Faits divers

 paris-treizieme.fr — Bijouterie « À la Reine Blanche »

Avenue des Gobelins

En plein jour des malfaiteurs défoncent la devanture d’une bijouterie à l’aide d’un cric auto

et s’emparent de 20 bagues ornées de diamants

Le montant du vol dépasserait 300.000 fr.

Les voleurs sont en fuite

Le Populaire — 14 avril 1938

Il était un peu plus de 15 heures. De nombreux passants circulaient avenue des Gobelins toujours très fréquentée à cette heure de la journée.

À l'angle de l'avenue et de la rue de la Reine-Blanche, la bijouterie « À la Reine Blanche » étalait orgueilleusement dans ses sept vitrines de somptueux bijoux.

À quelques mètres, un gardien de la paix réglait la circulation.

Le barman du café d'en face s'intéressait au spectacle de la rue.

À côté de la bijouterie, un marchand de livres, à l'enseigne « La Kermesse », M. Alexis Hulion, attendait les clients.

Un dragon, M. André Malvoisin, incorporé à Metz, actuellement en convalescence, 182, rue Nationale, musait au soleil.

Tout à coup, l'attention du libraire, du garçon de café et du cavalier, fut attirée par l'arrivée d'une automobile, une 7 chevaux traction avant, de couleur noire, qui venait de stopper devant la bijouterie, juste sur le passage clouté.

Aussitôt, un bruit de vitres brisées se produisit. L'auto démarra. Un homme vêtu d'un complet gris, les cheveux rejetés en arrière, paraissant âgé d'environ 25 ans, sauta dans la voiture dont l'allure s'accéléra.

Dans le même temps, un homme surgissait de l'intérieur de la « Reine Blanche » en criant au voleur.

Déjà, le libraire était au volant de son auto, prêt à prendre en chasse les fuyards. Il chargea l'employé de la bijouterie qui venait de donner l'alarme, M. Clément Belin, mais perdit un temps précieux à attendre l'agent. Quand il s'engagea à son tour dans la rue de la Reine-Blanche, la traction avant qui faisait des « queues de poisson » pour se frayer un passage, était déjà loin. Elle disparut rapidement au coin d'une rue transversale.

Les poursuivants avaient cependant eu le temps de relever le numéro : 5723 RL.

Le coup d’audace

Voici ce qui s'était passé : Dans la bijouterie se trouvaient, outre M. Clément Belin, Mlle Tournier et Mme Germaine Miot qui servaient deux clients.

Cliché paru dans le Populaire

Les hardis malfaiteurs, au nombre de trois, qui avaient, jeté leur dévolu sur la vitrine d'angle, s'étaient arrêtés comme nous l'avons dit sur le passage clouté se trouvant devant cette vitrine. Ils se trouvaient ainsi masqués aux yeux des passants par leur voiture, et aux yeux du personnel de la bijouterie par les écrins occupant toute la surface de la vitrine.

L'un d'eux descendit, armé d'un cric d'auto, et d'un seul coup de ce lourd instrument, pratiqua une brèche d'environ 50 centimètres de diamètre. Il n'eut plus alors qu'à avancer le bras pour s'emparer d'un des écrins contenant 4 fûts munis chacun de cinq bagues ornées de magnifiques diamants. Tandis qu'un des complices resté au volant démarrait, le deuxième, resté à l'intérieur, ouvrait la portière et la refermait derrière l’« opérateur » et son butin.

Le bris de vitres avait alerté M. Belin. On sait la suite.

Le montant du vol

M. Marcel Salomon, propriétaire du comptoir « À la Reine Blanche », à qui nous avons demandé à combien il estimait le montant du vol, nous a répondu qu'il ne pourrait se prononcer qu'après inventaire. Mais il semble d'ores et déjà acquis que la valeur des vingt bagues dépasse 300.000 francs.

M. Salomon est couvert par une assurance.

À la poursuite des voleurs

Le numéro de la voiture ayant servi aux malfaiteurs a été transmis immédiatement aux divers services de police. Mais il est à présumer que cette voiture, sans doute volée récemment, aura été abandonnée au premier endroit propice par les voleurs.

L'identité judiciaire a prélevé des empreintes sur la glace brisée ainsi que sur le cric abandonné sur place.

De son côté, le commissaire de police de Croulebarbe entend les témoins.

A. LAMBORAY.

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Saviez-vous que... ?

Le 26 avril 1939 une distribution de sacs de sable était organisée dans le quartier Croulebarbe par la préfecture de la Seine.

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Le XIIIème devait initialement porter le numéro 20 lors de l'extension de Paris en 1860.

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Les travaux du pont de Tolbiac enjambant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans commencèrent le 1er avril 1893.
Le pont fut inauguré par le Président de la République M. Félix Faure, le 15 juillet 1895.

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La place des Alpes (boulevard de la Gare, 164, et rue Godefroy, 2) fut ainsi dénommée par arrêté préfectoral du 1er février 1877, à cause du voisinage de la place d'Italie, à laquelle elle est reliée par la rue Godefroy.

L'image du jour

La mairie du XIIIe