sortes d'immondices. On y a même apporté des terres provenant de cimetières... (1890)

Lire


A propos de l'inauguration du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Tandis que Paris se trouve condamné à boire de l'eau contaminée, on a accueilli, avec bonheur, la nouvelle de l'inauguration du fameux puits artésien de la Butte aux Cailles.
La chose vaut qu'on s'y arrête, car il ne s'agit pas de moins de dix mille mètres cubes, ou de dix millions de litres d'eau pure qui vont être donnés, chaque jour, aux Parisiens. Par ces temps de fièvre typhoïde, d'eau de Seine filtrée, voire non filtrée, ce n'est pas là quantité négligeable. (1904)

Lire


Les grands travaux de l’édilité parisienne

Dans le XIIIe arrondissement, quartier de la Butte-aux-Cailles, c'est toujours de la grande voie de transit que l'on s'occupe. (1877)

Lire


L'épidémie de la Maison-Blanche.

Malgré les défenses qui leur sont faites et avec l'insouciance de leur âge, les enfants du quartier s'introduisent actuellement dans la décharge et ils s'y amusent avec les fémurs et les tibias qu'ils découvrent à chaque pas. (1890)

Lire


La Peste

La Bièvre est un ruisseau tout noir
Qui sent comme un goût d'urinoir…

chantait ce pauvre Rivoire, qui chantait si lugubrement la triste épopée d'un grelotteux de la Glacière. (1890)

Lire


L’épidémie de la Bièvre

Nous sommes retournés hier soir aux abords du charnier de la Bièvre.
Voici les nouveaux renseignements que nous y avons recueillis. (1890)

Lire


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte