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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 18

18

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VII
Idylle et drame
(suite)

Lame-d’Acier était seul. Il avait dit à Gontran :

— Mon officier, restez au dehors ; si le père Grognard n’est pas dans la bicoque, inutile que vous y entriez.

Quand l’Assommeur aperçut celui qui lui avait arraché sa proie, la fureur envahit son cerveau. Il se leva, et s’adressant à Négriot, il s’écria bouillonnant de colère : J’vas le chauffer !

— Tiens ! v’là le mouton ! Pige moi ça !

Ce disant, les poings fermés, les traits décomposés par la rage, il s’avançait vers Lame-d’Acier.

Celui-ci comprit qu’il allait être attaqué et se mit sur ses gardes. Il ne recula pas, bien qu’il sût d’avance à quelle forte partie il avait affaire ; il n’appela pas non plus au secours, de peur d’exposer le lieutenant à un sérieux danger.

L’ogre, impassible, assista à la lutte qui, du reste, fut d’une courts durée, car l’Assommeur était doué d’une force redoutable. Il étreignit son adversaire dam ses bras nerveux et lui ôta la respiration.

Puis il le rejeta inerte sur une table contre laquelle il cogna furieusement le visage du malheureux.

Celui-ci était aveuglé par le sang qui lui sortait du nez et de la bouche. À demi suffoqué, il perdit bientôt connaissance. Alors son vainqueur le saisit à bras-le-corps et le lança dans la cave où gisait déjà le père Grognard.

— Bravo ! fit Négriot après cette exécution sommaire ; bravo, ma vieille branche. Ah ! tu es solide, toi !

— Je m’en flatte ! N’empêche que ce mirliflor de l’autr’soir m’a ... Enfin suffit ! Si jamais je l’attrape, celui-là !

— Dis doc, vieil ami, si j’allais avertir Sans-Malice que nous tenons le mouton ? Ça lui ferait plaisir, et puis çà l’obligerait à revenir plus vite. Peut-être aussi que çà ne serait pas désagréable à papa Polydor.

— Au fait, tu peux bien t’esbigner ; je garderai les prisonniers, moi !

Le Brun sortit en titubant.

Le lieutenant se promenait de long en large sur le quai, à quelque distance de la maison.

Cette circonstance avait empêché le bruit de la lutte d’arriver jusqu'à lui, de même qu’elle l’empêcha d’être vu du sinistre drôle. Ce dernier, du reste, ne vit pas davantage le promeneur S il l’eût aperçu, il est probable que le peu de raison qui lui restait eût été suffisant pour éveiller ses soupçons et qu’il fût rentré prévenir son camarade. Mais il s’éloigna tranquillement.

Cependant le comte de Maurevailles s’impatientait à la porte du tapis-franc. La monotonie de sa promenade, forcément circonscrite dans un espace restreint, lui faisait paraître le temps horriblement long. Tout à coup, il lui prit fantaisie de s’assurer de ce qu’était devenu son compagnon.

En conséquence, il se rapprocha de la gargote, colla l’oreille à la serrure, et ne percevant aucune rumeur, aucun son de voix, il poussa la porte et mit le pied sur le seuil.

À la vue de l’officier, l’Assommeur fit un bond !

— Tonnerre de Dieu ! je vas t’étriper, toi ! cria-t-il.

Mais déjà Gontran était sur la défensive. La jambe droite en avant, la jarret gauche fortement tendu, le corps légèrement penché en arrière, le coude gauche à hauteur de l’œil, le poing de la main droite fermé, il attendait son adversaire.

Celui-ci, aveuglé par la fureur, se précipita sur le lieutenant pour l’enserrer dans une formidable étreinte ; mais avant d’avoir exécuté sa manœuvre, il reçut en plein front une grêle de coups de poing qui l’étourdit. Quelques coups de pieds, savamment allongés, l'achevèrent.

La brute tomba comme une masse.

Mais l’ogre, cette fois, voulait se mêler à la lutte, et, ne connaissant pas le nouveau venu, prenait le parti de son client habituel.

Dans ce but, il s’était emparé d’une barre de fer, qui lui servait ordinairement à fermer la devanture du caboulot, et la brandissait, prêt à en asséner un coup sur la tête du comte.

Par bonheur, ou peut-être aussi par instinct de la conservation, à moins pourtant que ce ne fût par défiance, Gontran se retourna et apercevant Jérôme Farach, il recula de quelques pas, tira son revolver et ajusta le bandit.

L’ogre laissa tomber la barre de fer, se croisa les bras et dit avec flegme :

— Puisque vous êtes le plus fort, je suis à vos ordres, mon gentilhomme !

—Très bien ! riposta l’officier, j’aime ta soumission... Écoute-moi !

— Commandez, j’obéirai !

— D’abord, tu vas me garroter ce misérable.

— C’est facile !

Prenant une corde dans son comptoir, maître Jérôme attache solidement le vaincu. Pas un des membres de l’honorable société n’avait bronché.

— Après ? demanda-t-il.

— Maintenant tu vas répondre à mes questions : où est passé Lame-d’acier ?

— Ah ! ça, j’en ignore !

— Pas de mensonges, maître gredin ; pas de mensonges, ou je fais feu !

— Ne tirez pas ! ne tirez pas ! je dirai tout.

— À la bonne heure ! où est-il ?

— Dans ma cave.

— Prenez une lumière, et descendons.

Farach fit ce qu’on lui commandait ; puis galamment, le sourire aux lèvres :

— Donnez-vous la peine de passer ! dit-il.

— Ah ça ! me prend-tu donc pour un imbécile ! Tu vas me précéder.... Et attention au revolver !

L’ogre fit la grimace, mais il s’exécuta sur le champ.

Dans le fond de la cave, on trouva effectivement Lame-d’Acier qui, fortement contusionné, mais un peu remis, indiqua un recoin où gisait un corps inerte. C’était le père Grognard dont les gémissements quoique étouffés avaient cependant attiré l’attention de son compagnon d’infortune.

On remonta les deux malheureux dans la salle du haut et l’Assommeur vint prendre leur place dans la cave dont le lieutenant mit la clef dans sa poche.

— Que faites-vous donc ? demanda l’ogre inquiet.

— Je prends mes précautions. À cette heure de nuit, maître fripon, vous ne trouverez pas de serrurier ; je suis donc tranquille jusqu’à demain.

Quelques soins suffirent à remettre sur pied le fidèle Lame-d’Acier.

Quant au père Grognard, comme il n’avait eu aucun mal, il put satisfaire immédiatement la curiosité de son sauveur.

Lorsqu’il eut mentionné le vol de la clef de son taudis opéré par Sans-Malice, cette particularité fut toute une révélation pour Gontran, Il comprit à quel nouveau danger le marquis était exposé et il s’écria :

— Vite, chez vous, père Grognard ; partons !

— Mais je n’ai plus la clef.

— Nous enfoncerons la porte, s’il le faut.

Ils n’eurent pas besoin d’avoir recours à cette extrémité, car, lorsqu'ils arrivèrent au domicile du chiffonnier, ils trouvèrent la porte ouverte et la chambre vide.

— Je m’en doutais ! fit avec désespoir le lieutenant.

Le 13e en littérature

Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

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La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

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La Butte-aux-Cailles

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

(1910)

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Le quartier de la Gare

Monsieur Lecoq

par
Émile Gaboriau

Le 20 février 18.., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d’agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l’ancienne barrière d’Italie.
La mission de cette ronde était d’explorer ce vaste quartier qui s’étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu’aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu’ont aujourd’hui les carrières d’Amérique.

(1869)

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La Butte-aux-Cailles

Le trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

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La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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La boucherie centrale de l'Assistance Publique était installée en 1860 au sein de l'abattoir de Villejuif situé 181 boulevard de l'Hôpital. Elle livrait 112.000 kilogrammes de viande par an.

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C'est le dimanche 30 septembre 1934 que fut inauguré le groupe scolaire construit rue Küss en présence de M. Villey, préfet de la Seine et des élus et notabilités de l'arrondissement.
Des discours furent été prononcés par MM. Villey, Gelis et Deslandres.

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En 1906, on pouvait aller directement de Glacière à la gare de Lyon en métro. Sans changement ! Tel était le parcours de la ligne n°2 sud avant l'autonomisation de la ligne 5 et la création de la branche de la ligne 6 entre place d'Italie et Nation.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.