L'image du jour

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.
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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

2 aout
Par pigeon voyageur
J'arrive dans la campagne, enfin ! Je laisse derrière moi la Ville Lumière, ses faubourgs miséreux et ses gabelous. Parfums vivifiants des prés, des champs, des bois, gonflez mes poumons atrophiés de citadin ; vastes verdures, buissons, feuillages frissonnants, bœufs, charrues, chaumières, charmez mes regards éblouis !
Hum ! le paysage que j'ai sous les yeux seconde assez mal la résolution que j'avais de le proclamer admirable. Quant aux parfums champêtres, ils me, rappellent plutôt les odeurs de la rue Croulebarbe.
Eh ! parbleu ! voilà, là, tout près, la rivière de Bièvre ! Elle ne sort pas de Paris ; elle y entre par une porte ouverte exprès dans l'enceinte fortifiée. Et afin qu'elle n'introduise pas en fraude des denrées soumises aux droits d'octroi, ou a mis un barrage grillagé. Système diviseur : les liquides passent, les matières solides restent.
Je savais bien la retrouver par-là, car c'est elle que j'ai choisie pour guide. Assez de voyageurs descendent ou remontent le Rhin, la Volga, le Nil, le Gange, le Niger, le perfide Amour : moi, c'est le cours de la Bièvre que j'explore. Je vous dirai les villes qu'elle arrose, les nations qui s'y baignent, les montagnes qu'elle contourne, les vallées qu'elle fertilise.
Ici, aux portes de l'antique capitale des Gaules, ses ondes, qui, rue des Marmousets, m'étaient apparues crémeuses, ont pris la couleur du chocolat. Elle coule tranquille entre des berges où volètent des morceaux de papier et que parsèment des tessons de vaisselle. Quand vous irez par là, vous ferez sagement de regarder où vous mettez vos pieds.
Ah ! une cascade. Quelques débris de porcelaines et de bouteilles s’étant trouvés réunis dans le lit moelleux de la rivière, forment un rocher, et elle clapote, elle murmure folâtrement en franchissant cet obstacle.
Mais bientôt je la perds de vue ; elle entre dans un enclos. Où va-t-elle ? Où la retrouverai-je ?
Le chemin que je suis est à peine tracé. Il longe une palissade noire qui clôture une enviable propriété, plaine de pelouses d'un vert intense et ombragée de beaux grands arbres. La palissade est continuée par un vieux mur derrière lequel se cache sans doute une riche habitation ancienne... Serait-ce ceci, l'habitation ? Elle est ancienne évidemment, car ce n'ait plus qu'une masure croulante.
Je soupçonne la rivière sale, jadis ruisseau limpide de traverser ce domaine. Ses émanations en ont chassé les habitants et c'est pour cela que les grands arbres sont si beaux.
De l'autre côté du chemin, le terrain inculte s'élève en talus crayeux. Un rétameur s'est construit là une hutte, autour de laquelle ses ustensiles sont étalés. II est paresseusement assis à l'ombre, sa femme étend du linge, Une grappe d'enfants se roule et piaille. Famille de sages.
Un écriteau m'apprend que la ruelle que je quitte s'appelle chemin du Bel Air.
Un deuxième écriteau m'annonce que j'arrive sur le territoire de la commune de Kremlin-Bicêtre, qui a là un bureau d'octroi.
Un troisième écriteau, m'avertit que tout auprès est le bureau d'octroi de la Commune de Gentilly.
Pays charmant ! Tournez à droite ou tournez à gauche, vous vous cognez contre un monsieur qui vous perquisitionne du regard, qui vous fouille si vous portez un paquet, qui vous réclame de l'argent si le paquet contient de quoi manger ou boire.
Que vous disais-je ? Que c’était la Bièvre qui faisait la luxuriante verdure de la propriété abandonnée ? Tenez, la voilà qui en sort. Elle passe sous la route et s'en vient devant des corroieries, aux grands baquets baveux d'eau de chaux.
Ces manufactures n'enlaidissent pas le paysage, qui est affreux comme presque partout à l'alentour de Paris.
La zone de servitude de l'enceinte fortifiée, où il n'est permis d'ériger aucune construction un peu propre, empêche les communes de s'approcher mais elle devient un réceptacle de rebuts et d'ordures, qui se fait envahissant. Hors de la zone, une agglomération se forme de choses sales, vilaines, disparates : auprès d'un débitant traiteur, un terrain vague où une tribu de chiffonniers s'est installée ; en face, un hôtel meublé avec des loques pendues aux fenêtres ; çà et là, des cultures pelées, des tas de fumier ; par places, quelque maison de campagne luisant neuve et d'architecture ridicule ; là-bas, une décharge publique où l’on apporte des charretées de gadoue.
Mais gagnez la rue principale de Gentilly, appelée joliment la rue Frileuse. L'impression tout aussitôt change. Vous êtes dans une vieille ville industrielle, à cinquante lieues de la capitale : maisons serrées l’une contre l’autre, passants rares, boutiques endormies.
L'industrie dominante est la tannerie, la corroierie, le dégraissage de la laine. Les cours des maisons du côté gauche ont des corps de bâtiment donnant directement sur la Bièvre. Quelques-uns de ces bâtiments sont d'antiques demeures déchues. Dans les rues transversales on aperçoit la rivière glissant, épaisse, sirupeuse, entre deux rangées de hangars.
La petite église, très vieille, très rapiécée et pittoresque à cause de cela, est, d'un côté, en contre bas de la rue, et, de l'autre, elle baigne dans le ruisseau infect.
Elle date du treizième siècle, dit-on. Entrons-y. L’intérieur, est plutôt misérable, mais il serait intéressant pour un archéologue, J'y remarque plusieurs plaques commémoratives en marbre blanc.
Une nous apprend que : « En 766, le roi Pépin, vint encore célébrer la fête de Pâques à Gentilly, et y fit tenir un concile national au sujet du respect dû aux saintes images ».
Une autre dit que : « Ont prié dans l'église de Gentilly vers 1530, saint Ignace de Loyola et saint François-Xavier étant élèves de l'Université de Paris ». Y a prié aussi « vers 1625, saint Vincent de Paul étant principal du collège des bons-Enfants ».
Une troisième plaque nous informe qu'en 1536, l'église fût consacrée par René de Belley, évêque du Mans.
Tout cela porte témoignage que cette petite cité a au moins douze siècles d'existence. Au temps de Pépin le Bref elle était déjà d'importance assez grande, puisqu'on y tenait des congrès... des conciles, veux-je dire, pour régler des points de doctrine et de tactique sociale.
Le peuple d'alors n'était pas, semble-t-il, suffisamment respectueux des images et des programmes orthodoxe ».
Le 13e en littérature
La ruelle des Reculettes
par
Paul Mahalin
Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...
(1879)
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Le quartier Croulebarbe
par
Henri-Jacques Proumen
Il pouvait avoir cinq ans, ce petit Riquet de la rue Croulebarbe. On lui en eût donné quatre tout au plus, tant il était fluet Son pauvre petit corps se dandinait sur deux longues pattes de faucheux qui prenaient assise dans deux godasses démesurées...
(1932)
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L'octroi de la porte d'Italie
par
Eveling Rambaud et E. Piron
Grâce à l'or du faux baron de Roncières, Paul apporta l'abondance dans la maison de la rue du Moulinet.
On y fit une noce qui dura huit jours.
Perrine avait déserté son atelier de blanchisseuse. Elle tenait tête aux deux hommes, le verre en main.
(1894)
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De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins
par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.
(1912)
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La Butte-aux-Cailles
par
Charles de Vitis
— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.
(1899)
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L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859
par
Adolphe Favre
Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...
(1859)
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La rue du Banquier
par
Paul Féval
Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.
(1856)
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Saviez-vous que... ?
En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.
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A son inauguration, le pont de Tolbiac présentait une longueur totale de 295 mètres.
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En 1897, il y avait un magasin de porcelaine au 196 de l'avenue de Choisy dans laquelle le cheval du fiacre n°7119 entra le 26 mars…
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Dans le projet initial élaboré en 1860-1861, le chemin de fer de ceinture rive gauche devait franchir la vallée de la Bièvre grâce à un viaduc de 800 mètres de longueur reposant sur des arches de 10 mètres d'ouverture et d'une hauteur maximale de 15 mètres.
L'image du jour

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.