Faits divers

 Cinq «disparus» dans les souterrains de la porte d'Ivry - 1932

On recherchait cinq «disparus» dans les souterrains de la porte d'Ivry

Paris-Soir — 6 juin 1932

Mêlés à la foule ceux-ci appréciaient ironiquement les efforts de leurs sauveteurs

L'ouverture des travaux fut, pour tous les chenapans du quartier, une royale aubaine. Sur l'emplacement des anciennes fortifications, à proximité de la porte d'Ivry, le terrain se hérissa de barrières de planches et de piles de madriers offrant, pour les parties de cache-cache, mille coins et recoins.

Lorsque, de surcroît, l'entrepreneur fit creuser un puits reliant au sol le prodigieux réseau de cavernes qui s'étalent sous ce quartier parisien, la joie des galopins fut complète : les plus aventureux n'hésitèrent pas à s'engager dans des explorations hardies, sans s'effrayer le moins du monde des dangers réels qu'ils couraient. On estime en effet que l'ensemble de ce formidable réseau — dont le détail est connu seulement de quelques initiés — a une longueur de quelque trois cents kilomètres.

Cependant, les jeunes pionniers ne purent s'empêcher de se livrer, aux abords du puits, à de menus méfaits.

Les vêtements que laissaient sur place les ouvriers de l'entreprise, leurs lampes, et même leurs outils, disparaissaient journellement. Aussi, lorsque, vendredi soir, le chef du chantier aperçut cinq gamins qui, l'un après l'autre disparaissaient par l'orifice du puits, n'hésita-t-il pas un seul instant à appeler la police, puis les pompiers.

On sait que toutes les recherches sont restées vaines et déjà, on redoutait pour les cinq imprudents les pires malheurs.

La légende, sinon l'histoire, a, en effet, laissé le souvenir de morts horribles dans l'inextricable réseau souterrain qui court à une dizaine de mètres, sous les rues de la capitale. Trouverait-on, d'ici quelques années, les os blanchis des malheureux, victimes, dans un coin obscur, d'un tragique destin ?

Fort heureusement, l'aventure ne fut que comique. Cachés dans l'ombre complice d'une galerie, les cinq mauvais sujets virent, à quelques pas d'eux, passer les pompiers et les agents. A deux cents mètres de là, une ouverture, connue des seuls initiés, mène au chemin de fer de ceinture. Le chef de la troupe y conduisit aussitôt ses quatre acolytes, qui ne soufflaient mot.

Dix minutes plus tard, rassurés, les galopins, mêlés à la foule en quelques instants amassée autour du puits, donnaient sans vergogne leur avis sur l'aventure.

Un vieil ouvrier, dépouillé jeudi soir de ses pauvres hardes, nous confiait ce matin qu'à la prochaine occasion — elle ne saurait, pensait-il, tarder — les mauvais sujets du quartier pourraient fort bien tâter de la « chaussette à clou » et de la trique. - A. V.


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Saviez-vous que... ?

Le 11 septembre 1888, à la fête des Gobelins qui se tenait place d'Italie, le dompteur Edmond Pezon (de la célèbre famille Pezon) faillit être dévoré par le lion Roland.

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La galerie de la manufacture nationale des Gobelins située sur l'avenue du même nom a servi d'hôpital pendant la première guerre mondiale.

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Charles Le Boucq (1868-1959) fut député du 13ème arrondissement de 1906 à 1928. Spécialisé dans les questions économiques, il présida le groupe d'action économique, rapporta divers budgets, notamment ceux du ravitaillement, des essences et pétroles, de la marine marchande, ainsi que le projet de loi sur la production d'ammoniaque synthétique. Après son échec de 1928, Charles Le Boucq abandonna la carrière politique.

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Lorsque fut conçu le projet de doter le quartier Maison Blanche d'une nouvelle église, il était prévu que celle-ci soit construite rue Damesme en face des écoles communales et qu'une rue la relie directement à la place Paul Verlaine.

L'image du jour

Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.