Un nouveau pont - 1877

Un nouveau pont

Le Petit-Journal — 17 septembre 1877

Un nouveau pont vient d'être construit sur la route militaire qui entoure Paris, entre la porte de la Gare et celle de Vitry. Il est parallèle au boulevard Masséna, et franchit la ligne du chemin de fer d'Orléans. De cette façon, on peut parcourir la ligne stratégique sans rencontrer d'obstacles.

Avant l'établissement du nouveau pont, les piétons et les voitures étaient obligés de faire un grand détour, au chemin de fer ; ils devaient passer sous le ponceau de la rue Watt, pour arriver à la Seine.

Toutes les maisons qui se trouvaient en bordure à cet endroit ont été démolies : les remblais de la ligne de ceinture ont été élargis, dans de fortes proportions, et sur le renflement on a pratiqué la nouvelle chaussée.

La chaussée s'ouvre dans l'axe du pont de Bercy(*) et chemine en pente douce jusqu'au niveau des culées ; de l'autre côté, elle va se raccorder avec la chaussée du boulevard, près de la porte de Vitry.

Le tablier du nouveau pont a 50 mètres de portée; il est exactement du même style et de mêmes dimensions que les autres du chemin de fer : les charpentes et le garde-fou sont en fer.

Toutes les parties de cette immense cage métallique sont réunies au moyen de rouleaux et de grues.

Dans quelques jours, l'administration municipale aura satisfait aux nombreuses plaintes des habitants de ce quartier très commerçant ; les nombreux marchands de bois et de charbon, qui ont leurs chantiers dans les environs de la gare des marchandises, étaient obligés de faire de longs détours pour pouvoir communiquer avec les 12e et 13e arrondissements. Le ponceau de la rue Watt est tellement bas, que les voitures un peu chargées ne pouvaient passer dessous; elles étaient obligées deprendre les rues de Patay et du Loiret, pour aboutir à la Seine.

Avec le prolongement de la nouvelle rue de Tolbiac, le pont aura un autre avantage, celui d'abréger de beaucoup les communi cations des quartiers de la rive gauche avec ceux de la rive droite. Un autre pont sera jeté prochainement sur la Seine, dans l'axe de la nouvelle rue, entre le pont de Bercy et le pont National.(**) Les travaux de construction seront adjugés le jeudi 4 octobre.


(*) Une erreur de plume de la part du rédacteur de l'article. C'est du pont National dont s'agit. Ce pont, construit en 1852, avait alors une largeur de 8 mètres et fut élargi ultérieurement à plusieurs reprises, notamment en 1936, jusqu'à l'extension de 2011 consécutive à la création de la ligne T3 du tramway.

(**) Il s'agit du futur pont de Tolbiac


Le Pont National avant sa transformation -- Source : gallica.bnf.fr

A lire également

Un pont américain à Paris : le pont de Tolbiac (1895)

La passerelle de la Maison-Blanche : Inauguration prochaine (1907)

Menu article

Lu dans la presse...

La Butte-aux-Cailles nouvelle butte « sacrée »

Elle pourrait bien être en passe de gagner le titre de nouvelle Butte sacrée, cette Butte-aux-Cailles, au nom plein de charme évocateur, qu'on songe à la splendeur cynégétique ou à la petite amie souriante, chantante et potelée. (1927)

Lire

Le nouveau Paris

L'ex-commune de la Maison-Blanche, au-delà du boulevard d'Italie, est une des parties annexées qui offrent le plus de difficultés pour le nivellement, car d'un côté il s'agit de franchir les hauteurs de la Butte-aux-Cailles, et de l'autre il faut remblayer des fondrières, des carrières abandonnées... (1861)

Lire

Les projets pour le XIIIe arrondissement

Le treizième arrondissement se compose, comme le douzième, d'une fraction de l'ancien Paris et d'une partie annexée. Cette dernière est comprise entre les anciens boulevards extérieurs, les rues de la Santé et de la Glacière, les fortifications et la Seine. La butte des Moulins, la butte aux Cailles et les bas-fonds de la Bièvre, en font une des régions les plus mouvementées de la zone suburbaine, et, par conséquent, une de celles qui présentent le plus d’obstacles à une viabilité régulière; de là, des tâtonnements et de longues études. (1863)

Lire

Les travaux du chemin de fer de Ceinture : du pont Napoléon au tunnel de Montsouris

Les travaux du chemin de fer de Ceinture, toujours conduits avec la même activité, sont terminés sur une grande partie, du parcours, en ce qui concerne les terrassements et les ouvrages d'art ; aussi a-t-on, déjà commencé le ballastage, la pose des voies et l'édification des bâtiments de stations. (1866)

Lire

Le viaduc de la Bièvre

On continue à s'occuper très sérieusement du tracé du chemin de fer de ceinture sur la rive gauche ; les études du pont à jeter sur la Seine et celles du viaduc dans la vallée de la Bièvre sont maintenant terminées. (1861)

Lire

Une nouvelle Cour des Miracles

Vous ne connaissez pas le passage Moret, cela n'est pas surprenant, car, sauf ses malheureux habitants, leur conseiller municipal qui se débat comme un diable pour les secourir, chacun à l'envi les oublie. Chaque fois que les représentants de l'administration se souviennent de ce restant de l'Ile des Singes, c'est pour lui causer un dommage nouveau. (1925)

Lire

Les habitants du passage Moret vont être « clos et couverts »

Les pauvres et déplorables locataires de la ville de Paris, dans son domaine de l'Ile des Singes, partie dénommée sur la nomenclature le Passage Moret, vont apprendre avec joie que l'inondation de leurs taudis, par en haut, va cesser à bref délai. (1925)

Lire

Un propriétaire avait vendu 100 francs son immeuble à ses locataires

Dans le populeux quartier des Gobelins, il est un groupe de gens à qui l'on a mis le bonheur — bonheur relatif, d'ailleurs — à portée de la main, et qui se disputent au lieu de le cueillir sagement. Ces gens demeurent sous le même toit, 9, passage Moret, voie vétuste qui semble être restée dans le même état qu'au temps des mousquetaires. (1926)

Lire

La Ville de Paris osera-t-elle jeter à la rue les locataires du passage Moret ?

La Ville de Paris, qui loue pour rien les luxueux pavillons du Bois de Boulogne aux jouisseurs et aux parasites, veut expulser de malheureux travailleurs de logements peu confortables certes, mais pour lesquels ils paient un lourd loyer. (1927)

Lire

La Ville de Paris est parvenue à faire expulser les locataires

Les locataires n'étaient pas plutôt dans la rue que des démolisseurs se mettaient à l'ouvrage pour le compte d'un garage Renault qui fait procéder à des agrandissements.
Ainsi les limousines des exploiteurs seront à l'abri et les locataires logeront où et comme ils pourront. (1927)

Lire

Dans le passage Moret où règne la misère

Que l'on démolisse les taudis, nids à tuberculose qui pullulent dans la « Ville-Lumière », nous n'y trouverons rien redire, au contraire ! Mais que sous prétexte d'assainissement, comme cela s'est produit passage Moret, on expulse, en 21 jours, au profit d'un garage, des malheureux que l’on a finalement « logés » dans des taudis sans nom, c'est un véritable scandale ! (1927)

Lire

Oasis faubourienne

Tout un coin de Paris est en train de se modifier singulièrement. Huysmans ne reconnaîtrait plus sa Bièvre. Non seulement le ruisseau nauséabond est maintenant couvert depuis bien des années, mais le sinistre passage Moret a presque complètement disparu de la topographie parisienne et, au milieu de cette année, les fameux jardins dont la jouissance était réservée aux tisseurs et dessinateurs de la Manufacture des Gobelins, vergers en friche qui, quelquefois, servaient de dépôt d'ordures aux gens du quartier, auront perdu leur aspect de Paradou abandonné. (1937)

Lire

Teaser 6 articles

Ailleurs sur Paris-Treizieme