Faits divers

 Un chien trop intelligent - 1873

Police correctionnelle

Un chien trop intelligent

Le Petit-Journal — 27 février 1873

Un peintre qui aurait la bonne fortune de se trouver sur le quai de la Gare à l'heure de la promenade de la famille Follet, y trouverait assurément le sujet d'un croquis gracieux.

La famille ne se compose que de trois personnes, le père, grand et beau brun de trente-six ans, taillé en hercule, la mine haute et fière, relevée par d’épaisses et longues moustaches noires ; la fille, digne fille d'un tel père, qui s'épanouit dans toute la splendeur de ses quinze ans.

Le troisième personnage n'est pas de la famille, mais il a été adopté par elle ; il a nom Neptune ; c'est un magnifique terre-neuve de la plus grande espèce, et c'est là sa moindre qualité ; on verra qu'il en a bien d'autres.

De peintre, il ne s'en est pas trouvé sur le quai, de la Gare, et le croquis n'a pas été fait, mais il s'y est trouvé des voisins qui, plus d'une fois, ont été témoins des faits et gestes de la famille Follet, y compris ceux de Neptune, et en ont fait part au commissaire de police.

Le Pont de Bercy près du quai de la gare le 8 novembre 1903 soit avant la construction du viaduc du métro et les élargissements successifs du pont par Ch. Berroux, photographe amateur
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

Ces faits motivent aujourd'hui la comparution en police correctionnelle du père et de la fille, sous la prévention de vol, le père, en outre, pour injures.

M. LE PRÉSIDENT. — Vous habitez quai de la Gare, c'est-à-dire que la Seine coule devant votre porte ; vous avez su tirer de cette circonstance l'occasion de vous emparer du bien d'autrui, à l'aide des moyens que vous avez donnés à votre chien. Vous l'emmenez sur la rive, en lui indiquant une bûche flottant sur l'eau, entrainée par le débordement « J'ai froid, lui dites-vous, » et le chien s'élance aussitôt, ramène la bûche à. terre et va la remiser dans votre bûcher.

Vous savez bien que cela s'appelle un vol. car toutes les bûches de boisa brûler, entassées sur les rives du fleuve, sont marquées du chiffre de leur propriétaire, et lorsque quelques-unes vont en dérive, entrainées par la crue des eaux, des mariniers sont préposés à les repêcher, aies emmagasiner, et chaque propriétaire est prié de venir reprendre ce qui lui appartient. Vous ne pouvez ignorer cela, vous qui avez été employé dans les chemins de fer, et je crois aussi dans la navigation.

LE SIEUR FOLLET. — Je ne dis pas que mon chien ne s'est pas amusé quelquefois à ramener des bûches, mais ce n'est pas moi qui l'envoyais.

M. LE PRÉSIDENT. — Il a été dit par les témoins entendus dans l'instruction, que vous avez parfaitement élevé votre chien, qu'il ne fait rien sans votre commandement. Il est dit, même, que vous lui faisiez épouser vos haines et vos rancunes.

Un homme passait devant vous ; votre chien vous regardait ; vous lui disiez « Méchant ! » il n'en fallait pas davantage, et le chien s'élançait sur votre ennemi. Si, au contraire, vous lui diriez « Ami ! » le chien n'avait que des caresses à prodiguer. C'est un tirés bon chien que le vôtre, pour son maître, un chien très savant, mais très dangereux pour ceux qui ne sont pas de vos amis.

LE SIEUR FOLLET. — Tout cela, des cancans de voisins, ce n'est pas vrai.

M. LE PRÉSIDENT. — C'est ce que nous verrons quand nous aurons entendu les témoins. Quant à vous, fille Follet, vous êtes également accusée, comme votre père, d'avoir volé des bûches ; vous avez participé à l'éducation du chien ; comme votre père, vous l'envoyez à la rivière repêcher des bûches ? 

LA JEUNE FILLE. — Il n'y a pas besoin de l'envoyer ; il y va bien tout seul.

M. LE PRÉSIDENT. — Combien croyez-vous qu'il en ait apporté chez vous ?

LA JEUNE FILLE. — Peut-être une douzaine ; encore ce n'est pas le chien tout seul. Moi, des fois, quand j'allais chercher de l'eau ù la rivière, il me venait une bûche à la main, alors je l'emportais, pour qu'elle ne soit pas perdue pour tout le monde.

Les témoins sont entendus ils confirment tous les faits de la prévention. Ils peignent le sieur Follet comme la terreur du voisinage depuis qu'il a appris qu'ils étaient appelés à déposer contre lui, ils ont été l'objet de ses injures et de ses menaces. Une femme se plaint amèrement des gestes indécents et des propos grossiers qu'il lui adresse toutes les fois qu'il la rencontre.

L'organe du ministère public, en abandonnant la prévention à l'égard de la fille, a requis l'application de la loi contre le père, en faisant connaître que cet homme, dont les habitudes sont étranges et dangereuses, a déjà subi sept condamnations, la plupart pour violences et rébellions.

Le tribunal a renvoyé la fille de la poursuite et condamné le père à un mois de prison.

 

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Le 26 avril 1939 une distribution de sacs de sable était organisée dans le quartier Croulebarbe par la préfecture de la Seine.

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La rue située entre la rue du Château des Rentiers et la rue Nationale fut dénommée rue Deldroux, en 1888.
Deldroux était un canonnier qui, en 1871, préféra, mourir que de rendre sa pièce.

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Le groupe scolaire de la rue Fagon fut inauguré le dimanche 5 février 1899, soit sept ou huit ans après la fin de sa construction et son ouverture aux élèves. Cette inauguration eut lieu sous la présidence de M. Achille, conseiller municipal. Dans l'assistance très nombreuse, se trouvaient MM. Paul Bernard, député, Mossot et Rousselle, conseillers municipaux de l'arrondissement.

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Le chemin du Bac allait de la route de Choisy à la rue du Chevaleret. En 1865, la portion comprise entre la route de Choisy et les rues Nationale et du Château des Rentiers reçut le nom de Baudricourt tandis que le tronçon restant prit celui de Clisson. Ainsi en décida l’Empereur par un décret impérial signé à Biarritz le 2 octobre. Olivier de Clisson, connétable de France de 1380 à 1392 avait été surnommé Le Boucher en raison de sa cruauté.

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