Dans la presse...

 paris-treizieme.fr — L’avenir du marché aux chevaux (1866)

L’avenir du marché aux chevaux

Le Siècle — 21 avril 1866

L’Administration municipale s'occupe très activement, depuis quelques mois, des grands travaux de viabilité projetés pour la rive gauche. Des démolitions ont été faites pour préparer l'ouverture de la rue Monge ; plusieurs immeubles, abattus récemment en bordure de la rue Mouffetard, annoncent qu'on se propose d'élargir sous peu cette voie populeuse, et le jury d'expropriation vient d'être appelé à se prononcer sur l'indemnité à accorder aux propriétaires de maisons à abattre pour livrer passage aux divers tracés voisins de la rue des Écoles.

Des démolitions qui viennent aussi d'avoir lieu sur la place de la Collégiale nous indiquent qu'il est également question d'ouvrir le boulevard Saint-Marcel, qui, avec celui de Port-Royal, constituera la limite septentrionale du 13e arrondissement.

Le tracé de ce boulevard Saint-Marcel, qui doit faire jonction avec celui de l'Hôpital près de l'angle de la rue Poliveau, coupera en diagonale le marché aux chevaux, qu'il faudra par conséquent transférer ailleurs.

Rosa Bonheur, le marché aux chevaux (1852)
On remarquera à gauche le dôme de la chapelle de la Salpétrière qui constitue un point de repère

Si nos informations à ce sujet sont exactes, le nouveau marché devra être installé dans le triangle circonscrit par le boulevard de l'Hôpital, la partie extrême du boulevard St-Marcel et la rue du Marché aux-Chevaux. Il est vrai que certaines personnes, se prétendant aussi très bien informées, assurent qu'il serait question de le transférer près du boulevard St Jacques, dans l’ancien champ de l'Alouette, que sillonnent les deux bras de la Bièvre ; des offres très avantageuses auraient été faites à la ville pour la déterminer à ce déplacement. Mais nous ne pouvons ajouter foi à une telle supposition, et nous sommes persuadé que l'administration municipale a trop le respect des intérêts existants pour transporter au milieu d'un quartier désert un marché qui fait vivre depuis si longtemps une multitude d'établissements du boulevard de l’Hôpital.

Ce déplacement du marché aux chevaux sera le troisième qu’il aura subi depuis sa création. Lors de sa fondation qui remonte à Henri III, on lui assigna comme emplacement la grande cour de l’ancien palais des Tournelles ; avant ce temps, la vente des chevaux se faisait au marché aux bestiaux, en dehors de la porte Saint-Honoré; mais, lors de la construction de la place Royale, on le renvoya extra muros, sur un terrain contigu à la butte Saint-Roch.

En 1689, François Baraujon, apothicaire et valet de chambre de Louis XIII, ayant demandé l'autorisation de faire établir un second marché aux chevaux au faubourg Saint Victor, près de la Croix de-Clamart, obtint cette autorisation et fonda en 1842 le marché actuel, lequel fut loin d'avoir alors l'espace et les proportions de celui d'aujourd'hui ; il se composait seulement d'une allée principale et de deux contre allées; d'importants travaux d'amélioration y ont été faits, surtout en 1817, en 1824 et en 1830.

Implantation du marché aux chevaux - Détail du plan Andriveau-Goujon vers 1860
En jaune, le trac du futur boulevard Saint-Marcel

Le marché aux chevaux tel qu'il est aujourd'hui se compose de trois parties contiguës : la première, qui comprend le marché proprement dit, a 296 mètres de long sur 55 de large ; son entrée principale s'ouvre sur la rue du Marché-aux-Chevaux ; la seconde partie, formant hache sur la droite, est affectée à l'essai les chevaux de trait ; elle a son entrée par le marché et occupe un espace de 58 mètres de long sur 50 de large ; enfin la troisième partie, réservée à la venté des voitures, confine au boulevard de l'Hôpital.

La partie affectée à la vente des chevaux comprend deux chaussées parallèles, dont la ligne de séparation devait être ornée de trois fontaines, l'une monumentale et les deux autres servant de base à des armatures de réverbères ; mais ces deux dernières ont seules été exécutées, et le surplus de la ligne de séparation est indiqué par des barrières qu'encadrent des bornes massives.

Les chevaux amenés pour être vendus sont attachés à dans des espèces de boxes foraines, dont chacune peut contenir quatre animaux.

Cette partie du marché, est ombragée par six rangs d'arbres formant une allée principale et deux autres allées doubles pour abriter les animaux.

La seconde partie, affectée à l'essai des bêtes de trait présente un plan elliptique dont le grand axe correspond à l’une dos fontaines ; elle contient deux rampes en fer à cheval.

Jusqu’à la révolution, les marchands de chevaux étaient soumis, pour tout ce qui con cernait leur profession, à la juridiction du grand écuyer de France, et, quand ils amenaient à Paris des chevaux neufs, ils étaient tenus, sous peine de confiscation et de 600 livres d'amende, d'avertir le premier écuyer du roi ou les personnes par lui proposées, afin qu'elles pussent venir y faire un choix avant tout autre.

Quelque arbitraire que fût ce régime, il était encore de beaucoup préférable à celui qui avait existé précédemment, lorsque les chevaucheurs du roi, de la reine et la famille royale, exerçant le droit de prise dans les faubourgs, s'emparaient des chevaux et des voitures sous prétexte de service du roi, et ruinaient les pauvres paysans par leurs fréquentes razzias.

Dieu le bon temps que c'était là !

 



Saviez-vous que ...

L'image du jour

La Zone à la porte de Bicêtre

Vu dans la presse...

1926

Un propriétaire avait vendu 100 francs son immeuble à ses locataires

Dans le populeux quartier des Gobelins, il est un groupe de gens à qui l'on a mis le bonheur — bonheur relatif, d'ailleurs — à portée de la main, et qui se disputent au lieu de le cueillir sagement. Ces gens demeurent sous le même toit, 9, passage Moret, voie vétuste qui semble être restée dans le même état qu'au temps des mousquetaires. (1926)

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1927

La Ville de Paris osera-t-elle jeter à la rue les locataires du passage Moret ?

La Ville de Paris, qui loue pour rien les luxueux pavillons du Bois de Boulogne aux jouisseurs et aux parasites, veut expulser de malheureux travailleurs de logements peu confortables certes, mais pour lesquels ils paient un lourd loyer. (1927)

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1927

La Ville de Paris est parvenue à faire expulser les locataires

Les locataires n'étaient pas plutôt dans la rue que des démolisseurs se mettaient à l'ouvrage pour le compte d'un garage Renault qui fait procéder à des agrandissements.
Ainsi les limousines des exploiteurs seront à l'abri et les locataires logeront où et comme ils pourront. (1927)

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1927

Dans le passage Moret où règne la misère

Que l'on démolisse les taudis, nids à tuberculose qui pullulent dans la « Ville-Lumière », nous n'y trouverons rien redire, au contraire ! Mais que sous prétexte d'assainissement, comme cela s'est produit passage Moret, on expulse, en 21 jours, au profit d'un garage, des malheureux que l’on a finalement « logés » dans des taudis sans nom, c'est un véritable scandale ! (1927)

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1937

Oasis faubourienne

Tout un coin de Paris est en train de se modifier singulièrement. Huysmans ne reconnaîtrait plus sa Bièvre. Non seulement le ruisseau nauséabond est maintenant couvert depuis bien des années, mais le sinistre passage Moret a presque complètement disparu de la topographie parisienne et, au milieu de cette année, les fameux jardins dont la jouissance était réservée aux tisseurs et dessinateurs de la Manufacture des Gobelins, vergers en friche qui, quelquefois, servaient de dépôt d'ordures aux gens du quartier, auront perdu leur aspect de Paradou abandonné. (1937)

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1938

Un jardin unique en son genre, celui des Gobelins, va être inauguré la semaine prochaine

Paris aura la semaine prochaine un nouveau jardin public, un très beau jardin. Il n’en possédera jamais trop !
Le fait est d’autant plus intéressant que ce nouveau jardin se trouve dans un arrondissement, au reste fort peuplé, le 13e, qui, il y a encore un an, ne possédait pas le moindre square. (1938)

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1938

Aux Gobelins: le nouveau jardin a été inauguré et ouvert au public

Hier matin, était inauguré, dans le quartier Croulebarbe, un nouveau jardin public. II s'étend sur 22.500 mètres carrés, derrière la Manufacture des Gobelins et le Garde-Meubles National.
C'est à Émile Deslandres que l'on doit cette initiative. Ayant représenté pendant plus de vingt-cinq années ce quartier, au nom du Socialisme, il s’était penché sur les misères et les besoins de la classe ouvrière dont il était lui-même. (1938)

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1877

Les travaux de construction de la rue de Tolbiac

Les transformations de la rue d'AIésia se font, avec une rapidité vertigineuse, dans le prolongement de cette voie, au-delà de rue de la Glacière.
Dans cette partie, la nouvelle rue prendra le nom de rue Tolbiac, et sera poussée jusqu'à l'avenue d'Italie. (1877)

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1885

Cuir de Russie

La Butte-aux-Cailles, ce n'est plus Paris; ce n'est pas, non plus, la banlieue, encore moins la province : c'est la Butte-aux-Cailles, et voilà tout. (1885)

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1898

Un quartier qui s'écroule

Un fait fort curieux se produit en ce moment dans la partie du quartier de la Maison-Blanche, comprise entre les rues de Tolbiac, de la Providence et de l'Espérance. (1898)

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1858

Les futures grandes voies du 13e arrondissement

Le système d'ensemble des grands travaux de la ville de Paris, rive gauche, touche par des points trop nombreux aux intérêts de la population et de la propriété parisiennes pour que son étude ne soit pas, pour le Siècle, l'objet d'un sérieux examen.
Nous analyserons successivement chacune des grandes lignes appelées à ajouter à la splendeur et au bien-être de la ville, et nous allons commencer ce travail par les voies qui doivent régénérer le douzième arrondissement le plus pauvre jusqu'ici et le plus délaissé. (1858)

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1873

La basilique et les nécropoles de Saint-Marcel

Sur le flanc méridional des coteaux qui dominent le ruisseau de la Bièvre et en face du plateau sur lequel est assis le Panthéon, on voyait, à la fin du siècle dernier, un peu avant la construction du mur des fermiers généraux, une sorte de petite ville, distincte de la grande, ayant ses rues, ses places, ses marchés, ses remparts, ses fossés, ses églises et ses juridictions. (1873)

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