Faits divers

 Les chauffoirs publics

Les chauffoirs publics

Journal des débats politiques et littéraires — 18 février 1896

Les chauffoirs publics installés sur différents points de Paris pour les malheureux et ouvriers sans travail ne servent, en réalité, qu'aux malfaiteurs et rôdeurs des boulevards extérieurs. Ils sont ainsi devenus l'asile de tous les gens sans aveu qui en expulsent les vrais pauvres ou parfois leur font subir des traitements ignobles.

Un malheureux colporteur, Eugène Monition, a été hier la victime de ces dangereux individus. Il était entré dans le chauffoir installé sur le boulevard de la Chapelle, près du square. Tout à coup une vingtaine de souteneurs qui se trouvaient là l'entourèrent, et, après l'avoir roué de coups, le déshabillèrent. Puis ils se mirent en devoir de lui couper les cheveux, mais avec une telle brutalité que le malheureux eut en peu de temps la tête ensanglantée.

Aux cris qu'il poussait, des agents accoururent. Les misérables qui l'avaient ainsi traité prirent alors la fuite et il fut impossible de les rejoindre. Monition a été conduit chez M. Mauroy, commissaire de police, qui a adressé un rapport à la préfecture de police.

Peut-être des faits aussi scandaleux détermineront-ils l'administration à supprimer les chauffoirs publics qui ne remplissent aucunement le but que l'on s'était proposé et qui constituent un danger permanent au triple point de vue de la moralité, de la sécurité et de la salubrité publique.


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On a eu beau abattre des maisons, renverser des quartiers, percer des boulevards, faire apparaître le soleil et la lumière dans des parties de Paris que jamais ils n'avaient visitées, on n'a pu détruire absolument le dernier asile vers lequel se réfugie, le soir venu, une population douteuse.

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Saviez-vous que... ?

Le mardi 7 aout 1923, on découvrit 5 squelettes enterrés au coin de la rue Damesme et de la rue Bourgon.

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La maison qui, en 1900, était située au 68 du boulevard d'Italie, servait de dépôt au sculpteur Rodin.

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Le 29 juin 1901, la température atteignit 33° à Paris et ce jour là, vers midi, Mme Louise Lesire, âgée de cinquante- deux ans, demeurant 157, rue Jeanne-d’Arc, fut frappée d'insolation, boulevard Saint-Marcel. Elle mourut dans la pharmacie où on l’avait transportée pour lui donner des soins. (Le Figaro - 30 juin 1901)

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La place des Alpes (boulevard de la Gare, 164, et rue Godefroy, 2) fut ainsi dénommée par arrêté préfectoral du 1er février 1877, à cause du voisinage de la place d'Italie, à laquelle elle est reliée par la rue Godefroy.

L'image du jour

Usine à gaz, avenue de Choisy, rue du Gaz et rue de Tolbiac(1919)
Le site est aujourd'hui occupé par le square de Choisy