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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 7

7

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé et Paul Vernier
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau-Rouge


III
M. Polydor
(suite)

En effet, le fiacre s’arrêta devant la maison habités par le Juif brocanteur. Celui-ci entrouvrit le rideau de sa fenêtre, et, apercevant une lanterne du véhicule allumée et l’autre éteinte, il abandonna son poste d’observation et dit en se frottant les mains :

— C’est le signal convenu ; tout va bien ! Partons... et surtout du silence !

Un instant après, les deux complices montaient dans la voiture ; Sans-Malice se plaçait en lapin, sur le siège, et François tournait bride, se dirigeant de nouveau, vers la masure du Corbeau-Rouge.

En route, M. Polydor communiqua à son compagnon la réflexion suivante :

— Vous avez bien fait de prêter votre cheval au Carrossier ; sans cette précaution une nuit n’eût pas été suffisante pour terminer notre expédition.

— Pourvu que cette précaution ne nous perde pas !

— Ah ! bah ! il faut avoir foi dans notre étoile ! Et puis, qui le saura i ? Personne !

— Nos acolytes Sans-Malice et Négriot, parbleu ! Il me semble que c’est suffisant.

— Oh ! tous ces gens-là, je les tiens par l’intérêt : je leur rends trop de services pour qu’ils nous dénoncent jamais. Songez donc que, grâce à mon intermédiaire, ils écoulent avec la certitude de l’impunité et du secret toutes leurs marchandises... Je leur suis indispensable, vous dis-je !

— Mais s’ils apprenaient que vous, le baron de Gurgloff et moi, le vicomte Lucien de Moreuil, nous avons eu recours à leur aide, ne craignez-vous pas qu’ils ne profitent de cette découverte pour nous faire « chanter », comme disent ces individus ?

— Soyez sans inquiétude : M. Polydor les mettrait facilement à la raison. Il a pris ses précautions de ce côté-là également.

— Vous avez réponse à tout !

Le cocher ayant rendu la main au stopper, la voiture avait filé comme un trait. Elle était maintenant devant la porte du taudis.

Les deux amis descendirent, et, fidèles au plan concerté ensemble, ils apprirent à Sans-Malice le rôle qu’il devrait jouer, avec son camarade Négriot, dans la tragi-comédie qui se préparait.

— Fus avez gombris ? interrogea le baron de Gurgloff, reprenant le langage et les manières de M. Polydor.

— Parfaitement, M. Polydor ! Flanquer le trac à la petite et nous laisser tanner le cuir par votre ami qui sauvera la jeunesse...

— Drès pien !

— Mais ceci n’était pas dans le programme ; ça vaut un supplément.

— Ah ! prigand ! scélérat ! Tu me raines !

— Voyons, soyez juste ! Puisque c’est une seconde affaire !

— Mais non, mais non ; z’est tuchurs la même avaire !

— Allons, montrons-nous généreux ! fit le vicomte Lucien ; nous irons jusqu'à vingt mille francs, là !

— À la bonne heure ; vous êtes large, vous !

— Ah ! Tarteifle ! fus me meddez sur la baille !

— Bon ! Bon ! il sera malin, celui qui vous ruinera ! observa Sans-Malice en riant... Enfin, c’est dit, pas vrai !

— Zoit ! Mais fus êtes un gorsaire !

— Oh ! soulagez-vous, allez ! insultez-moi, ça m’est égal... où est le poussiez ?

— Voici la moitié de la zomme ! et, ouvrant son portefeuille, M. Polydor y prit une liasse de billets de banque.

Tandis qu’il les comptait, le bandit fit cette remarque :

— Mâtin, j’oserais jamais sortir avec tant de fafiots que ça dans mon sac, moi !

— Oh ! j’ai bas beur ! Augun d’endre fus n’oserait me duer !

— Ca, c’est bien vrai ! Mais si l’on peut un jour se passer de vos services, gare !... C’est pas pour moi que je dis ça, ajouta-t-il vivement.

— Fus burrez chamais fus en basser, chamais, chamais ! répartit le brocanteur qui lui avait lancé un mauvais regard !

Toute cette conversation avait eu lieu à voix basse. Quand M. Polydor eut réuni dix billets de mille, il les remit à Sans-Malice, qui passa religieusement sa part à François, Puis, il descendit dans le souterrain.

Le vicomte et le baron attendirent dans la salle du rez-de-chaussée.

Lorsque Lucien de Moreuil supposa que la scène qui devait se jouer en bas, entre aimée d’Évry et ses ravisseurs était suffisamment animée pour que son apparition fût un coup de théâtre, il s’engagea, à son tour, dans les galeries intérieures, guidé par son compagnon qui paraissait avoir une connaissance parfaite des chemins.

Arrivés près de la cloison en planches, dont nous avons parlé, M. Polydor désigna cet endroit à son jeune ami, en murmurant :

— C’est là !... je vous laisse... surtout jouez bien le personnage du libérateur.

M. Polydor remonta, afin que sa présence étrange en ces lieux, ne fit pas soupçonner la vérité à la jeune fille.

Lucien de Moreuil s’avança de quelques pas. Il entendit la voix de Sans-Malice qui lançait des imprécations horribles, sacrait, jurait et tempêtait. Ne doutant pas un seul instant, que la jeune fille ne fut aux prises avec les bandits, le vicomte s’élança dans le repaire comme un Deus ex machina, en criant :

— Lâches, scélérats ! Laissez libre votre victime, ou vous êtes morts !

En même temps, il tirait un coup de pistolet en l’air. À la détonation, Sans-Malice retourna son visage railleur :

— Rengainez votre joujou, patron dit-il ; l'oiseau est envolé.

— Que signifie cette plaisanterie ?

— Ce n’est pas une plaisanterie ; la jeune fille a disparu.

— Allons donc ! tu te moques de moi !

— Nullement !

— Alors, c’est que tu nous as indignement trompés, M. Polydor et moi ; tu n’avais pas enlevé cette enfant !

— Je vous jure que si ! Elle était là, sur le lit, quand je l’ai quittée pour aller vous prévenir.

— Négriot ne la gardait donc pas !

— Tenez, le voilà, Négriot; il ronfle ; il est ivre-mort !

— Ah ! canaille, vous m’avez dupé ; mais M. Polydor saura bien me venger, lui !

— Qu’est-ce que vous voulez, il n’y a pas de ma faute ! fit Sans-Malice avec philosophie. D’ailleurs, on ne réussit pas toujours.

— Eh ! mais ! qu’est-ce que j’aperçois donc ? dit soudain le vicomte ; et du doigt, il montrait un corps gisant à terre, non loin de celui du pochard.

— Tiens ! tiens ! tiens ! murmura Sans-Malice sur trois tons différents. Eh ! mais, je le reconnais, celui-là; c’est l’Assommeur !... Que diable s’est-il passé ?

Tout en monologuant ainsi, le colosse frottait les tempes de l’autre brute avec le mouchoir du vicomte qu’il avait humecté, au préalable, de quelques gouttes d’eau-de-vie qui restaient dans la bouteille de Négriot.

Lucien de Moreuil remonta pour avertir M. Polydor qui descendit, à ton tour.

— Tarteifle ! il faut inderroger zette animal... Gomme il tarde à revenir à lui !

Les trois hommes restaient là, anxieux, avides, souhaitant que l’Assommeur fût en état de les mettre enfin au courant des avènements.

Pour nous qui n'avons pas besoin d’attendre ce moment, nous allons raconter ce qui s'était passé.

Le 13e en littérature

La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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La ruelle des Reculettes

Les Monstres de Paris

par
Paul Mahalin

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...

(1879)

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Le quartier Croulebarbe

Robespierre

par
Henri-Jacques Proumen

Il pouvait avoir cinq ans, ce petit Riquet de la rue Croulebarbe. On lui en eût donné quatre tout au plus, tant il était fluet Son pauvre petit corps se dandinait sur deux longues pattes de faucheux qui prenaient assise dans deux godasses démesurées...

(1932)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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En 1882, l'ouverture de la rue de Tolbiac entre le carrefour des avenues de Choisy et d'Ivry et le carrefour de la rue Domrémy était achevée.

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La Butte-aux-Cailles culmine à plus de 60 mètres au dessus du niveau de la mer tandis que le point le plus haut du reste du quartier Maison Blanche n'est qu'à 53 mètres. Le vrai point culminant du 13e est en réalité avenue de la porte de Gentilly ou rue Vandrezanne si l'on s'en tient à l'intérieur de l'arrondissement.

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Henri Pape (1789-1875), dont une rue du quartier Maison-Blanche honore la mémoire, était fabricant de pianos. Selon Wikipédia, Henri Pape déposa 137 brevets concernant le piano. Il sera par exemple à l'origine de la garniture des marteaux avec du feutre (1826) et du croisement des cordes, tendues en diagonale, les cordes graves passant au-dessus du plan des autres cordes, afin d'augmenter leur longueur (1828).

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.