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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 24

24

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


IX
Dénouement
(suite)

Les assistants entouraient les futurs époux dans le salon d'honneur ; le notaire se fit enfin annoncer.

C’était le notaire du vicomte ; du moins le baron de Gurgloff l’avait présenté comme tel.

Me Lebègue déplia un rouleau de papier timbré orné d’une faveur rose, et commença la lecture du contrat.

« L’an, etc., par devant Me Lebègue et son collègue, etc.

» Mademoiselle Aimée - Angèle - Laure d’Évry, d’une part et M. le vicomte Lucien - Gaston de Moreuil, d’autre part, s’engagent à contracter à bref délai, l’union indissoluble du mariage par devant l’officier civil du... arrondissement ! »

Le notaire allait poursuivre sa lecture, lorsqu’il fut interrompu par une voix vibrante qui fit résonner les échos du grand salon et frappa tout le monde de stupeur !

— Depuis quand les enfants contractent-ils mariage sans l’autorisation de leur père ?

Tout le monde se retourna. Le marquis d’Évry entrait lentement.

— Mon père ! s’écria Aimée.

Et, dans la délire de sa joie, oubliant la cérémonie qui s’accomplissait, elle se précipite dans les bras que lui tendait le marquis.

— Chère, bien chère fille ! répétait-il en sanglotant. Dieu soit loué ! j’arrive à temps pour empêcher un scandale et un malheur !

Lucien de Moreuil jugea prudent de s’esquiver.

Quant au baron, certain que les acteurs de ce drame ne l’avaient point reconnu sous la défroque du père Polydor, il paya d’audace et alla droit au marquis. Il s’informa avec intérêt de sa disparition.

M. d’Évry raconta ses aventures dans les plus grands détails. Il termina par cette réflexion :

— Ce petit de Moreuil était une vilaine connaissance, baron !

— Ah ! marquis, répliqua de Gurgloff sans sourcilier, je suis indigné de sa conduite et je me reprocherai toute ma vie d’avoir été la dupe de cet intrigant.

Quiconque l’eût observé en ce moment lui eût vu les lèvres eu sang... Mais qui pouvait se douter ?

— Il a disparu, n’y pensons plus ! conclut le marquis tout à la joie d’être enfin réuni à sa fille.

*
*        *

Nos lecteurs sont impatients, sans nul doute, de savoir comment M. d’Évry avait pu quitter la rue du Fer-à-Moulin, et, bien qu’ils devinent déjà que sa délivrance était due à l’intervention providentielle de Lame-d’Acier et du père Grognard, ils n’en sont pas moins désireux, nous le supposons, d'être mis au courant des particularités de cette évasion.

C’était bien une évasion, en effet, car la veuve Lenoir, la concierge du brocanteur Polydor, préposée à la garde du prisonnier, n’était pas femme à lâcher facilement sa proie.

Nous nous sommes servis avec intention de la qualification de prisonnier, appliquée au marquis, car depuis la guérison, à peu près complète, de son prétendu parent, Monsieur Polydor le faisait passer pour aliéné.

Mme Lenoir tenait donc le malade en charte, privée, ne le laissant sortir sous aucun prétexte, et empêchant, avec encore plus de soin, les indiscrets d’approcher de sa personne.

Par précaution, les croisées avaient été grillées.

Lorsque Lame-d’Acier et le chiffonnier arrivèrent rue du Fer à Moulin, la loge de la concierge était vide ; mais comme ils connaissaient parfaitement le domicile de M. Polydor, il se dirigèrent vers son appartement.

Parvenus auprès de la porte d’entrée, nos deux amis entendirent parler : c’était le marquis, dont la voix suppliante conjurait la concierge, pour la millième fois au moins, mais toujours avec la même insuccès de lui rendre la liberté.

L’ancien assassin et le père Grognard prêtèrent l’oreille.

Il sembla au second reconnaître la voix qui disait :

— Madame, laissez-moi sortir, je vous en prie ! sur mon salut éternel, je vous jure que je ne suis point fou, mais victime d’un complot indigne.

— Bah ! bah ! tous les fous ont cette toquade... Un complot ! je vous demande s’il y a du bon sens :  Grâce à Dieu, M. Polydor est un honnête homme !

— Je veux bien vous croire, madame ; mais peut-être ce M Polydor est-il victime lui-même d’une erreur, à mon sujet ?

— Ah ! vous savez bien que non, puisque vous êtes son parent.

— Son parent ? Je ne le connais pas ; je suis le marquis d’Évry !

— En v’la ben d’une autre ! fit la concierge, en haussant les épaules ; un marquis à présent ! décidément vous êtes bien fou, mon bon homme !

Au nom du marquis d’Évry, Lame-d’Acier tressaillit.

— Tiendrai-je le fil tant cherché ? se demanda-t-il.

Quant au père Grognard, il tira son compagnon par la manche de sa veste et lui glissa ces mots à l’oreille :

— C’est tout à fait la voix de mon noyé !

Mais déjà Lame-d’Acier, n’écoutant plus son camarade, venait de prendre une résolution subite : il carillonnait à la porte d’entrée.

La concierge, croyant à l’arrivée de M. Polydor, entrebâilla l’huis et demanda :

— Est-ce vous, monsieur Polydor ?

Sans se donner la peine de répondre ni de parlementer, le nouveau venu poussa, d’un vigoureux coup d'épaule, la porte qui céda sous le choc et renversa, en s’ouvant avec violence, Mme veuve Lenoir, qui criait :

— Au secours ! à l’assassin !

Sourds à ces cris, sans plus s’occuper de la portière que si elle n’était pas là gisante sur le parquet, les deux assistants coururent à la chambre voisine.

Elle était fermée à clé ; mais la clé était dans la serrure. Lame d’Acier ouvrit sans plus de façons, et aperçut un vieillard, hâve maigre, défait, qui considérait les nouveaux venus avec un étonnement mêlé d’effroi.

— C’est lui ! murmura le père Grognard, c’est mon homme !

— Vous êtes le marquis d’Évry ? demanda Lame-d’Acier au vieillard.

— Je suis le marquis ! répondit celui-ci avec dignité.

— En ce cas, venez ! Vous êtes libre.

Le 13e en littérature

La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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La ruelle des Reculettes

Les Monstres de Paris

par
Paul Mahalin

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...

(1879)

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Le quartier Croulebarbe

Robespierre

par
Henri-Jacques Proumen

Il pouvait avoir cinq ans, ce petit Riquet de la rue Croulebarbe. On lui en eût donné quatre tout au plus, tant il était fluet Son pauvre petit corps se dandinait sur deux longues pattes de faucheux qui prenaient assise dans deux godasses démesurées...

(1932)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

Le raccordement du boulevard Kellermann aux rues Damesme et du Moulin-de-la-Pointe par des rampes à pente douce et par un escalier vers la vallée de la Bièvre fut décidé en 1882 en même temps que l'on décida de porter sa largeur au cabarit standard de 40 mètres.

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En mars 1911, à la suite de nombreuses plaintes déposées par des commerçants de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel. M. Yendt, commissaire de la Salpêtrière, arrêtait et envoyait au dépôt, sous l'inculpation de vol, les nommés Auguste Doré dit Godard, vingt-quatre ans, demeurant en garni rue Grange-aux-Belles, et Pierre Debosse, vingt-six ans, sans domicile.

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La rue du Banquier, ancienne rue, doit son nom au banquier Patouillet qui avait déjà donné son nom au territoire compris entre la rive droite de la Bièvre et les terres de St-Marcel sur le chemin d'Ivry. (Clos Patouillet.)

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Ce fut en 1818 que l’espace compris entre l’hôpital de la Salpêtrière, l’ancien mur d’octroi et le boulevard de l’hôpital et qu’on appelait alors le village d’Austerlitz, fut enfermé dans Paris dont le mur d’enceinte fut reporté plus loin ; ce village ne comptait que trois rues : la grande rue d’Austerlitz, le chemin des Étroites-Ruelles et la rue des Deux-Moulins ; deux autres chemins furent alors convertis en rues sous les noms de rues Bellièvre et Bruant. Sur l’emplacement du village d'Austerlitz, on forma les chemins de ronde des barrières de la Gare et d’Ivry, la place de la barrière d’Ivry, les rues de la barrière des Gobelins, de l’Hôpital général et de Villejuif ; enfin on construisit la barrière d’Ivry et l’abattoir de Villejuif. C’est, nous dit H. Gourdon de Genouillac dans son « Histoire nationale de Paris et des Parisiens, depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours », depuis la suppression des barrières, le quartier de la Salpêtrière.

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La Poste centrale du XIIIe arrondissement, avenue d'Italie