Faits divers

 Scène surprenante avenue des Gobelins - 1874

Scène surprenante avenue des Gobelins

Le Journal des débats politiques et littéraires ― 8 aout 1874

Avant-hier à deux heures de l'après-midi, une voiture d'une forme spéciale était arrêtée avenue des Gobelins, à l'angle du boulevard Saint-Marcel. Il en sortait des clameurs, des chants enroués, des vociférations, des glapissements, des imitations de cris d'animaux formant une épouvantable cacophonie. Bientôt les portières, hermétiquement closes, s'ouvrent brusquement et livrent passage à des têtes échevelées, à des faces hébétées ou grimaçantes, agitées de tics nerveux, de rictus, de tiraillements des muscles de la face, reproduisant tous les types de l'agitation inconsciente et de la démence réunis dans le célèbre tableau de Kaulbach.

Wilhelm von Kaulbach (1805-1874) - La maison des fous (vue partielle)

Bientôt se montrèrent des bras qui, à leur tour, mus d'une façon étrange, faisaient des gestes désordonnés.

C'était la voiture des aliénées qui venait de quitter l'asile Sainte-Anne pour se rendre à celui de Ville-Evrard.

Au milieu de la nuit de leur intelligence, ces malheureuses femmes avaient eu un éclair de lucidité qui leur avait suffi pour s'entendre entre elles, et elles s'étaient révoltées contre les Sœurs chargées de les conduire.

Après avoir employé vainement tous les moyens de persuasion et de fermeté, les religieuses avaient reconnu leur impuissance à réprimer l'insurrection et avalent dû arrêter le véhicule pour réclamer du secours au poste de la rue Esquirol.

Des gardiens sont montés dans la voiture. Leur uniforme a produit sur les folles une certaine impression que leur attitude calme et sévère a encore augmentée. Elles se sont graduellement apaisées et on a pu les conduire jusqu’à la gare de Lyon, où elles sont montées sans difficulté dans le train qui les attendait.

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Place d'Italie

Un pickpocket

1887

M. Perruche, commissaire de police des quartiers de la Salpêtrière et de Croulebarbe, avait reçu, depuis une semaine, un certain nombre de plaintes émanant de personnes dont les poches avaient été indiscrètement explorées par des pickpockets à la fête foraine de la place d'Italie.

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L'incendie de l'avenue de Choisy

1893

Un incendie considérable s'est déclaré, hier soir, vers quatre heures, dans les magasins et hangars de M. Rouzé, grainetier, 197 et 199, avenue de Choisy.

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Quartier de la Gare

Le drame de la rue Strau

1932

Mme Victoire Arnaud, trente-deux ans, épouse divorcée de M. Gehier, est marchande des quatre-saisons. Elle demeure 7, rue Strau, et son travail opiniâtre lui a permis de faire quelques économies. Elle a pu soulager ainsi la détresse de son frère François Arnaud, vingt-huit ans, ouvrier en chômage, marié et père de cinq enfants.

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rue de la Glacière

Le drame de la Glacière

1893

L'émotion causée dans la rue de la Glacière, par ce terrible drame que nous avons raconté hier dans tous ses détails, ne s'est pas encore ralentie.

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Saviez-vous que... ?

Henri Victor Yendt, commissaire de police de la ville de Paris, chargé des quartiers de la Salpêtrière et Croulebarbe, officier de Police Judiciaire, prit ses fonctions en 1897.

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Gustave Geffroy (1855-1926) fut directeur de la Manufactures des Gobelins. Il n'est donc pas anormal que la rue qui porte son nom soit situtée tout près de celle-ci.

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La société des fourneaux de Saint-Vincent de Paul, le 5 novembre 1897 ouvraient, comme chaque année, ses fourneaux (au nombre de 26 en 1897) qui restèrent ouverts jusqu’au 30 avril 1898, tous les jours non fériés, de huit heures à onze heures du matin. Trois d'entre eux étaient situés dans le 13ème : 45 rue Corvisart, 35 rue de la Glacière et 87 bis rue Jenner.
Avec un bon de dix centimes, les malheureux recevaient une portion de pain, bouillon, viande, légumes, etc. enfin, de quoi se réconforter.
Ces établissements charitables étaient dirigés par les Sœurs.

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En décembre 1922, la commission du vieux Paris s’intéressait à des fouilles réalisées 54 rue Brillat-Savarin à l’occasion du creusement d’un puits profond et prenait acte qu’au n°79 de cette même rue, qui correspond sensiblement au parcours d’un ancien bras de la Bièvre converti en partie en égout, on pouvait voir très en contrebas, à la cote 36,03, l’ancien sol correspondant à peu près au niveau de la rive gauche de ce bras, le sol de la rue était à cet endroit à la cote 43,73 soit une hauteur de remblai de 7m70.

L'image du jour

La rue de la Butte-aux-Cailles vue en direction de la rue Bobillot.