De la difficulté d’être le treizième arrondissement

De la difficulté d’être le treizième arrondissement

Le Figaro — 12 octobre 1859

Décidément, la ville de Paris n'aura pas de treizième arrondissement.

Hélas ! ce treizième arrondissement, il est partout, et on n'en veut nulle part. Comprenez-vous une histoire de Paris dans laquelle on oublierait de parler du treizième arrondissement ? Les anciens avaient leur treizième arrondissement. C'est au treizième arrondissement que Samson perdit ses cheveux et sa vigueur. Sous Périclès, la Reine du treizième arrondissement s'appelait Aspasie. En France, le treizième arrondissement a eu bien des noms : il s'est appelé le château d’Anet, le royaume du Tendre, Clagny, Montespan, le Parc-aux-Cerfs, que sais-je encore ?

Le treizième arrondissement a partout des succursales, des jardins, des hôtels, des palais. Au bois de Boulogne, à Enghien, à Asnières, au Château-de-Fleurs, à la Closerie-des-Lilas. Son hôtel des Monnaies est situé rue des Blancs-Manteaux, et M. le maire du treizième, un petit blond plein de malice, porte son écharpe en bandeau sur les yeux.

Et cependant Paris n'aura pas de treizième arrondisse ment. C'était d'abord Passy qui devait être ce treizième arrondissement. M. le maire de Passy, un homme de, beaucoup d'esprit, ne l'a pas voulu, il a eu peur qu'on le forçât à prendre le costume de l'emploi et à se vêtir pour tout costume d'un carquois sur le dos et de son écharpe en bandeau.

On avait espéré trouver un maire moins récalcitrant. On avait changé les subdivisions ; un autre quartier devenait le treizième arrondissement. Ah bien oui ! mêmes répugnances à vaincre de tous les côtés. Comment faire ? Malgré les terreurs qu'il inspire à la superstition, ce n'était pas le numéro 13 qui déplaisait. Non, c'était l'accouplement de ces deux mots : treizième arrondissement. On a imaginé de changer le nom. Paris n'aura plus d'arrondissements, il aura des circonscriptions. On dira la mairie de la première, de la deuxième, de la treizième circonscription.

Eh bien ! je crois qu'il y a beaucoup de gens qui n'aimeront pas se marier à la treizième circonscription et qui se sont mariés gaiement au treizième arrondissement.


Dessin de Cham (Amédée de Noé, 1818-1879) paru en 1859,

Le titre de l'article a été ajouté (NdE)


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Les vingt arrondissements du nouveau Paris - 1859

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Vu dans la presse...

1928

Les derniers mohicans de Paris : Avec les Algériens du boulevard de la Gare

Sous la ligne aérienne du métro dont la longue perspective s'étend à l'infini, le boulevard de la Gare monte doucement vers la place d'Italie. À droite et à gauche, des maisons basses s'alignent, coupées par de petites rues pavées, à l'angle desquelles sont nichés de ridicules et ternes jardinets. Çà et là un immeuble neuf qui usurpe des allures de building, un magasin dont l'étalage déborde le trottoir, des bars, des hôtels, des restaurants, puis encore, sur la gauche, le cube uniforme et sans fantaisie de la raffinerie Say. (1928)

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1930

La mystérieuse petite ceinture : De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour

Entre Belleville et la Seine, c'est la zone des sifflets désespérés. Si les « Circulaires » qui vont leur petit bonhomme de route ne s’inquiètent guère du parcours à horaires fixes, les autres trains, messageries, rapides et autres, ont sans cesse besoin de demander leur route aux distributeurs de voie libre.
Cris brefs qui courent tout au long de cette frontière illusoire de Paris, cris impatients de ceux qui ne peuvent attendre ou qui s’étonnent des disques et des feux rouges. (1930)

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1906

Le métro sur la rive gauche

La nouvelle-section du Métropolitain, allant de Passy à la place d'Italie (ligne Circulaire-Sud), dont nous avons donné, il y a quelques jours, une description détaillée, a été ouverte, hier après-midi, au service public. Pendant toute la durée de l'après-midi, les voyageurs et les curieux se sont, pressés dans les diverses gares du parcours. (1906)

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1885

Les travaux du 13e arrondissement

Le 13e arrondissement a déjà été l’objet de travaux importants qui ont commencé à assainir le quartier de la Butte aux Cailles. Pour compléter, il faut faire disparaître l'ancien marais de la Glacière, couvrir la Bièvre et ouvrir une communication entre la place d’Italie et la nouvelle gare de marchandises de Gentilly sur le chemin de fer de Ceinture, (1885)

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1913

Un planton qui se promène cinq heures inutilement

En 1913, un groupe de gardiens de la paix du commissariat de la rue Rubens protestait, par voie de presse contre l'organisation de leur service. (1913)

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1898

Le Puits de la Butte-aux-Cailles

Quelle humiliation pour cette pauvre Bièvre ! Une rivière aux eaux pures et claires vient de jaillir des profondeurs de l'écorce terrestre, dans le quartier même par lequel l'antique cours d'eau qui jadis arrêta les légions de Labiénus et qui n'est plus qu'un noir égout, pénètre dans Paris. (1898)

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1903

La ligne Trocadéro-gare d'Orléans

Les Parisiens ayant trouvé que le mot Métropolitain était beaucoup trop long pour désigner un moyen de locomotion des plus rapides, ils ont depuis longtemps supprimé trois syllabes.
Ce n'est pas là seulement une abréviation populaire ; elle est entrée dans le langage courant ; son usage est devenu général.
Donc, on ne dit plus que : le Métro ; et on s'intéresse très vivement à tout ce qui concerne le Métro. (1903)

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1906

Victor Hugo à Gentilly en 1822

Le chemin de fer de Ceinture, presque constamment en tranchée ou souterrains sur la rive gauche de la Seine, offre cependant une agréable éclaircie. C'est lorsqu'il franchit la vallée de la Bièvre. À gauche, du côté de Paris, s'aperçoivent au loin les principaux monuments de la région Sud : l'Observatoire, le Val-de-Grâce, le Panthéon, et plus près, le pittoresque fouillis de la Butte-aux-Cailles et sa jeune église Sainte-Anne ; de l'autre côté, sur la hauteur, la sombre architecture du château de Bicêtre dominant la vallée que l'on devine derrière les fortifications, au niveau desquelles apparaît seulement le coq d'un clocher, qui est le clocher de Gentilly. (1906)

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1874

L'Œuvre des pauvres malades dans les faubourgs

L'Œuvre des pauvres malades dans les faubourgs commençait, en décembre 1873, par la visite de douze malades à Belleville. Depuis lors, elle s'est graduellement étendue aux quartiers de la Butte-aux-Cailles, de la Tombe-Issoire, de la Glacière, de Montmartre, de Clignancourt et, en dernier lieu, de Plaisance.
Cette simple énumération qui donne les parties les plus déshéritées de Paris pour champ de bataille aux courageuses missionnaires de cette œuvre de dévouement, est d'une éloquence qui dispense de tout commentaire. (1874)

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1877

Les nouvelles prisons Saint-Lazare et Sainte-Pélagie.

La nouvelle prison Saint-Lazare sera élevée dans le 13e arrondissement, sur un emplacement presque double de celui qu’elle occupe actuellement et qui est délimité par la rue de Tolbiac (qu’on perce en ce moment), la rue Nationale, le chemin de fer de ceinture et une voie projetée aboutissant à l’avenue d’Ivry. (1877)

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1879

Le nouveau pont de Tolbiac à Bercy

Il y a cinq ans, le conseil municipal de Paris décidait la réunion par un pont des deux quais de la Gare et de Bercy, afin de partager en deux l'espace de 1200 mètres environ qui sépare le pont National du pont de Bercy. Ce grand travail vient d’être commencé, et déjà le béton coulé dans des batardeaux est arrivé à la hauteur désignée pour recevoir les fondations de pierre. (1879)

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1908

L'Hôpital de la Croix-Rouge
Inauguration solennelle

Hier, à deux heures et demie de l'après-midi, bien au-delà de la place d'Italie, dans le Paris inconnu de la vallée de la Bièvre, les rues étaient par hasard noires de monde. C'était grande fête pour les pauvres, les ouvriers du faubourg déshérité, qui faisaient joyeusement la haie, accueillant avec enthousiasme ceux qui venaient planter définitivement la croix rouge au milieu d'eux. (1908)

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