Faits divers

 1897 - Terrible méprise

Quartier de la Maison-Blanche.

Terrible méprise

Le Petit-Parisien ― 27 mars 1897

Un accident des plus sérieux a eu lieu hier matin, 4, rue Jean-Marie Jégot, à la Butte-aux-Cailles.

À cette adresse est installé un dispensaire appartenant la Société philanthropique. L'établissement tenu par des sœurs de l'ordre de Saint- Vincent-de-Paul.

Chaque jour, les malades indigents du quartier y sont reçus en consultation. Ils sont examinés la docteur Paul G…  qui leur prescrit le traitement qu'ils doivent suivre. Les sœurs sont ensuite chargées de faire prendre aux malades les médicaments nécessaires et d'opérer les pansements ordonnés par le médecin.

Beaucoup d'enfants sont amenés à cette consultation chaque matin. Parmi eux, figurait depuis temps le jeune Eugène Nado, âgé de six semaines, fils d'un gardien de la paix du treizième arrondissement, demeurant à côté du dispensaire.

Le pauvre petit étant affligé d'une ophtalmie purulente, le docteur G... avait ordonné que chaque matin on lui injectât dans les yeux, à l'aide d'une seringue en verre, une solution d'acide borique.

La sœur Marthe, âgée de quatre-vingts ans, était chargée de ce soin quotidiennement. Les médicaments sont placés dans une armoire où se trouvent également divers produits chimiques.

Hier matin vers neuf heures, par une erreur inexplicable, la sœur Marthe se trompa de flacon, remplit la petite seringue d'acide azotique, prit ensuite l'enfant sur ses genoux, et après lui avoir placé un tampon de ouate sur l'oeil gauche elle injecta le droit avec le corrosif.

Les cris déchirants du pauvre bébé lui révélèrent sa méprise, mais il était trop tard. L'acide azotique avait absolument brûlé l'œil, qui est perdu, puis il s'était répandu sur le visage de la victime, y causant des brûlures graves. L'autre œil a été également brûlé, car la ouate s'était imprégnée de liquide.

Cependant, le docteur, appelé à la hâte, conserve le léger espoir de sauver le cristallin de l'œil gauche, mais il ne peut en répondre encore. M. Rémongin, commissaire de police, a informé aussitôt le Parquet. Dans l'après-midi, M. Jolly, juge d'instruction, s'est rendu au dispensaire, où il a procédé à une première enquête.

Cet accident a provoqué une vive émotion dans le quartier de la Maison-Blanche.


A lire également

Un nouveau dispensaire - 1889

À lire également...

Les « Étrangleurs de Croulebarbe »

1902

La cité Jeanne-d'Arc vient encore d'être le théâtre de scènes sanglantes.
Hier vers trois heures et demie de l'après-midi un malfaiteur dangereux, frappé de dix ans d'interdiction de séjour, Léon Becquet, âgé de vingt-sept ans, se prit de querelle avec un autre individu, Adolphe Douraud, dit « Bibi », au sujet d'une femme, une fille soumise dont le casier judiciaire est orné de vingt-neuf condamnations.

...


Rue des Cordelières

Le drame des Gobelins

1904

Il y a trois ans, les époux Vey louaient un appartement d'un loyer annuel de 185 francs, au rez-de-chaussée d'un immeuble sis 28, rue des Cordelières, dans le quartier des Gobelins.

...


Boulevard de l'Hôpital

La casquette du bossu

1895

Une scène tragi-comique s’est déroulée, hier soir, à six heures, boulevard de l’Hôpital.
M. Julien Napthe, âgé de quarante-deux ans, demeurant, rue Jenner, garçon de magasin, passait, portant un paquet sous chaque bras, lorsqu’un tourbillon de vent lui enleva tout à coup sa casquette.

...


M. Perruche, commissaire

L’ara et le chiffonnier

1896

Une fruitière de la rue Dolomieu, Mme V..., était hier en proie à la plus profonde désolation. On lui avait volé son Jacquot, un magnifique ara multicolore et plus qu’octogénaire, que lui avaient pieusement légué ses grands-parents.

...

Saviez-vous que... ?

En 1930, la piscine de la Butte-aux-Cailles, l'une des rares piscines municipales de l'époque, exigeait de tout baigneur la production ou l'achat d'un morceau de savon.

*
*     *

L'église Notre-Dame de la Gare, terminée en 1864 par M. Claude Naissant; est un monument assez élégant, construit dans le style de transition du douzième au treizième siècle, mais dont l'intérieur n'offrait, au moins en 1890, rien de curieux.

*
*     *

La surface du 13è arrondissement est exactement de 714,6 hectares.

*
*     *

L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

L'image du jour

Le regretté bassin et son jet d'eau du square de la place d'Italie