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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

Mary - La goutte de sang - 3

143

LA GOUTTE DE SANG

par
Jules MARY
(1908)


DEUXIÈME PARTIE


La détresse d'une mère

X
(suite)

Un son lointain attira l’attention, de Mirador. Il lui sembla percevoir au fond d’un terrain vague de la rue des Peupliers un accordéon qui s’évertuait plaintivement. Et la musique douloureuse est couverte par une voix puissante qui chanta :

Combien sont-ils. ? Combien sont-ils ? C'est le cri du soldat sans gloire. Le héros cherche les périls, Sans les périls qu’est la victoire ?

— Montre-Tout et L'Amidon ! murmura Jean, en leur donnant leurs noms de guerre.

Il ouvrit la porte et entra. La chambre était vide.

— Je m’en doutais !...

Il allait sortir. Il n’en eut pas le temps. Derrière lui, barrant la porte, le Boucher, hideux de colère et de l’humiliation subie, se dressait, le couteau à la main.

— Va falloir vider cette querelle-là ! dit-il, enroué...

— Je veux bien ! fit doucement l’officier.

Le géant s'était rué sur lui... Soudain il se rejette en arrière... Un canon de revolver se dresse à deux pouces de son front... Il recula... Mais cette fois, celui qui barre la porte et commande l’entrée — ou la sortie — ce n’est plus le bandit, c’est Mirador.

— Je te préviens que je ne manque jamais mon coup... Donc, assieds-toi et causons.

Dompté, le Boucher s’assied. Mais il n’a pas lâché son couteau.

— Je vais te mettre à ton aise... tout de suite... Je te promets de ne pas me servir de mon revolver... Je répondrai à ton surin par mon surin...

Et il tira de sa poche un long couteau qu’il ouvrit.

— De deux choses l’une... ou tu vas me renseigner... ou tu me refuseras... Si tu refuses, je te tue comme un chien enragé, que tu es... d’une balle entre les deux yeux... Je suis en cas de légitime défense. SI tu me renseignes, je te donnerai la revanche et me battrai avec toi... couteau contre couteau... Tu auras donc encore la chance de me tuer et de voir, par conséquent, ton indiscrétion, si tu en commets une, enfermée pour jamais dans la tombe, avec moi... As-tu compris ?

— Oui.

— Acceptes-tu de parler ou refuses-tu ?

Mirador arma son revolver, il le leva à la hauteur de son œil, lentement.

Le bandit eut un instant d’hésitation... le regard braqué sur le revolver...

— Je parlerai. Après, nous nous battrons... Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

— Tu m'attendais ici, avec ton camarade ?... C’est donc un guet-apens ?... Oui ou non ?

— Oui.

— Les jeunes filles que je venais chercher... on ne les a jamais vues ?

— Non.

— Tu ne m’avais jamais rencontré avant ce soir ?

— Non.

— Donc aucune animosité contre moi.

— Non.

— Alors, tu n’as fait qu'obéir ? Tu as donc un maître ?... Qui te commande ?

Silence du bandit. Or devine, cette fois, que la réponse lui coûte. Il tremble devant le revolver qui le menace, mais il tremble également devant l’obligation de parler, sans doute parce qu’il n’en ignore pas les terribles conséquences.

— Quel est ton maître ? répète Mirador, la voix sèche. Je t’avertis que je ne suis pas très patient et que le doigt me démange... Prends garde...

Le colosse haussa les épaules et grommela :

— Après tout, qu’est-ce que ça me fait de manger le morceau... puisque dans cinq minutes je t’aurai fouillé le cœur avec mon lingue...

— Puissamment raisonné. Donc, parle, puisque tu n’as rien à craindre...

— À mon tour d’imposer deux conditions... Retirez les cartouches de votre revolver... En outre, ne barrez plus la porte... ça vous empêchera de vouloir filer, quand j’aurai parlé.

— J’y consens... Tu vois ? J’ai confiance... Garde toi- même la porte... Bien... Quant à mon revolver... voici !... Le nom, maintenant dis le nom...

Mais le Boucher eut un éclat de rire sauvage...

D’un bond il fut sur Mirador... son couteau s’abaissa avec la rapidité de l’éclair... et ne frappa que le vide... Jean avait prévu la trahison, fait un saut de côté, et au moment où le géant se redressait en ricanant, il chancelait, le crâne fendu par la crosse du revolver... Puis, avec une prestesse merveilleuse, Mirador glissait une balle dans le barillet, visait de nouveau et disait :

— Le nom ?... Dis le nom, ou je te casse la tête...

— Nous nous battrons au couteau ?... bégaya le misérable...

— Oui, je te ferai cette grâce ! Mais parle, parle ! dit Mirador qui sembla grandir soudain et dont la voix devint terrible.

Alors, il entendit le nom qui fui prononcé par le Boucher, faible comme un souffle,— prononcé avec un frisson d’épouvante :

—- Coribasse, l'Ingénieur !!

Mirador, en entendant ce nom, laissa échapper un long soupir.

Soupir de joie et de soulagement.

Il avait peur, dans la lutte entreprise, de se battre contrai l’inconnu, contre le mystère, dans les ténèbres.

Maintenant, les ténèbres se dissipaient. L’homme qui se dressait devant lui, dans un but qu’il ignorait encore, il connaissait son nom, et il finirait bien par le connaître en personne... Ce n’était plus un être insaisissable, quelque chose comme un fantôme... c’était un bandit redoutable sans doute, puisque cet autre bandit, le Boucher, tremblait rien qu’en disant son nom !...

— Coribasse, l’Ingénieur !

Qu’était-ce que cet homme ? Et pourquoi en voulait-il à Mirador, jusqu’à tenter deux fois de le faire assassiner ?... La cause de cette haine violente ?

Autant de problèmes... que chaque jour finirait bien par éclaircir un peu.

Ce nom étrange, ce nom qui devait si facilement rester dans toutes les mémoires, il ne s’en souvenait pas, et jamais, jusqu’en ces derniers temps, on ne l’avait prononcé devant lui... Coribasse devait connaître Mirador... Au fond des ombres épaisses qui entouraient ce mystère, le jeune homme entrevoyait vaguement la vérité... Mais cette lueur était si pâle, si indécise, qu’elle ne retenait pas son attention...

D’où venait-elle, cette lueur ?

De ceci, simplement :

Coribasse s’était servi des noms de Modeste et de Valentine pour l’attirer dans le guet-apens de la rue des Peupliers.

Coribasse avait adressé sa lettre à la Chalade, pour éloigner les soupçons.

Coribasse savait donc l’intérêt que Mirador portait aux jeunes filles ? Et comment eût-il appris leurs vrais noms, puisqu'elles ne déclaraient, dans les garnis où les malheureuses se réfugiaient, que des noms d’emprunt ? Il les avait donc rencontrées avant leur arrivée à Paris ? Ce ne pouvait être séparément, l’une à Metz, l’autre à Verdun ? C’était donc toutes deux ensemble ? Où ? Si ce n’était aux environs de la Chalade ?... Au château de la Viergette ?

Alors, quelle conclusion logique à tirer de ces déductions ?

Pierre Sambut et Coribasse ?... Était-ce donc un seul et même individu ?

— J’aimerais mieux ça, et l’affaire serait singulièrement simplifiée ! pensait-il.



Jules Mary, regardant le 13e arrondissement

Victor Anatole Jules Mary, plus connu sous le nom de Jules Mary, est né le 20 mars 1851 à Launois-sur-Vence et est décédé le 27 juillet 1922 à Paris.Il était écrivain, dramaturge et feuilletoniste français.

Ses œuvres les plus connus sont Roger-la-Honte et la Pocharde, adaptées au théâtre puis au cinéma.

La Goutte de sang

La Goutte de Sang, grand roman dramatique en trois parties, parut en feuilleton dans le Petit-Parisien à partir du 11 octobre 1908.

Deuxième partie : La détresse d'une mère

  • La Porte de Bicêtre et la rue des Peupliers à proximité de la rue Brillat-Savarin et de la poterne

Troisième partie : Perdues dans Paris

  • La rue des Peupliers

Le 13e en littérature

L'octroi de la porte d'Italie

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Grâce à l'or du faux baron de Roncières, Paul apporta l'abondance dans la maison de la rue du Moulinet.
On y fit une noce qui dura huit jours.
Perrine avait déserté son atelier de blanchisseuse. Elle tenait tête aux deux hommes, le verre en main.

(1894)

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De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.

(1912)

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La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

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L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

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La rue du Banquier

Madame Gil-Blas

par
Paul Féval

Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.

(1856)

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La Barrière des Deux-Moulins

Les Chifffonniers de Paris

par
Turpin de Sansay

En suivant les rues Saint-Victor, du Marché-aux-Chevaux et de Campo-Formio, on arrivait à la barrière des Deux-Moulins, située de l'autre côté du boulevard extérieur.

(1861)

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La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

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Un Treizième à découvrir dans...

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie
(1910)

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol
(1894)

Zizine

par
Alexandre Arnoux
(1938)

La rue Jonas

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

La Folie Neubourg

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

La Cité Jeanne d'Arc

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

Les Gobelins

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.


Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans
(1874)


La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)


Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron
(1894)


Le Trésor caché

par
Charles Derennes
(1907)

La rue du Pot-au-Lait

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

La ruelle des Reculettes

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

La gare de la Maison-Blanche

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

La Butte-aux-Cailles

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Lorsque fut conçu le projet de doter le quartier Maison Blanche d'une nouvelle église, il était prévu que celle-ci s'appela Saint-Marcel de la Maison-Blanche. Ce fut Sainte-Anne qui l'emporta.

*
*     *

En 1933, on pouvait jouer au Ping-pong au Café des Sports, 163 avenue d'Italie et au Café du Commerce, 46 rue de Tolbiac.

*
*     *

Par suite de la rupture d'une conduite, une fuite de gaz se produisait, le 19 mars 1897 dans l'après-midi, en face du n°59 du boulevard Arago.
Bien que le gaz s'échappait à l'air libre, deux passants furent à demi asphyxiés et durent être transportés à l'hôpital Broca.
Les pompiers du poste de Port-Royal obturèrent‚ provisoirement la fissure avec de la terre glaise, en attendant une complète réfection.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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