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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 9

9

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau-Rouge


IV
Incidents sur Incidents
(suite)

Si tous ces personnages, un peu plus tard, ne se rencontrèrent pas en route, cela tient à cette particularité que Gontran aperçut, près de 1a barrière de l’octroi, un fiacre qui s’en retournait à vide et qu’il héla aussitôt. Le cocher consentit à ramener les voyageurs en ville.

Il peut sembler extraordinaire qu’une voiture se promenât à cette heure de nuit, en pareil endroit ; mais la présence de ce sapin près de la masure du Corbeau-Rouge se rattache à notre récit, et nous allons l’expliquer.

On se souvient que le corps du marquis d’Évry avait été lancé dans la Seine par Sans-Malice et Négriot, ses deux meurtriers qui l’avaient cru mort.

Or, Sans-Malice, ayant frappé la victime par derrière, le couteau était entré au défaut de l’épaule, mais glissant le long de l’omoplate n’avait point lésé le poumon. Néanmoins, une hémorragie interne se déclara, le blessé perdit connaissance, et ne présenta bientôt plus qu’un cadavre à l’œil attentif de ses assassins.

La fraîcheur de l’eau eut pour effet de rappeler à lui, le père d’Aimée. Malheureusement, quand il tenta de remonter à la surface, il sentit au-dessus de sa tête une résistance inaccoutumée : il ne put revenir à l’air libre.

En habile nageur qu’il était, il comprit toute l’horreur de sa situation.

Le froid intense qui sévissait depuis un mois avait assez fortement congelé les eaux du fleuve.

En tombant dans la Seine, la violence du choc, augmentée de la force d'impulsion acquise par la rapidité de la chute, avait bien pu fendre la glace, mais à présent, enseveli sous cette surface trop solide pour ses muscles affaiblis par sa blessure, sans autre moyen d’action que les coups débiles portés avec la tête, le noyé était impuissant à briser l’enveloppe gelée qui le recouvrait et l’écrasait comme une chape de plomb.

Était-il donc fatalement condamné à périr ? Le marquis le crut, car il recommanda son âme à Dieu et n’essaya plus de lutter contre la mort. Il se laissa couler à la dérive.

Soudain, il éprouva une sensation étrange : il lui sembla être transporté dans un milieu moins glacé ; il tâta et se convainquit, en effet, que l’eau était devenue chaude.

Le courant l’avait emporté auprès d’un bateau de bains, dont les garçons de service venaient de vider les baignoires.

L’espace qui l’entourait était encore relativement tiède.

Le naufragé tenta de remonter à l’air et y parvint.

Mais hélas ! à demi asphyxié, épuisé par les efforts surhumains qu’il avait faits précédemment, il ne put se soutenir longtemps hors de l’eau, ni appeler au secours. Il s’évanouit, tournoya un instant, levant ses bras en l’air ; puis, s’enfonça, cette fois, il n’en pouvait plus douter, pour toujours.

Il était bien perdu !

Mais un chiffonnier qui passait, sa hotte sur le dos, près de la berge, avait entendu du bruit.

Sans hésiter, il se précipita dans la Seine, plongea, et enfin ramena le corps inanimé du marquis sur le bord.

Il aurait pu solliciter du secours au bateau-baigneur ; mais il ne le fit pas. Peut-être s’attendait-il à une bonne récompense, et ne voulait-il pas se trouver dans l’obligation de la partager avec d’autres.

Toujours est-il que cet homme connu sous le nom de père Grognard, parce qu’il avait été militaire, ne songea nullement à réveiller les gens du bain et prodigua, seul, des soins au naufragé. Il le dépouilla de ses vêtements humides et l’enveloppa dans une vieille couverture qu’il portait sur ses épaules, à la façon d’un plaid écossais.

Puis, avisant un fiacre qui passait, il demanda à être transporté à La Masure du Corbeau-Rouge, où il avait élu provisoirement domicile. Nous savons, en effet, que les chiffonniers ayant des difficultés au sujet de leur quittance de loyer, allaient chercher un refuge momentané dans les souterrains de la maison.

Le cocher refusa d’abord de charger ce nocturne promeneur qui semblait traîner après lui un cadavre. Mais le père Grognard, ayant trouvé dans les poches du vieillard une bourse bien garnie, eut des arguments irrésistibles. Le cocher céda enfin et se donna les allures d'un automédon humanitaire, car il entoura son consentement de l’observation suivante :

— C’est bien pour rendre service à ce malheureux, allez ! sans ça !...

— Bon ! bon ! file toujours, vieux collignon ! murmura le père Grognard ; connue, la frime !

*

*                      *

C’est ce fiacre que Gontran de Maurevailles eut le bonheur de rencontrer presque à la porte de la Masure du Corbeau-Rouge.

Pendant que la voiture ramenait ses nouveaux voyageurs à Paris et les déposait à l’hôtel d’Évry, rue Saint-Dominique, le père Grognard emportait le marquis toujours évanoui, dans le dédale des souterrains tant de fois parcourus déjà cette nuit-là par nos divers personnages, et qui avaient été le théâtre de tant de péripéties.

Le Chiffonnier, depuis deux jours, s’était installé dans un réduit contigu à la cabine occupée par Mlle Aimée un instant auparavant.

Il avait une faiblesse : l’absinthe. Aussi trouva-t-il un résidu de cette liqueur dans une bouteille ébréchée. Il en frotta les tempes du moribond, lui en versa quelques gouttes dans la gorge à l’aide de la lame de son couteau, qu’il introduisit entre les dents qu’il desserra ainsi, et enfin il frictionna avec soin les membres du noyé.

Ce traitement opéra un certain effet, car le marquis ouvrit les yeux :

— Hélas ! Pourquoi, la providence ne permit-elle pas qu’il les ouvrit plus tôt !

Il eût retrouvé sa fille qui était là, à ses côtés et dont une mince cloison le séparait à peine, il eut entendu la voix de Gontran, et sans doute il l’aurait appelé à son aide.

Mais la fatalité semblait appesantir son doigt de fer sur les malheureuses victimes de cet épouvantable drame !

Quant à ceux de nos lecteurs qui s’étonneraient que le père Grognard fût resté cci et n’eût point cherché à s’enquérir de ce qui se passait, nous leur rappelons qu’il était de tradition, parmi les hôtes de la masure, de ne jamais se mêler des affaires d’un voisin.


Donc, le marquis parut enfin s'animer.

— Où suis-je ? murmura-t-il.

— Pas dans un palais, bien sur ! répliqua son hôte ; mais c’est égal ! il fait meilleur ici que dans la Seine où je vous ai repêché !

— Ah ! oui, je me souviens !

— Allons, je vois que vous en réchapperez.

La conversation fut interrompue par l’arrivée de Sans-Malice et du vicomte Lucien de Moreuil, de l’autre côté de la cloison.

Le nom d’Aimée d’Évry frappa le marquis. Il prêta l’oreille avec attention, eût la force de regarder à travers les interstices des planches et aperçut Lucien de Moreuil.

La surprise du malade fut extrême ; mais il n’y avait pas à douter !

En écoutant les explications fournies par l’Assommeur et tous les autres, il put se convaincre de l’infamie du vicomte.

Mais le récit dont il fut involontairement l’auditeur, lui causa une émotion violente ! Il fut en proie à des spasmes nerveux et éprouva une syncope qui lui enleva l’usage de ses facultés. Il ne cria pas, il s’affala ; une fièvre violente s’empara de lui.

— Allons, bien ! encore une faiblesse ! grommela le chiffonnier ; sacredié ! qu’il y a des gens mollasses dans la Société ! Faut tout de même que je m’occupe de ce particulier-là ! Heureusement, il a le sac, et je tiens le magot... demain je paye mon propriétaire, je transporte le malade à la cambuse et je vas chercher un médecin.

Le 13e en littérature

La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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La Folie Neubourg

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

(1912)

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La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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Le 7 décembre 1930, un beau dimanche, à l'angle de l'avenue des Gobelins et de la rue Philippe- de-Champaigne, le manœuvre géorgien Parmény Tchanoukvadzé, trente-six ans, abattait à coups de pistolet automatique M. Noé Ramichvili, quarante-neuf ans, ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement menchevik de Géorgie, président à Paris du parti Tebanoukvadze social démocrate géorgien, blessant M. Menagarichvili, secrétaire du précédent, qui se portait au secours de son chef.

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La surface du 13è arrondissement est exactement de 714,6 hectares.

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Le 6 juillet 1878, vers onze heures et demie, le sieur L..., charretier, route de Châtillon, altéré par la chaleur, était entré pour prendre un verre de vin, dans un cabaret, rue de l’Espérance, près la rue de la Butte-aux-Cailles. Quand il en sortit, après s’être rafraîchi, il ne retrouva plus son tombereau attelé de deux forts chevaux percherons.
Un audacieux roulotter l’avait emmené.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.