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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

Favre - L’ŒUVRE DU DÉMON (1859)

33

L’ŒUVRE DU DÉMON

par
M. Adolphe FAVRE
(1859)


TROISIÈME PARTIE

Le Mariage de Raison


VII
La pharmacie de la rue Mouffetard

[…] Sur ces entrefaites on avait découvert dans un petit portefeuille le nom et la demeure de M. Amburg, et le corps du marguillier, en attendant sa sépulture, avait été restitué au n° 6 de la rue du Puits-qui-Parle.

La première personne que vit Mme de Meylan, en ouvrant son salon, ce fut le comte tenant à la main un papier qu’il froissait avec indignation. Mme de Meylan poussa un cri terrible : elle avait reconnu la fatale lettre qui s’était échappée de celles qu’elle devait remettre à M. Amburg.

La malheureuse, anéantie, brisée, tomba sur un canapé et se couvrit la figure de ses mains.

Si le comte, qui venait de lire la lettre du marguillier, avait su que celui qui l’avait écrite était mort ; s’il avait connu surtout, l’état dans lequel sa coupable épouse se trouvait, il eût pu modérer ses rigueurs ; mais il ne savait rien de tout cela, et il était haletant, sous l’impression d’une juste et terrible colère.

Il se contint cependant ; il eût voulu broyer cette femme sous ses pieds, et il ne le fit pas. Il remplaça l’indignation par le mépris.

— Je pourrais vous tuer, madame ! dit-il d’une voix sombre.

— Tuez-moi ! murmura la comtesse, l’œil hagard, et à demi affaissée sur elle-même.

— Vous n’en valez pas la peine, reprit M. de Meylan avec une expression de suprême dégoût ; je ne vous tue pas, je vous chasse !

L’infortunée se redressa tout à coup ; elle chercha à parler, mais soudain ses forces l'abandonnèrent, et elle tomba sur le parquet comme une masse inerte.

Le lendemain, quand elle revint à la vie, elle était folle.

Ce même jour, Émile Morand avait reçu une lettre d'Armand Lambert, le jeune militaire, son ancien ami.

Voici ce qu’elle contenait :

« Plaignez-moi, Émile, je n’ai pu résister à tentation ; ce soir à neuf heures et demie j’ai tué Mac Waterson d’un coup de fusil à vent coin de la rue des Postes, dans la rue de l’Arbalète. C’est un grand crime ; je le sens, et je veux plus vivre ; cet homme méritait cent fois la mort... mais je n’avais pas droit de la lui donner ; je n’ai pu suivre votre conseil, j’ai cédé à ma vengeance ; je vous le répète, je ne dois plus vivre.

» Je suis revenu un instant chez moi, d’où vous écris ; j’en sors pour n’y plus rentrer : demain mon corps sera retiré de la Bièvre.

» Adieu, Émile ; remettez cette lette à la police, afin qu’aucun soupçon ne puisse planer une tête innocente.

» Encore une fois adieu et merci ; puisse le ciel ne pas me maudire.

» Armand Lambert. »

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert, qui s’était précipité du haut du boulevard des Gobelins dans la petite rivière, au Pont de la Roche. Le malheureux en tombant s’était brisé le crâne contre des pierres.

Cette entrée de la Bièvre dans la ville est des plus sinistres et des plus pittoresques ; à deux cents pas de là se trouve un pont placé en dérivation de la rue du Champ-de-l'Alouette et qui, depuis 1827, où Charles X en a posé la première pierre, doit servir au redressement de cette voie publique que le projet urbain dirige en ligne droite de la rue de Lourcine à la barrière.

Ce pont, s’élevant sur un terrain nu, et enveloppé d’un vêtement de planches comme d’un linceul, ressemble assez à un immense cénotaphe, attendant quelque hécatombe humaine.

Tout concourt à rendre ce quartier, presque inconnu à la population parisienne, d’un aspect étrange : la rue du Champ-de-l’Alouette, qui se tord dans ses replis de serpent ; la Bièvre qui suit tristement son cours sinueux et en contrebas de la rue Croulebarbe ; les propriétés qui s’éventrent pour laisser passer souterrainement la sombre rivière ; rien ne manque au tableau, une vive impression s’empare de l’âme ; aussi ne pouvons-nous qu’engager le lecteur à visiter ce petit coin perdu de la capitale.

Le pauvre militaire n’aurait pu choisir un lieu plus en rapport avec sa fatale résolution.

Après qu’Émile Morand eut remis sa lettre à l’autorité, il alla reconnaître le corps à la Morgue et lui fit rendre les derniers devoirs.

Quand il quitta la tombe de son ami, il y avait deux heures qu’il y était à genoux et qu’il priait.

Quelques jours plus tard, la comtesse de Meylan, au milieu d’un de ses rares moments de demi-lucidité, demanda à être placée dans un couvent.

On se conforma à son désir ; mais cela ne la rappela ni à la raison, ni à la santé ; les facultés morales avaient été chez elle trop rudement éprouvées pour que le corps ne s’en ressentît pas. Après avoir langui pendant quelques mois, elle mourut, n’ayant à son chevet qu’une femme, Léonie, sa belle-fille.

[...}

La rue du Champ-de-l'Alouette auquel l'auteur fait référence est notre rue Corvisart actuelle qui reçut son nom en 1868. Quant à notre rue du Champ-de-l'Alouette actuelle, elle se distinguait de la précédente par l'adjonction du mot "petit" qu'elle perdit ensuite.

Le 13e en littérature

De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.

(1912)

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La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

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L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

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La rue du Banquier

Madame Gil-Blas

par
Paul Féval

Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.

(1856)

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La Barrière des Deux-Moulins

Les Chifffonniers de Paris

par
Turpin de Sansay

En suivant les rues Saint-Victor, du Marché-aux-Chevaux et de Campo-Formio, on arrivait à la barrière des Deux-Moulins, située de l'autre côté du boulevard extérieur.

(1861)

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La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

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Le boulevard Saint-Marcel

Les Baisers rouges

par
Montfermeil

A travers Paris jusqu'à la rue Coypel...

(1900)

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Un Treizième à découvrir dans...

Le trésor caché

par
Charles Derennes
(1907)

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny
(1908)

Sans Famille

par
Hector Malot
(1878)

Bouscot

par
Gaston Chéreau
(1909)

La Butte-aux-Cailles

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

Le quartier de la Gare

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

La prairie de la Glacière

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

La Butte-aux-Cailles

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…


Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie
(1910)


Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)


Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol
(1894)


Zizine

par
Alexandre Arnoux
(1938)

La rue Jonas

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

La Folie Neubourg

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

La Cité Jeanne d'Arc

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

Les Gobelins

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Le XIIIème arondissement comptait 72.203 habitants en 1876 et 92.221 en 1881 soit une augmentation de 20.018 habitants. Paris, en totalité en comptait 1.988.806 et 2.225.910, ces mêmes années.

*
*     *

Le mardi 7 aout 1923, on découvrit 5 squelettes enterrés au coin de la rue Damesme et de la rue Bourgon.
Après quelques péripéties, l'enquête conclut qu'un précédent propriétaire du terrain avait fait venir dans son jardin de la terre provenant du cimetière d'Ivry.

*
*     *

Le 24 décembre 1883, la presse quotidienne faisait part du décès du « père Moreau » âgé de 100 ans et 3 mois, présenté comme le doyen des chiffonniers, en son domicile du 22 de la rue du Moulinet qu’il occupait depuis plus de 40 ans.
Il était mort d’inanition depuis 5 à 6 jours et son corps était d’une maigreur telle que la peau ressemblait à un vieux parchemin.
Des journaux rapportèrent que l’on trouva dans ses affaires un sac de toile rempli de pièces d’or.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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