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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 23

23

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


IX
Dénouement
(suite)

La possession de la personne du marquis parut tellement importante au faux brocanteur que, malgré l’échec partiel de la mission confiée à Sans-Malice et à son acolyte, il leur paya les dix mille francs restant dus sur la première affaire.

— Ah ! fus me ruinez, fit-il avec un soupir.

— Vous n’avez que ce refrain à la bouche, père Polydor ; faudra varier l’antienne.

Le baron — nous pouvons lui restituer son titre, — le baron congédia ses complices et se prit à réfléchir, tandis que la concierge, qui était en même temps sa femme de ménage, installait le malade dans un lit.

— Je tiens le marquis d’Évry en en ma puissance, pensa de Gurgloff; donc, si la chance venait à nous trahir, il y aurait, de ce côté, un atout superbe dans notre jeu. En effet, personne ne soupçonnera la présence du marquis dans ces lieux ; au besoin, je le ferai passer pour fou. Par conséquent je puis l’y conserver tant que je le désirerai. Or, le jour où Mlle d’Évry refuserait de s’unir à Lucien de Moreuil et nous frustrerait ainsi de sa fortune, j’aurais l’honneur de lui dire :

— Mademoiselle, votre main, et je vous rends le marquis ; si non, la mort pour lui !

Évidemment Aimée n’hésitera pas à servir de rançon à son père !

En conséquence de ce raisonnement, monsieur Polydor décida qu’il prodiguerait au marquis tous les soins nécessités par son état.

Il recommanda donc le malade à la concierge, et, sous prétexte d’affaires urgentes, se retira, non sans laisser de l’argent à la veuve Lenoir.

Le baron revint boulevard Haussmann et s’endormit aussi profondément que s’il avait eu la conscience nette.

Autant en faisait, de son côté, Lucien de Moreuil, prenant ainsi des forces pour le combat du lendemain.

À sept heures du matin, — on était encore en hiver, — toutes les parties, exactes au rendez-vous, se rencontrèrent dans une allée retirée du Bois de Boulogne ; à cette heure matinale, le Bois était désert, cette circonstance favorisait la promptitude des dispositions et accélérait la solution définitive.

On tira au sort, et, naturellement, grâce à la pièce de cinq francs sophistiquée, les armes apportées par le baron furent celles que le sort désigna.

Les adversaires se placèrent à trente pas : Lucien de Moreuil était calme ; Gontran de Maurevailles paraissait impassible ! Au signal donné, une double détonations fit entendre : le vicomte resta debout ; le lieutenant tomba comme une masse : il avait été frappé en pleine poitrine !

Le médecin, amené sur les lieux par les témoins, opéra un premier pansement et fit ensuite transporter le blessé dans sa voiture, laquelle le ramena, au petit pas, à l’hôtel de Maurevailles.

— Est-il mort ? s’enquit Lucien de Moreuil avec intérêt.

— Il n ’en vaut guère mieux ! répondit le médecin en hochant la tête ; il y a peu d’espoir de le sauver.

— Je le regrette ; c’était un noble cœur ! dit le vicomte avec une émotion feinte.

Les hommes se saluèrent et chacun tira de son côté.

Le docteur avait dit vrai. La maladie fut longue ; et, pendant ce temps-là, Aimée apprit à détester chaque jour davantage celui qui avait failli mourir pour elle.

Ce n’est pas tout, par une ironie de l’intelligence et du cœur humains, Mlle d’Évry accueillait avec une faveur de plus en plus marquée les hommages de Lucien de Moreuil !

Bientôt il fut décidé qu’il deviendrait son mari, et qu’en attendant la constatation du décès de l’infortuné marquis d’Évry (décès dont sa fille ne doutait plus) ou la déclaration judiciaire de son absence, on signerait toujours le contrat.

Le régime de la communauté fut adopté d'un accord réciproque.

Donc, si Dieu ne venait pas en aide à l’innocence, le baron de Gurgloff et le vicomte Lucien de Moreuil allaient consommer leur odieuse infamie !

Tandis que ces événements s’accomplissaient, Lame-d’Acier se creusait la tête pour deviner quel était le personnage qui pouvait avoir intérêt à faire disparaître le marquis d’Évry

Gontran l’avait lancé à sa recherche, et il accomplissait consciencieusement sa tâche.

L’auxiliaire du lieutenant avait bien deviné, et avait pu même, à l’aide de mille précautions, s’assurer que le malade enlevé au père Grognard avait été rapporté dans les carrières de la Masure du Corbeau-Rouge,

C'était à celle circonstance que Gontran avait fait allusion dans sa lettre à Mlle d’Évry et Lame-d’Acier lui en eût fait part, si la jeune fille eût été moins prompte à le renvoyer.

Cependant, depuis quelques jours, aux allées et venues de Sans-Malice, Lame-d’Acier comprit que le noyé avait quitté la Masure du Corbeau-Rouge. S’il avait eu à veiller sur quelqu’un, Sans-Malice n’aurait point dépensé tout son temps à la Bibine de la rue de Bièvre, qu’il ne désertait plus.

L’or que prodiguait le bandit était encore une preuve que quelqu’un de riche l’avait payé.

Mais, quand il essayait de deviner qui était ce « quelqu’un », Lame-d’Acier se perdait dans les conjectures les plus diverses et les plus invraisemblables.

De guerre lasse, il résolut de s’adresser à M. Polydor, qui savait bien des choses ignorées de tous et qui, en outre, était homme de bons conseils, conseils qu’il ne ménageait et ne refusait jamais à ses clients, ainsi que Lame-d’Acier en avait acquis personnellement la preuve en mainte circonstance.

Un jour donc, il prit à part le père Grognard, qui criait comme une âme en peine depuis la disparition du son « noyé » et éprouvait une douleur au moins égale à celle de Calypso après le départ d'Ulysse.

— Dis, vieux, fit Lame d’Acier, veux-tu que nous allions consulter M. Polydor ?

— Ah ! ma foi, tu as une fière idée. En avant... arche !

Or, ce jour-là, M. Polydor n’avait garde de se trouver rue du Fer-à-Moulin, attendu que, sous le nom de baron de Gurgloff, il signait au contrat de Mlle Aimée d’Évry et de M. le vicomte Lucien de Moreuil.

Pour la circonstance, Aimée avait voulu réintégrer le domicile paternel où s'étaient écoulés les années heureuses de son enfance,

L’hôtel d’Évry était donc, le soir de ce jour mémorable, éclatant de lumières. Les valets, vêtus d’une livrée neuve éblouissante d’or et de galons, allaient et venaient affairés ; les équipages se succédaient rapidement et venaient augmenter la longue file des voitures ; tout le voisinage était mis en rumeur par cet évènement.

Le 13e en littérature

La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

Le raccordement du boulevard Kellermann aux rues Damesme et du Moulin-de-la-Pointe par des rampes à pente douce et par un escalier vers la vallée de la Bièvre fut décidé en 1882 en même temps que l'on décida de porter sa largeur au cabarit standard de 40 mètres.

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Le pont de Tolbiac, en cours de construction depuis 1879, fut grandement endommagé par la grande débacle des glaces de janvier 1880 mais les dégâts furent vite réparés.

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Le 18 novembre 1929, un incendie détruisit le dépôt de chiffons situé à l'angle de la rue Croulebarbe et du boulevard Blanqui. Le feu se propagea aux terrains vagues situés entre la rue Croulebarbe et la rue des Cordelières et détruisit aussi des baraques en planches qui y étaient construites.

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En octobre 1936, une épidémie de diphtérie sévissait parmi les enfants fréquentant les écoles de la rue Daviel et habitant dans l’îlot insalubre de la Glacière. Huit cas dont un mortel étaient établis à la date du 31 octobre.

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La Poste centrale du XIIIe arrondissement, avenue d'Italie