Les on-dit - 1904

Les on-dit

Le Rappel — 9 décembre 1904

— Bonjour, cher monsieur, je viens voir ma fiche.

— On va vous. la communiquer, asseyez-vous donc.

La scène se passe à la Sûreté générale, entre un de nos confrères et un haut fonctionnaire. La fiche réclamée par le journaliste est l'une de celles qui furent rédigées par le trop fameux deuxième bureau du ministère de la Guerre, au cours de l'affaire Dreyfus. Le procès Dautriche a révélé, on s'en souvient, que le service des renseignements rassemblait des notes sur les hommes politiques et sur les écrivains.

Les dossiers sont réunis maintenant à la Sûreté générale, où, par faveur exceptionnelle, le journaliste dont je parlais en commençant fut admis, l'autre jour, à prendre connaissance de son « casier ».

Notre confrère lut sa fiche. Elle portait, en résumé, ceci :

Machin. — Rédacteur antidreyfusard à tel journal, puis rédacteur dreyfusard à tel autre ; de nouveau antidreyfusard dans une troisième feuille; enfin, dreyfusard derechef dans la gazette où il écrit actuellement.

Passe les nuits dans un café où il se grise.

Entretient une hétaïre dans le quartier des Gobelins.

— Soit, dit le journaliste, après avoir lu soigneusement ce triste papier. Je suis un individu sans conscience, je vends ma plume à qui la paye, je suis noctambule et ivrogne. J'admets même que j'entretiens des « hétaïres ».

« Mais je vous jure que je n'ai jamais mis les pieds aux Gobelins, Comme tout vrai Parisien, je connais mal Paris. Je serais aussi dépaysé aux Gobelins que dans l'Arkansas. Pourquoi me faire… aimer sur les bords de la Bièvre ? »

Le haut fonctionnaire répondit :

— Vous n'avez pas de maîtresse dans le 13e arrondissement? Qu'importe ? Le mouchard qui vous filait avait, lui, noué une intrigue sentimentale avec une beauté de la place d'Italie. Et vous comprenez que l'administration ne lui payait pas l'omnibus pour se rendre chez sa Dulcinée. Votre suiveur vous a attribué sa propre passion. Et le deuxième bureau a fait en votre honneur les frais qu'il aurait refusés à l'usage particulier de la casserole en question.

— Ainsi mon hétaïre ?

— Elle sert à justifier des frais d'omnibus plus ou moins légitimes ou plus ou moins imaginaires. À en croire nos fiches, presque tous les Parisiens notables auraient de bonnes amies dans les quartiers excentriques.

— Ce sont les gaîtés de la délation.

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Lu dans la presse...

Un Meeting des Locataires de la Cité Jeanne-d’Arc

L'on sait que l'Assistance Publique a racheté la cité Jeanne-d'Arc pour faire démolir les noires masures qui la composent et édifier à leur place, sur les cinq mille mètres carrés qui s'étendent là, au fond de ce populeux quartier de la Gare, entre les rue Jeanne-d'Arc et Nationale, des maisons ouvrières à bon marché, gaies, saines et claires. (1912)

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Tonneaux !... Tonneaux !...

Cet après-midi, à 15 heures, boulevard de la Gare, s'est disputée une originale compétition : la course des « rouleurs de futailles ». (1923)

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L'orage

Un orage d'une violence extraordinaire s'est abattu hier après-midi sur Paris. Vers une heure, des nuages lourds venant du Sud-Est s'amoncelaient, et à deux heures et demie de grosses gouttes de pluie commençaient à tomber. (1901)

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La transformation de Paris-Austerlitz

Depuis la mise en service, pour les messageries de Paris-Austerlitz, des vastes hangars, d'aspect solide, modernes, édifiés en bordure de la rue du Chevaleret, et dont l'entrée se trouve, ainsi que, nous l'avons dit, boulevard de la Gare, à Paris, une armée de travailleurs fait disparaître les anciens quais couverts de la rue Sauvage, ce qui aura pour, avantage de donner à ce coin plus d'air et, avec de petits bâtiments coquets, un cachet plus artistique. (1929)

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De Paris à Paris par le chemin de fer de ceinture

La ligne de fer se relève aux environs de la MAISON BLANCHE, nom charmant qui s'applique à une contrée peu connue et d'un aspect étrange. C'est assurément le coin de Paris le moins fréquenté Ces solitudes attendent un historien et un géographe, et nous espérons les explorer un jour avec nos lecteurs (1873)

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Les trains de voyageurs de la Petite Ceinture cesseront de fonctionner dimanche prochain

Le train à voyageurs dont le terminus est la station Maison-Blanche, qu'il atteint un peu avant 23 heures, sera le dernier à rouler sur ces voies, dimanche soir. Saluons-le, nous ne le reverrons plus ! (1934)

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Un abreuvoir pour chevaux et pour chiens a été inauguré ce matin

Les badauds sont rares dans le quartier de la Gare et lorsqu'une inauguration y amène des officiels et dû « beau monde », l'assistance est aussi clairsemée que pittoresque : c'est devant une dizaine de marmots, quelques garçons bouchers et deux ou trois ménagères que la fontaine, offerte par la S.P.A. à la Ville de Paris pour étancher la soif des chevaux et des chiens, a été remise à M. Morain, préfet de police. (1926)

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Le foyer d’infection de l’avenue de Choisy

Signalons, en plein Paris, un foyer d'infection « qui défie toute concurrence : 15, avenue de Choisy, entre le boulevard Masséna et la rue Gandon, existe un dépôt d'ordures ménagères. Les chats et les chiens crevés y achèvent paisiblement leur transformation dernière sous les chauds rayons du soleil de juillet. (1906)

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L’accident de la place Pinel

Hier matin, vers dix heures, la concierge de la maison du n° 3 de la place Pinel descendait à la cave, une bougie à la main. Arrivée à la dernière marche de l'escalier, le sol céda sous ses pieds, et elle disparut tout à coup dans une profonde excavation. (1883)

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Un nouveau pont

Un nouveau pont vient d'être construit sur la route militaire qui entoure Paris, entre la porte de la Gare et celle de Vitry. Il est parallèle au boulevard Masséna, et franchit la ligne du chemin de fer d'Orléans. De cette façon, on peut parcourir la ligne stratégique sans rencontrer d'obstacles. (1877)

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Pour les Petits Ménages, Maisons et jardins

C'est aujourd'hui qu'on inaugure la « fondation Singer-Polignac » devant un nombreux et élégant public d'invités.
À vrai dire, ce n'est pas « tout près d'ici ». C'est à l'autre bout de Paris, à la Glacière, tout près des « fortifs » dans un quartier essentiellement populaire, où l'on vient d'achever une nouvelle église, une nouvelle paroisse, Sainte-Anne, qui succède à la chapelle Bréa. Rue de la Colonie, entre les baraques en planches d'une population inconnue et une usine ; on y arrive par la place d'Italie et la rue Bobillot. (1911)

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La mort de M. Curie

Les obsèques de M. Curie ont été célébrées, hier, avec la plus grande simplicité et sans aucune cérémonie.
Dès trois heures arrivèrent à la maison mortuaire, 108, boulevard Kellermann, des professeurs de la Sorbonne et du Collège de France, ainsi que des membres de l'Institut. Tour à tour ils pénétraient dans la petite maison... (1906)

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