Les postes de pompes à vapeur
Le poste de la rue Jeanne-d’Arc (suite)
Les attelages.
La traction des pompes à vapeur et de leur dévidoir fut, dès l’origine, assurée au moyen d’un traité conclu entre la ville et la compagnie des omnibus, pour une somme annuelle de dix mille francs, soit mille francs par attelage.
Les chevaux et leurs conducteurs devaient être constamment prêts, dans le dépôt de la Compagnie le plus voisin de la remise de pompes à vapeur, laquelle était reliée télégraphiquement avec ce dépôt.
Le résultat de ce système ayant été trouvé mauvais, le traité fut résilié le 15 mai 1880, à la suite de la suppression d’une des deux pompes à vapeur anglaises, les premières que nous ayons possédées.
De ce jour, le service fut fait par voie de réquisition, à raison de soixante francs pour quatre chevaux et deux conducteurs, ce qui donna un résultat plus mauvais encore, et cela se conçoit ; la Compagnie n’étant liée par aucun contrat, ne mettait guère son amour propre à tenir des chevaux frais en réserve pour le service des incendies ; elle donnait ce qu’elle avait sous la main, et ce nouveau système, qui avait, en outre, l’inconvénient de coûter plus cher que l’ancien, fut également abandonné.
Enfin, rompant avec les errements du passé, la commission des incendies inaugura, avec les nouvelles pompes le procédé actuel. Un entrepreneur se chargea de fournir, pour le service des pompes à vapeur, de jour et de nuit, six chevaux par poste, harnachés et équipés à ses frais, logés et nourris dans la remise même de la pompe aux frais de la ville.
Ce système coûte cher, moins cependant que ne coûterait l’achat, l’entretien et l’équipement, sans compter le renouvellement, de chevaux appartenant à la ville et pouvant être réformés d’un jour à l’autre.
Les neuf stalles (D) qu’on voit sur le plan, sont disposées immédiatement derrière les voitures ; trois de ces stalles reçoivent les chevaux de rechange en cas d’accident, elles ne sont pas encore occupées ; dans les six autres, sont placés six chevaux, complètement harnachés et bridés, la tête tournée vers la sortie de la remise.
Le moyen d’arriver à atteler dans le moins de temps possible a été l’objet d’essais multiples enfin couronnés de succès.
En Amérique, nous l’avons dit, le service des incendies se fait exclusivement à l’aide de pompes à vapeur qui sortent du remisage jusqu’à dix fois par jour, de sorte que les chevaux ont pu être dressés à venir d'eux-mêmes se placer à la flèche, aussitôt que le mécanisme qui les retient attachés dans leurs stalles, tombe, décroché parle courant électrique du timbre d’alarme. À la flèche, ces chevaux se trouvent placés au-dessous de leurs harnais, suspendus à la solive du plafond. L’attelage, après que le harnais est descendu, comporte encore les opérations suivantes : fermer le collier, boucler la sous-ventrière, passer la croupière, brider, passer les rênes dans les anneaux du mors, attacher les traits aux palonniers, enfin, attacher les chaînettes du collier.
À Paris, les pompes à vapeur sortant plus rarement, il devenait impossible de dresser nos chevaux comme ceux de New-York, et par conséquent, d’utiliser le système qui vient d’être exposé. Cependant on voulait, à tout prix, faire aussi vite, et s’il était possible, plus vite encore que les Américains; on y est arrivé au moyen de deux artifices bien simples : substitution de la bricole au collier, et substitution du porte-mousqueton aux boucles, dans toutes les séparations ou réunions de pièces qui doivent s’opérer au moment de l’attelage.
La bricole permettant à nos chevaux, relevés toutes les vingt-quatre heures, de se coucher comme s’ils étaient nus, ils sont, nous le répétons, constamment harnachés et bridés, sauf le mors, attaché à un crochet placé à la tête de la stalle.
L'harnachement des chevaux
Illustration générée par intelligence artificielle
à partir d'une gravure liée à l'article.
Au signal d’attelage, le mors se met instantanément. Les rênes, elles-mêmes, sont déjà en place dans les anneaux du surfaix, terminées à l’extrémité de devant par le porte-mousqueton, destiné à les fixer au mors, et rassemblées derrière par un nœud très simple (voir le dessin), auquel il suffit d’imprimer une secousse, pour qu’elles se déploient dans toute leur longueur.
Dès lors, des sept opérations américaines, que nous avons indiquées, il n’en reste plus que deux : le placement du mors et la fixation des rênes à ses anneaux.
Tous les chevaux amenés au poste sont immédiatement changés s’ils ne prennent pas le mors d’eux-mêmes.
Dans l’angle de la stalle (E) est placé le râtelier. La ligne de points figure la chaîne qui ferme les stalles et les flèches (G), le parcours que chaque cheval doit faire pour venir se placer au timon de la pompe, de l’échelle de combat ou du grand dévidoir, quand résonne le timbre d’alarme.
Jusqu'au 1er janvier 1882, les conducteurs étaient fournis avec les chevaux par l'entrepreneur dont nous avons parlé. Mais depuis cette époque, le ministre de la guerre a décidé, sur la demande du colonel, que chaque année, un certain nombre de jeunes gens, appartenant à des contingents de province, mais passant la révision à Paris, et y exerçant la profession de cocher d'omnibus ou de tramways, seraient versés dans le régiment des sapeurs-pompiers, pour y être employés, après avoir reçu l'éducation militaire et l'instruction professionnelle à la conduite des attelages. Ces sapeurs-conducteurs entraînés, disciplinés, dans la main de leur commandant, pour tout dire, sont, cela n'a pas besoin d'être démontré, bien supérieurs à leurs devanciers.
Enfin, on a été jusqu'à prévoir le cas où le feu se déclarerait dans la sphère d'action de la pompe à vapeur, c'est-à-dire dans un rayon de cent mètres autour du poste, et l'on n'a pas voulu perdre, dans cette éventualité, même la minute nécessaire à l'attelage. Une bouche de cent millimètres a été installée, sous le trottoir, au droit de la pompe.
En cas de sinistre dans ce rayon, la pompe est poussée par les deux premiers sapeurs descendus dans la remise, la bouche d'incendie est ouverte, l'aspiral placé, les tuyaux déployés et le feu attaqué quelques secondes après avoir été signalé.
Derrière les stalles des chevaux s'ouvrent, sur une cour étroite utilisée pour divers services accessoires, sept fenêtres (Y). Deux forts robinets d'eau, pour le lavage du remisage, sont placés à chaque extrémité de la salle (3). Dans l'une des stalles (F), le lit du garde, se repliant le jour.
À droite, sous l'escalier qui conduit au logement du chef de poste (5), deux petits placards ; l'un pour les bidons d'essence, de pétrole, etc. ; l'autre pour le compteur à gaz et autres accessoires ; à côté, les conduites d'eau et de gaz (6). Contre la cloison du poste-vigie, les deux becs de gaz (P) brùlent continuellement à bleu ; au-dessous, un poêle (Q). La salle des machines, tenue très sèche, est susceptible d'être chauffée.
Le sous-sol est utilisé uniquement à l'emmagasinage du combustible (voir Plan de coupe) et au réchauffoir, sorte de chaudière placée immédiatement au-dessous de la pompe et communiquant, avec la chaudière de celle-ci, par un tuyau de caoutchouc.











La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.