Faits divers

 paris-treizieme.fr — Encore le téléphone (1904)

Encore le téléphone

Le Journal — 23 avril 1904

Nouvel abonné poursuivi. — Un métier où l'on risque trop. — À l'instruction.

M. le juge Cail devra bientôt se consacrer tout entier à instruire les plaintes déposées par l'administration des Postes contre les abonnés qui ont maille à partir avec les demoiselles du téléphone.

C'est ainsi qu'hier, il a interrogé, en présence de Me Louis Schmoll, M. Belloche, fabricant de peinture, rue Campo-Formio.

M. Belloche, tout comme Mlle Sylviac, est inculpé d'outrages à des fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions. Son cas est le même : lassé de demander une communication qu'il n'obtenait pas, il aurait usé à l'égard de l'employée de formules dénuées de courtoisie. Il serait même plus coupable que Mlle Sylviac : celle-ci est prévenue seulement d'avoir proféré le mot « vachère », tandis que M. Belloche aurait employé le nom, non plus de la gardienne, mais bien de l'animal gardé. Cette épithète avait été jusqu'ici réservée — dans la bouche des malfaiteurs — aux gardiens de la paix : les demoiselles du téléphone entendent qu'on ne la leur applique pas.

Au cours de son interrogatoire, M. Belloche a protesté contre les accusations portées contre lui.

— Plusieurs personnes, a-t-il expliqué, parlaient à la fois sur la ligne. Comment l'employée peut-elle savoir que les mots malsonnants dont elle se plaint ont été prononcés par moi ? Il y a son affirmation d'un côté, ma négation de l'autre. Cela me parait constituer à l'accusation une base fragile.

Mais l'employée persiste dans ses dires et se déclare sûre de son fait. Elle a bien reconnu la voix.

Décidément, le métier d'abonné au téléphone devient impraticable. On y court trop de risques et l'on ne sait jamais si la conversation commencée à l'appareil ne s'achèvera pas dans le cabinet du juge d'instruction.


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Saviez-vous que... ?

Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.

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La rue située entre la rue du Château des Rentiers et la rue Nationale fut dénommée rue Deldroux, en 1888.
Deldroux était un canonnier qui, en 1871, préféra, mourir que de rendre sa pièce.

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Le boulevard Arago, le boulevard de Port-Royal et le boulevard Saint-Marcel furent inaugurés le 15 aout 1868. Il en fut de même du boulevard Mouffetard qui n'avait pas encore pris le nom d'avenue des Gobelins.

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Dans l’après-midi du 5 octobre 1883, des agents arrêtaient un individu qui s’apprêtait à prendre un bain dans le bassin de la place d’Italie.
Cet homme prétendait être un diplomate en mission spéciale : « Je suis envoyé par M. Carnot, a-t-il dit, près de l’amiral Avelane, afin de le prémunir contre les dangers qui le menacent et moi aussi. » En même temps, il montrait ses lettres de créances, consistant en un billet de sortie de l’hôpital Sainte-Anne.
Il est vraisemblable qu’il y soit retourné aussitôt.

L'image du jour

Bastion 91 boulevard Masséna

Situé entre les portes d'Ivry et de Vitry, le site du bastion 91 est aujourd'hui occupé par la caserne de pompiers Masséna.