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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 8

8

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau-Rouge


IV
Incidents sur Incidents

Nous avions laissé Mlle Aimée d’Évry, près de subir l’étreinte bestiale du satyre, l’entrée soudaine de deux hommes dans la tanière de la Masure du Corbeau-Rouge, avait arrêté le monstre dans la perpétuation de son odieux attentat.

Nos lecteurs l’ont, sans doute, deviné, ces deux nouveaux arrivants n’étaient autres que le jeune homme du pont Saint-Louis et son guide.

Lame-d’Acier avait tenu parole !

En posant le pied sur le seuil de ce bouge, l’inconnu embrassa d’un coup d’œil rapide le spectacle qu’il avait sous les regards et comprit la scène qui venait d'avoir lieu.

Prompt comme l’éclair, il se précipita vers l’Assommeur et tomba sur lui avec la rapidité de l’avalanche. Sans lui donner le temps de se reconnaître, il lui allongea sur la tête, avec la force du marteau frappant sur l’enclume, une grêle de coups de poings que le meilleur professeur de boxe n’eût pas reniés.

Évidemment le nouveau venu était passé maître dans tous les exercices du corps car il tapait avec une science incomparable.

Le colosse, un moment étourdi, reprit bientôt l’usage de ses sens et voulut riposter, mais son adversaire, vigoureux et alerte, ne lui en laissa pas le loisir. D’un revers de botte lancé en plein front, il envoya rouler à terre l’Assommeur, moulu, perclus et évanoui.

Ceci se passa en moins de temps qu’il ne nous en a fallu pour l’écrire, de telle sorte que Mlle d’Évry, surmontant son émotion et revenue tout à fait elle, n’eut plus qu’à remercier son libérateur.

À peine eut-elle levé les yeux sur lui qu’elle s'écria :

— Vous ? c’est vous, Gontran ? vous à qui je dois l’honneur et la vie !

— J’ai fait mon devoir, répondit modestement le jeune homme ; je vous aime mademoiselle ! ma mission n’est-elle pas, de veiller sur vous.

— Oh ! vous êtes mille fois bon, mille fois généreux et vaillant ; merci, Gontran, merci !

— Ah ! je suis payé au centuple du service que j’ai été assez heureux pour vous rendre ! s’écria avec enthousiasme celui que Mlle d’Évry venait d’appeler Gontran.

— Mais demanda la jeune fille avec curiosité, par quel miracle vous trouvez-vous dans cet enfer, à point nommé pour m’arracher à toutes ces angoisses ?

— C’est bien simple ! Ce soir, après avoir dîné en tête à tête avec la comtesse de Maurevailles, ma mère, je me suis rendu, suivant mon habitude, à l'hôtel d’Évry. Vos gens m’ont appris que vous étiez allée avec le marquis visiter la vicomtesse de Courtis, qui était malade. Une inspiration du ciel a dirigé mes pas vers le quai d’Orléans ; et, ajouta-t-il en désignant Lame-d’Acier, sur le pont Saint-Louis, j’ai fait la rencontre de ce brave garçon. Grâce à son aide et à ses indications, j’ai pu découvrir votre retraite et vous délivrer.

Si la pauvre enfant n’avait pas été éprouvée par tant de terribles secousses, si elle avait pu mettre un peu d’ordre dans ses idées, elle n’eût pas manqué de trouver cette explication insuffisante.

Le hasard seul avait ainsi conduit un libérateur vers elle ?

C’était inadmissible.

En effet, le jeune homme ne disait pas tout. Il savait quelque chose qu’il ne voulait pas dire.

Soit qu’il n’eût qu’un vague soupçon que l’événement ne pouvait manquer de corroborer et d’affermir, soit qu’il eût une certitude, il gardait son secret pour lui, décidé qu’il était à agir seul et craignant, dans sa fierté native, de se dégrader à ses propres yeux en dénonçant un infâme qu’il saurait bien châtier sans le secours de personne.

S’il avait veillé sur Aimée, cette nuit-là, avec tant de soin, c’est qu’il avait un motif sérieux et qu’il ne cédait pas seulement à une sorte de devination comme il essayait, pour la seconde fois, de le faire croire.

Au surplus, ces quelques paroles avaient été échangées très rapidement. Les instants étaient précieux.

Ils se dirigeaient, à la lueur vacillante de la bougie, vers l’issue par laquelle ils venaient de passer quelques secondes auparavant.

Tout à coup la jeune fille se prit le front à pleines mains, pâle, égarée :

—- Mais mon père, mon pauvre père, n’en avez-vous pas eu de nouvelles ? balbutia-t-elle.

— N’est-il donc pas ici ?

— Non ! Ils l’ont assassiné ; oui, ils l’ont tué, les lâches qui m’ont enlevée de force.

Et ses sanglots redoublèrent. Toute frissonnante, les dents entrechoquées par la fièvre et l’horreur, elle se tenait serrée étroitement, inconsciemment, contre son sauveur.

— Les infâmes !... Mais où sont-ils donc, ces misérables ?

— En voilà un ! fit Aimée, en désignant du doigt Négriot.

— Au fait, dit Gontran, assurons-nous de ces deux chenapans.

Il se disposait à lier les mains de l’Assommeur avec son mouchoir de poche, et Lame-d’Acier faisait subir à l’autre la même opération, quand des pas précipités retentirent sous la voûte du souterrain.

— Fuyons ! fuyons vite ! s’écria Lame-d’Acier ; si l’on nous surprenait, nous ne sortirions pas vivants de ce coupe-gorge ! Nous avons déjà trop tardé. Nous nous expliquerons plus tard, dehors, affirma-t-il rudement.

— Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! murmura la jeune fille avec terreur.

— N’ayez donc pas peur, mamzelle je connais une issue ; seulement, il faut tricoter des jambes.

Les pas se rapprochaient.

Maurevailles saisit mademoiselle d’Évry à bras le corps et emporta, tout courant, son précieux fardeau.

Guidés par Lame d'Acier, les fugitifs débouchèrent bientôt dans la plaine, près du cimetière appelé : le champ de navets.

À peine nos héros avaient-ils disparu dans les profondeurs du souterrain que Sans-Malice apparut dans le repaire où gisaient à terre les deux gredins sans connaissance.

Ne pouvant réveiller son copain, ni deviner la cause de la disparition de la prisonnière, il donna libre cours aux emportements de son caractère violent. Ce sont ses jurons, ses implications que Lucien avait pris pour un signal convenu.

*

*                      *

Lorsque Aimée revit le ciel, qu’elle aspira l’air vif de la nuit, elle poussa un soupir de soulagement.

Mais peu après, par un revirement subit, le désespoir s’empara de son âme et les larmes inondèrent son visage.

Lame-d’Acier, ému, essuya plus d’une fois, du revers de ses doigts, ses yeux humides ; puis, n’y tenant plus, il balbutia à travers ses sanglots ;

— Sapristi ! que c’est bête de me faire pleurer comme ça ! Voilà que j’ai mes nerfs ! C’est le bouquet.

Gontran, grave, solennel, prit la main de Mlle d’Évry et prononça ce serment :

— Aimée, je jure que votre père et vous-même serez vengés ! Seul, je suffirai à la tâche ; je démasquerai vos persécuteurs et je saurai les punir.

— Oh ! Gontran, Gontran, merci ! J’ai besoin de votre appui ; ne m'abandonnez jamais, je vous en conjure ! Orpheline maintenant, seule au monde désormais, que puis-je sans votre protection, sans votre amitié ?

— Comptez sur moi, Aimée !... Et maintenant permettez que je vous accompagne jusqu’à votre porte; vous ne pouvez revenir seule à Paris.

— Votre bras Gontran ! dit simplement la jeune fille.

Ils se mirent en route.

Lame-d’Acier les suivit à distance.

C’est ainsi que Sans-Malice, Lucien de Moreuil et M. Polydor trouvèrent, dans la masure du Corbeau-Rouge, la place vide.

Cet épisode présentait une particularité lors de sa parution en 1881. La publication du feuilleton avait été interrompue pendant trois-quatre jours et reprenait, avec celui-ci, sans la signature de Paul Vernier.

Le 13e en littérature

Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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La rue Bourgon et la rue du Tage ont été mises en sens unique le lundi 31 juillet 1933.

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C’est en juillet 1938 que fut posée, par le Ministre Jean Zay, la première pierre du stadium universitaire qui allait prendre place à l’angle du boulevard Kellermann et de la porte de Gentilly et auquel le nom de Sébastien Charletty (1867-1945) à l'origine de la Cité Universitaire de Paris, fut donné.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.