Boulevard de la Gare
La veuve Rigolot a malgré tout de la chance
Le XIXe Siècle — 12 mai 1873
La dame veuve Rigolot est une bonne vieille qui tient, boulevard de la Gare, 6, une baraque pour la vente des journaux. Elle y arrive tous les matins régulièrement à neuf heures, et, comme elle y reste jusqu'à une heure avancée de la soirée, elle y a disposé une sorte de buffet dans lequel elle place des bouteilles de vin et les petites provisions nécessaires pour ses repas.
Informé de ces diverses circonstances, un voleur pénétra hier matin dans la baraque, s'empara d'une somme d'argent qu'il trouva dans le tiroir et fit ensuite un paquet de quelques effets d'habillement appartenant à la marchande, des journaux qui restaient de la vente de la veille, enfin de tout ce qu'il était possible d'emporter.
Il tira alors sa montre et, voyant qu'elle marquait sept heures et demie, il pensa qu'il avait largement le temps de déjeuner.
En conséquence, il visita le buffet. Il y avait un morceau de pâté et du pain dont il fit son profit, puis il donna l'accolade aux bouteilles. Dans cette agréable occupation, les instants s'écoulèrent rapidement et il était huit heures quand il songea enfin à se retirer.
En ce moment arrivait la veuve Rigolot. Toute la nuit elle avait été tourmentée parce qu'elle s'était souvenue qu'elle avait oublié d'emporter le soir son argent, et qu'elle avait l'appréhension d'être victime d’un vol.
Ce pressentiment fit qu'elle s'éveilla de bon matin et que, pour la première fois, elle devança l'heure habituelle de son arrivée à la baraque. Elle y trouva le filou achevant la dernière bouteille et elle cria de toutes ses forces : « Au voleur ! »
Le coquin s'enfuit avec agilité ; mais des gardiens de la paix se mirent à sa poursuite et parvinrent à le rejoindre. Il a été reconnu pour un carroubleur émérite, et, après constatation, le commissaire de police du quartier, chez qui il avait été conduit, l'a envoyé au Dépôt.

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.
La rue du Docteur-Bourneville, voie publique méconnue du 13e arrondissement, débute boulevard Kellermann et se termine avenue de la Porte-d'Italie. Elle honore la mémoire du Docteur Désiré-Magloire Bourneville, né le 20 octobre 1840 à Garencières (Eure), mort le 29 mai 1909 à Paris, médecin aliéniste des Hôpitaux, précurseur de la pédopsychiatrie, conseiller municipal du 5e arrondissement. Il fut l’un des rédacteurs et le signataire du Rapport sur l'insalubrité de la cité Doré et de la cité des Kroumirs établi en 1882 qui fit grand bruit.