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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Sur le chemin de fer de Ceinture

Une scène scandaleuse

1894

Une scène scandaleuse s'est passée, avant-hier soir, vers cinq heures, sur la ligne du chemin de fer de Ceinture, dans la gare de la Maison-Blanche.

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Boulevard de la Gare

Chronique du feu

1879

Hier soir, à dix heures quarante-cinq, un incendie s'est déclaré dans le grenier à fourrages de M. Brancourt, grainetier, boulevard de la Gare, 187. La cause de ce sinistre n'est pas encore connue.

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Rue du Chevaleret

Locomotive emballée

1909

Un curieux accident de chemin de fer, qui n'a fort heureusement pas eu de graves conséquences, s'est produit hier soir, vers sept heures, sur la ligne de ceinture qui surplombe, dans le treizième arrondissement, la rue Chevaleret.

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rue Corvisart

Fâcheuse méprise

1892

Un cocher de la Compagnie générale des omnibus, le nommé Auguste Veladon, qui avait accompagné son attelage au Dépôt, se trouvait, la nuit dernière, à une heure du matin, rue Corvisart, lorsqu'un individu quitta le trottoir opposé, pour s'avancer au devant de lui.

...


La bande de la « Saucisse »

1893

Toute une association de voleurs vient d'être capturée hier, par M. Cadoux, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche.
Ces individus, au nombre de six, quatre hommes et deux femmes, sont les auteurs des nombreux vols commis récemment dans les treizième et quatorzième arrondissements.

...

Les deux assassins ont été vus à l'angle de la rue Croulebarbe et de la rue Corvisart - 1930

Le crime de la Butte-aux-cailles

Les deux assassins ont été vus à l'angle de la rue Croulebarbe et de la rue Corvisart

Bien que l'identité de la victime reste encore inconnue, on croit à un meurtre politique

Paris-Soir — 5 mars 1930

La petite cité aux rues tortueuses qui, village dans la ville, se tasse entre la place Paul-Verlaine et le boulevard Auguste-Blanqui, bourdonne ce matin d'un naturel émoi. À chaque angle de venelle ont poussé de petits groupes qui s'entretiennent de « l'affaire » et les ménagères qui se pressent au marché Corvisart ne parlent que de cela en soupesant des choux-fleurs. Venant après tant de crimes mystérieux, l'assassinat de la rue des Cinq-Diamants mérite une telle rumeur : une victime, dont on ignore non seulement la vie, mais l'identité, des meurtriers présumés « politiques », sept coups de revolver, un acharnement rare à tuer, voilà plus qu'il n'en faut pour que tout un quartier s'agite — et surtout celui-ci où, de tout temps, les commères s'en donnèrent à langue que veux-tu.

Cependant, si l'on parle beaucoup, rares sont ceux qui virent. Il y a d'abord la bonne du « Papillon d'Or », Mlle Simone Guimbert ; puis la marchande de journaux installée dans un renfoncement du passage des Artistes ; enfin, le vendeur de journaux qui se tient, dès 5 h. 30, à la porte de la station du métro Corvisart.

Dans l'escalier du passage des Artistes

Joseph Werner

Mlle Guimbert, on le sait, reçut, samedi et dimanche, un jeune étranger, — grand, mince, vêtu d'une gabardine claire — qui lui demanda le numéro de la chambre où logeait Robert Werner.(*) Quelques secondes après le crime, elle croira dans le couloir de l'hôtel un homme qui la bouscula dans sa course :

— C'est le même que celui de dimanche, a-t-elle déclaré aussitôt.

Les deux autres témoignages sont plus intéressants, car ils précisent à la fois le nombre, le signalement et l'itinéraire des meurtriers.

À quelques pas de l'hôtel du « Papillon d'Or » s'ouvre une ruelle fort pittoresque, bordée de maisons basses et dont les pavés inégaux retiennent, même par temps sec et par un miracle qu'on ne voit qu'à la Butte-au Cailles, des flaques stagnantes de boue. Cette ruelle, la rue Jonas, est longue seulement de quelques mètres, aboutit à la plus extraordinaire venelle, baptisée pompeusement passage des Artistes. Ce passage n'est, en réalité, qu'un escalier de pierre, zigzaguant, gluant, glissant, qui, s'ouvrant sous porte, se glisse entre les maisonnettes de planches, de papier goudronné, de plaques de boîtes à conserves, dans un décor de misère qu'égaient quelques arbres semés au hasard par le vent. Sur le boulevard Auguste-Blanqui, le passage débouche dans une sorte de cour mal pavée et c'est dans un coin de cette cour que, derrière une table de planches, Mme B… exerce un commerce de journaux.

L'éventaire de Mme B… est assiégé de curieux et la brave commerçant - une petite femme, boulotte, rose et rieuse — en était ce matin, à 9 heures, au moins à son douzième récit :

— J'ai vu, dit-elle, deux hommes, dont l'un était plus grand que l'autre, descendre en courant le passage. Le premier portait un béret basque, le second un chapeau de feutre. Voilà tout.

— On a dit qu'un de ces deux hommes avait laissé tomber et ramassé aussitôt un revolver et un mouchoir.

— C'est exact. Mais c'est un de mes clients qui assista à cette scène rapide.

Ce malheureux client — qui tient à conserver le plus strict incognito — est payé pour s'en souvenir. Il montait, en effet, paisiblement l'escalier des Artistes quand deux hommes, survenant en trombe, le heurtèrent et le firent tomber. C'est en se relevant qu'il vit l'homme qui l'avait bousculé perdre et ramasser son arme.

Deux bêtes traquées

Le marchand de journaux du métro Corvisart a fait une déposition plus précise encore et il l'a faite avec un luxe de détails et dans un style imagé  qui en soulignent encore l'importance :

— Voilà, dit ce brave homme. Il était environ 6 h. 15 quand je vis deux hommes déboucher à toute allure du passage des Artistes. J'ai reconnu immédiatement qu'il s'agissait de deux types dont la conscience n'était pas propre, car, à six heures du matin, on ne court, pas comme cela si l'on ne se croit pas poursuivi. On aurait dit deux bêtes traquées.

» Le premier, grand, mince, était vêtu de noir. Il ne portait pas de chapeau et j'ai pu voir qu'il avait les cheveux noirs comme du jais. Il courait comme un champion de course à pied, a longues foulées, la tête rejetée en arrière et les mains ouvertes à hauteur des épaules. On ne voit courir de cette façon que dans les stades; pour moi, ce devait être un sportif.

» Le second, plus petit, s'essoufflait visiblement pour le suivre. Celui-ci portait un chapeau de feutre, une gabardine beige, une paire de lunettes à monture de métal ; il avait les cheveux blonds… C'est, parait-il, celui-là qui a tiré.

» Tous deux s'engouffrèrent à six pas de moi, sous la voûte qui supporte la ligne du métro et, traversant le boulevard Auguste-Blanqui, se jetèrent dans la rue Corvisart.

» Je fus tellement intrigué par ces deux coureurs que je me dérangeai et, jetant mes journaux malgré de nombreux clients qui se trouvaient là, allai les regarder à l'angle de la voûte. Malheureusement au bout de la rue Corvisart commence la rue Croulebarbe et, comme elle fait un coude brusque, je ne sais pas dans quelle direction les deux assassins se sont sauvés. »

On perd la piste

Ont-ils, descendant la rue Croulebarbe, filé jusqu'à l'avenue des Gobelins pour prendre le métro à la station nouvelle ? Ont-ils pris le petit passage des Reculetes pour remonter vers la place d'Italie, avec l'intention de brouiller leurs traces ? À l'angle de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe la piste se perd. Nul commerçant de ces deux rues ne se souvient d'avoir vu passer les deux singuliers coureurs.

Au métro « Gobelins » on ne se rappelle pas plus leur passage.

— D'ailleurs, nous dit l'employé, occupe au pointage des tickets, ce n'est pas moi qui étais à ce poste hier.

L'ouverture de la nouvelle ligne a bouleversé le service et nous sommes obligés de nous remplacer continuellement. D'ailleurs, à six heures du matin, la clientèle est nombreuse, beaucoup d'ouvriers habitant le quartier et se rendant, a ce moment-là, à  leur travail ; il est donc possible que nous n'ayons pas remarqué ces deux voyageurs plus que n'importe quels autres.

L'étudiant-cordonnier n'est pas encore identifié

Quoiqu'il en soit, la brigade spéciale ne désespère pas de retrouver les deux meurtriers. Toute la matinée a été occupée par les enquêteurs à essayer de préciser l'identité de la victime. C'est en vain qu'on a fouillé dans les fiches. Joseph Werner n'avait point de carte d'étranger  et il est inconnu de la légation tchécoslovaque. On conclut qu'il avait intérêt à cacher son identité, et on suppose dès maintenant que le meurtre eut des raisons politiques. C'est donc, dans les milieux tchécoslovaques que, pour le moment du moins, s'aiguillent les recherches.

Malgré les enquêtes faites aux deux hôtels où le soi-disant Joseph Werner avait habité avant de loger rue des Cinq-Diamants, aucun renseignement n'a pu être recueilli encore sur la mystérieuse existence de cet étudiant singulier qui, tandis qu'il suivait des cours de journalisme, confectionnait dans sa chambre, pour vivre, des sandalettes d'enfants en cuir tressé.


(*) Le prénom varie au fil du texte (NdE)


A lire également

L'article du 4 mars 1930

L'article du 6 mars 1930

À lire également...

Sur le chemin de fer de Ceinture

Une scène scandaleuse

1894

Une scène scandaleuse s'est passée, avant-hier soir, vers cinq heures, sur la ligne du chemin de fer de Ceinture, dans la gare de la Maison-Blanche.

...


Esclave de sa Colère

1895

Bien que Sénèque ait dit « La colère est une courte folie », elle n'est pas toujours excusable, surtout lorsqu'elle se manifeste par des accès trop fréquents.
C'est le cas de la nommée Augustine Couffier, âgée de trente-huit ans, ménagère, demeurant rue des Malmaisons.

...


Oscar, le pauvre ours

1906

Chaque soir, à la fête de la place d'Italie, Oscar faisait la joie des spectateurs par ses facéties, par le vacarme étourdissant qu'il menait. À lui seul, il faisait, recette. C'est dire si son patron avait une grande estime pour lui ...

...


Quartier de la Gare

La bagarre de la rue Albert

1907

Interrogé, hier, à l'hôpital Cochin, par M. Roty, juge d'instruction, l'armurier Lamet, dont l'état est toujours très grave, a fourni une nouvelle version du drame.
Un meurtrier désespéré.

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Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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Bobillot, héros du Tonkin, était prénommé Jules. La rue portant son nom est longue de 1.100 mètres.

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Selon Le Petit Parisien du 24 juin 1923, qui rappelait qu'entre le pont National et le pont de Bercy, deux voies seulement sont ouvertes : la rue Watt et la rue de Tolbiac; il était question de réaliser un projet qui supprimerait la rue Watt. La mesure a soulevé dans le quartier une assez vive émotion : un comité de défense s'est constitué dont le président a fait une démarche auprès du préfet de la Seine.

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En décembre 1922, la commission du vieux Paris s’intéressait à des fouilles réalisées 54 rue Brillat-Savarin à l’occasion du creusement d’un puits profond et prenait acte qu’au n°79 de cette même rue, qui correspond sensiblement au parcours d’un ancien bras de la Bièvre converti en partie en égout, on pouvait voir très en contrebas, à la cote 36,03, l’ancien sol correspondant à peu près au niveau de la rive gauche de ce bras, le sol de la rue était à cet endroit à la cote 43,73 soit une hauteur de remblai de 7m70.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

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  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

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VIDÉOS

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  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
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