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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Un crédit néfaste

1903

Deux frères. Charles et Victor Deschamps, âgés de vingt et vingt-deux ans, rêvaient depuis longtemps d'installer dans le quartier de la Gare un magasin de bicyclettes.

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Un drame dans une ménagerie

1904

Les époux Droxeler, connus, le mari, sous le nom du dompteur José, et la femme sous celui de la Goulue, promènent, comme on le sait, dans les foires parisiennes une ménagerie qui fait de temps en temps parler d'elle. Cette ménagerie est actuellement installée avenue d'Italie, en face de la gare de la Maison-Blanche.

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Crime avorté

1905

Mme Dupuis, veuve de cinquante-huit ans, qui habite une maison isolée, au numéro 10 du Boulevard Masséna, voulait depuis longtemps se débarrasser de son amant, un neveu de souche très éloignée, avec qui, durant dix-huit ans, elle mena la vie quasi conjugale.

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Avenue des Gobelins

Une bagarre au Théâtre des Gobelins

1892

Une bagarre s'est produite mercredi soir au théâtre des Gobelins, où, devant une salle comble, on jouait les Danicheff.

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Boulevard de l'Hôpital

La chasse aux loups

1896

Hier, vers cinq heures du matin, tandis que le soleil, qui a le réveil mauvais en ce moment, risquait sa première grimace à travers la brume du ciel, les gens qui passaient boulevard de l'Hôpital, ouvriers se rendant à leur travail ou chiffonniers occupés à éplucher les boîtes à ordure, furent soudain surpris d'entendre une fusillade qui crépitait à côté d'eux.

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On a tenté de tuer Gauzy - 1914

On a tenté de tuer Gauzy qui naguère abrita Bonnot fugitif et chez qui M. Jouin trouva la mort

Le Journal — 4 juin 1914

Antoine Gauzy, le fameux soldeur d'Ivry, chez qui M. Jouin, sous-chef de la Sûreté, fut tué par Bonnot le 24 avril 1912, a été grièvement blessé d'une balle au ventre dans la soirée de mardi.

Les efforts de l'enquête n'ont pas réussi jusqu'ici à démêler les mobiles d'un attentat que les hésitations, les réticences, les contradictions des témoins concourent à rendre profondément mystérieux.

Il était 8 heures du soir, mardi, quand M. Fauvel, secrétaire au commissariat du quartier de la Gare, fut averti par téléphone que deux coups de revolver venaient de retentir dans un débit, rue Nationale.

M. Fauvel courut à l'endroit indiqué. Aux questions du policier, le marchand de vin M. Guignard, répondit qu'aucun drame n'avait eu lieu chez lui ; par contre, M. Fauvel entendit un témoin, le chiffonnier Georges Colson, vingt-cinq ans, qui passait rue Nationale, à la hauteur du bar, quand éclatèrent les coups de feu. Colson affirma que les détonations provenaient bien du débit et que, aussitôt après les avoir entendues, il avait vu trois individus sortir précipitamment de l'établissement Guignard et s'enfuir vers la porte d’Ivry.

La Porte d'Ivry, vue vers Paris

Laquelle admettre de ces deux versions contradictoires ? M. Fauvel était perplexe lorsqu'un nouveau coup de téléphone lui apprit qu'à l'hôpital de la Pitié on venait d'admettre Antoine Gauzy, marchand soldeur, 63, rue de Paris, au Petit-Ivry. Le blessé, ajoutait-on, était très dangereusement atteint et on allait pratiquer sur lui l'opération de la laparotomie, après l'avoir endormi au chloroforme. M. Fauvel se rendit à l'hôpital, mais on ne put lui permettre d'approcher, Gauzy, il apprit seulement que celui-ci avait été attaqué rue Nationale, devant le débit Guignard.

Hier matin, le soldeur put enfin s'expliquer.

— Je sortais, dit-il, vers 7 h. 30, de chez M. Guignard, qui est mon fournisseur, quand un individu, dont je ne pourrais fournir aucun signalement, se dressa devant moi et me tira deux balles de revolver presque à bout portant, en s'écriant : « Voilà pour t'apprendre à coucher avec la femme d'un autre ! » Mon agresseur prit immédiatement la fuite, et je rentrai chez moi, à pied. Chemin faisant, j'avais rencontré mon frère Marius, qui demeure avec nous et qui m'a soutenu jusqu'à la maison.

Ce récit concordait mal avec les affirmations du témoin qui avait assisté à la fuite des trois inconnus sitôt après les coups de revolver. De plus, les relations anciennes et notoires de Gauzy avec les milieux anarchistes, son rôle dans l'affaire tristement célèbre des bandits, tout cela ne prêtait-il pas matière à l'hypothèse d'une vengeance ? D'autant que Gauzy paraissait avoir le souci de ne pas désigner son meurtrier et, d'autre part, se déclarait incapable d'expliquer l'allusion que l'homme au revolver lui avait jetée à, la face avant de l'exécuter.

M. Fauvel voulut éclaircir ce mystère. Il interrogea de nouveau le débitant : M. Guignard finit par reconnaître que Gauzy était son ami de longue date; qu'il avait passé, la veille au soir, une demi-heure dans la salle du débit en compagnie d'autres individus, et qu'une querelle avait même éclaté entre le soldeur et ses compagnons.

— Mais, insistait M. Guignard, tous sont sortis ensemble et je n'ai rien vu de ce qui s'est passé ensuite. De même, j'ignore le motif de la dispute qui a mis Gauzy aux prises avec ses adversaires. Il m'a simplement paru qu'il s'agissait d'une rivalité commerciale.

D'autre part, nous avons vu Mme Gauzy et son beau-frère Marius dans leur magasin d'Ivry, dont l'aspect n'a pas changé depuis les jours tragiques d'avril 1912

— Je me perds en conjectures, nous a dit Mme Gauzy, sur les raisons de cet acte meurtrier. Je ne connaissais aucune liaison à mon mari, qui, le cas échéant, n'eût rien dissimulé à personne, et je ne puis croire à une vengeance anarchiste. Se venger ? Pourquoi ? Antoine Gauzy n'a jamais fait de mal à personne ; il avait trop souffert en prison pour chercher à y envoyer qui que ce fût. Combien de fois ne lui a-t-on pas signalé des gens qui se distinguèrent par leur lâcheté, en cherchant à l'assommer quand on l'arrêta. Il répondait : « Je les méprise trop pour essayer de leur nuire. »

» Quand, mardi soir, il est rentré avec son frère, il m'a dit aussitôt : « J'ai une balle dans le ventre ; j'ai été blessé par un inconnu près du champ de manœuvres ! ». J'ai crié : « Tu t'es donc battu ! Qui est-ce qui a voulu te tuer ? » Il m'a répondu qu'il ne savait pas, qu'on l'avait attaqué à l'improviste. Son frère a pris un taxi-auto et est parti à la recherche d'un médecin. Quand le praticien a su qu'il s'agissait d'un homme blessé au ventre, il a refusé de se déranger, il a ordonné le transfert immédiat à l'hôpital. Le malheur nous poursuit avec un atroce acharnement ! ».

De son côté, Marius Gauzy n'a rien vu du drame. Voici comment il explique sa présence auprès de son frère quelques instants à peine après le meurtre :

— Je travaille comme briqueteur dans un chantier de la rue Jeanne-d'Arc; mon ouvrage se termine à 6 h..30. Ce soir-là, je me suis attardé en compagnie d'un ami, dont je pourrais citer le nom, jusqu'à 7 heures passées. Ensuite, je me suis acheminé vers Ivry lentement, absorbé par la lecture d'un journal. La rue Nationale est mon trajet habituel. En arrivant près de la barrière, j'ai hâté le pas et soudain j'ai aperçu devant moi mon frère qui avançait péniblement. C'est alors que l'avant rejoint j'ai connu ce qui s'était passé. »

On se rappelle que Gauzy avait été condamné à dix-huit mois de prison pour crime, d'association de malfaiteurs par la cour d'assises de la Seine, qui n'avait pas retenu contre le soldeur l'inculpation de complicité dans l'assassinat de M. Jouin. Le jugement étant date du 28 février 1913, Gauzy avait déjà subi à cette époque dix mois de détention qui entraient en décompte du total de sa peine. Il sortit de prison huit mois plus tard et reprit à Ivry son négoce de soldeur. On sait aussi qu'il ne cessa de protester de son innocence et d'affirmer qu'il ignorait le nom de l'hôte sinistre auquel il avait prêté l'abri de son toit. Gauzy, très brun au moment de son incarcération, avait la chevelure presque entièrement blanchie quand il quitta sa cellule de Fresnes. Depuis le soldeur avait, par une habile teinture, réparé le dommage causé et pour se rajeunir, il avait soigneusement émondé son épaisse moustache. Notre photographie le représente sous son plus récent aspect.


A lire également

L'article paru dans Le Matin du 4 juin 1914

Les articles du Matin datés des 5 et 6 juin 1914

À lire également...

Rue du Moulinet

Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît

1932

La jalousie et la colère n'ont pas seules le triste privilège de pouvoir être évoquées comme les seuls mobiles de drames sanglants. L'avarice conduit parfois au crime ceux qu'elle hante.

...


Rue des Cordelières

L'incendie de la rue des Cordelières

1895

Hier soir, vers sept heures et demie, le feu s'est déclaré, avec une grande violence, dans l'immeuble situé 24, rue des Cordelières (13è arrondissement), où se trouvent une fabrique d'eau de seltz et un dépôt d'eaux minérales appartenant à M. Aureau.

...


Entre chiffonniers

1899

Tout au bout de Paris, là-bas, rue Nationale, dans le treizième arrondissement, il existe deux cités, qui renferment une population très turbulente de chiffonniers et de gens sans aveu. La première est la cité Jeanne-d'Arc, la seconde, la cité Doré. Or, les « gars de la Jeanne-d'Arc », nouveaux Capulets, vivaient en très mauvaise intelligence avec ceux de « la Doré » modernes Montaigus, et, de chaque côté, la coupe ces messieurs disent la malle était pleine. Il fallait peu de chose pour la faire déborder...

...


A la fête des Gobelins

Dans le monde du trottoir

1899

Fraid est un notoire souteneur qui « opère » dans le quartier d’Italie et porte l’élégant sobriquet de la « Crème des Gobelins ». Il avait jadis comme « marmite » la fille Lauriac, surnommée la « Belle »...

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Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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C'est la création de la rivière et des lacs du bois de Boulogne qui fit perdre aux prairies de la Glacière son caractère de lieu de rendez-vous pour les amateurs de patinage.

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La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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*     *

C'est par un, vote intervenu le 19 octobre 1894 que le conseil municipal de Paris décida que la rue Saint-François de Sales perdrait son nom pour prendre celui de Daviel.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
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  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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