Faits divers

 Un drame à la Butte-aux-Cailles - 1899

Un drame à la Butte-aux-Cailles

Le Figaro — 23 janvier 1899

Il y a une quinzaine de jours, venait habiter, 23, rue du Moulinet, une famille de miséreux, composée d'un homme, d'une femme et de quatre enfants, âgés de seize, quatorze, douze et neuf ans. L'homme, Jules Saujon, est chiffonnier, journalier quand il trouve de l'ouvrage. La femme, veuve depuis huit mois d'un nommé Noël, mort à l'hôpital, chiffonne et mendie... C'est M. Enfer, directeur du patronage Saint-Joseph, rue Bobillot, qui, voyant leur situation, les logea là, paya un mois de loyer et les autorisa à venir tous manger à la « Mie de pain », société de secours qui fait partie de son patronage.

L'aîné des enfants, Victor Noël, a eu la fièvre typhoïde et a été enfermé à Bicêtre. Il est guéri, mais n'a pas très bien la conscience de ses actes.

Hier, à. une heure et demie, l'un de ses frères était descendu de leur mansarde avec des sabots aux pieds. Victor le suivit et lui enleva les sabots, qu'il se mit à déchiqueter avec un couteau. Comme le petit criait, la mère intervint et prit Victor par le bras en le réprimandant.

Victor se secoua pour se dégager, donna un soufflet à sa mère, puis, du couteau qu'il tenait à la main, il la frappa à la cuisse gauche.

À cette vue, les trois autres enfants s'en fuirent en criant à l'assassin. Saujon courut chercher un gardien de la paix et Victor fut conduit au bureau de M. Remongin, commissaire de police.

La blessure de Mme Noël est légère. Après un premier pansement, elle a pu rentrer chez elle.


Œuvre de la Mie-de-Pain
Œuvre de la Mie-de-Pain

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Avenue d'Italie

Le crime de l'avenue d'Italie

1897

A neuf heures du soir, à deux pas de l'avenue d'Italie, assez animée à pareille heure, trois bandits ont attaqué et dépouillé un passant qui a succombé aux blessures qu'ils lui avaient faites.

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Haustrate aux Assise

1907

Le 7 avril dernier, dans l'après-midi, le sous-brigadier Mariton, de service rue Nationale, voyait venir à lui un individu en proie à une violente émotion et qui lui déclara :
— Conduisez-moi au poste, car je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc.

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Quartier de la Maison-Blanche

Les « Espadrilles de la Butte »

1910

Depuis quelque temps, plaintes sur plaintes affluaient au commissariat de M. Yendt. Il ne se passait pas de jour où quelque commerçant des environs de la place d'Italie ne vît ses étalages mis en coupe réglée par une bande de malandrins. Cette bande, connue sous le nom de bande des « Espadrilles de la Butte » et admirablement organisée, terrifiait littéralement le quartier.

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rue de Patay

Le mystère de la rue de Patay

1901

M. et Mme Schaeblé, marchands de beurre, habitent 101, rue de Patay, un petit pavillon isolé. Devant est un minuscule jardinet, sur les côtés un hangar, et, dans le fond, une remise et des écuries avec un mur de clôture séparant la propriété d’un terrain vague ayant vue sur la rue Albert et sur lequel on élève une maison, encore en construction.

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Saviez-vous que... ?

Le 11 septembre 1888, à la fête des Gobelins qui se tenait place d'Italie, le dompteur Edmond Pezon (de la célèbre famille Pezon) faillit être dévoré par le lion Roland.

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Le 26 février 1912 à midi cinq exactement, la chaudière du tramway n° 399, de la ligne Porte-d'Ivry-les Halles, explosait rue Gay-Lussac, à hauteur de la rue de l'Abbé-de-L'Epée. Ce grave et peu banal accident faisait onze victimes qui, heureusement, ne furent pas très grièvement blessées.

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La rue Küss honore le dernier maire français de la capitale alsacienne en 1871, année de sa mort, le jour même où les députés de l'Assemblée nationale décidèrent de céder l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne. Émile Küss était un savant physiologiste de la faculté de Strasbourg.

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C'est le 14 juillet 1863 que le premier coup de pioche, — car les premieres dizaines de mètres ont été creusés à la pioche par des puisatiers et non par un forage — du puits artésien de la Butte-aux-Cailles a été donné.

L'image du jour

Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.