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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 3

3

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


1
Un père improvisé
(suite)

Les agents se hâtaient. En apercevant la malade dont le brigadier éclairait la figure avec sa lanterne, ils dirent :

— C'est une attaque. Dépêchons.

Le corps fut placé sur la civière. Un des agents voulut prendre Miette, la porter.

— Non, dit-elle, il faut que je donne la main à sœur Julie pour la conduire.

Julie, en effet, ne voulait pas suivre les agents et se débattait. Miette lui prit la main et d'une voix ferme lui dit: 

— Allons ! viens ! marche et tais-toi !

Julie se tut et, docilement, suivit.

Miette se plaça près de la civière, cherchant de sa main gauche la main de la malade. On se mit en marche et quoique les porteurs eussent pressé le pas, quoique Julie se fit un peu traîner, l'enfant ne quitta pas d'une semelle sa place auprès de la mourante.

À la porte de l'hospice, une infirmière attendait.

La malade fut portée sur un lit, dans une salle basse.

Miette, tout enlarmes, se cramponnait à la main de la mère Coutard qu'elle tenait pressée contre ses lèvres.

Le docteur entra. Rapidement il examina la pauvre femme ; puis, d'un signe de tête, montrant les enfants à l'infirmière, il lui dit :

— Emmenez-les.

Miette éclata brusquement en sanglots.

— Je ne veux pas ! je ne veux pas quitter maman Coutard. Je vous en prie, laissez-moi ! Elle n'est pas morte, n'est-ce pas ?

— Non, elle n'est pas morte… demain vous viendrez la voir… mais vous ne pouvez pas rester là.

Il fallut l'enlever de force. Une fois dans la cour, l'infirmière dit aux agents :

— Vous allez garder ces enfants, n'est-ce pas ? Nous n'avons pas d'enfants ici.

— Sans doute, dit le brigadier. Demain on verra.

— Comment ! dit Furet, vous allez les emmener au poste ?

— Bien certainement, puisqu'elles ne peuvent pas rester ici. Faut-il les laisser à la rue ?

Miette pleurait à chaudes larmes.

Julie recommençait à crier.

— Diable ! diable ! faisait Furet en se grattant l'oreille. Dites donc brigadier... voulez-vous me les laisser ? Je les logerai chez moi.

— Dame, si ta famille veut les recevoir.

— Ma famille ! oh ! là, là ! La v'là, ma famille ! Je vous la présente au grand complet.

— Alors, qu'est-ce que c'est que ton chez toi ?

— C'est , pas le Louvre, parbleu; mais on n'y crève pas de froid ni de faim. Et c'est ici tout près, dans le clos Jenner... Pour lors, je vas les emmener et demain nous viendrons voir la mère. Vous voulez bien venir avec moi, les enfants, hein ?...

— Oh ! oui, monsieur, je ne veux pas aller avec les gendarmes. Mais nous viendrons voir maman demain, n'est-ce pas ?

— Oui, ma fille oui. Mais, pour le quart d'heure, c'est l'moment d'aller se coucher, vu qu'il se fait tard. Allons ! en route !

Miette se calma, Julie se tut.

— Viens, Julie ! fit Miette ; et elle prit par la main la grande sœur qui, sans mot dire, suivit.

Au moment de sortir, Miette se retourna vers l'infirmière, et avec un sanglot, s'écria :

— Au moins, elle n'est pas morte, n'est-ce pas ?

— Allez, mon enfant, lui fut-il répondu. Vous la verrez demain.

Ils sortirent.

— Pauvres enfants ! se prit à dire l'infirmière. Vous la verrez, oui… mais sera-t-elle vivante encore ?

Une fois sortis, sur le boulevard désert, dans la nuit noire, sœur Julie s'arrêta, disant :

— J'ai peur !

— Je ne veux pas que tu aies peur… nous allons chez nous… marche et ne pleure pas.

Julie obéit. Furet, tout étonné de cet empire si fermement exercé par une enfant toute petite sur l'autre, déjà grande, ne put s'empêcher de questionner.

— Quel âge as-tu, petite Miette ?

— Huit ans, je crois, peut-être un peu plus.

— Et sœur Julie ?

— Oh ! sœur Julie est grande. Elle a treize ans passés.

— Et c'est toi qui gouvernes !

— Oui, parce que sœur Julie ne sait pas… Avant, quand j'étais toute petite, c'était sœur Julie qui était ma petite maman. À présent, depuis l'accident, Julie ne sait plus et la petite ma man c'est moi.

— Quel accident ?

— Ah ! oui, vous ne savez pas… Quand grand père Coutard, papa Coutard et maman Marie ont été tués dans le chemin de fer, l'an passé, Julie était avec eux. Elle a eu un coup… sur la tête, sur le dos… partout… et depuis, elle ne sait plus. Mais elle n'est pas méchante… elle m'aime bien et m'obéit toujours. Mais… dites-moi, c'est loin, chez vous ?

— Tu es fatiguée, ma petite ?

— Oui, monsieur, un peu.

— M'appelle pas monsieur. Appelle-moi Furet.

— Oui, monsieur Furet.

— Non... pas monsieur. Furet tout court. Attends, je vais te porter un peu.

— Oh ! non, ce n'est pas la peine, si ce n'est pas trop loin.

— Nous y sommes dans deux minutes.

— Et votre maman, à vous… elle est à votre maison ?

— Je n'ai pas de maman… je suis tout seul.

— Oh ! pauvre Furet !...

Furet n était point facile à s'émouvoir. Pourtant il se sentit la paupière humide.

— Bon ! v'la qu'il me pleut dans l'œil, fit-il en haussant les épaules… Drôle d'enfant tout de même !...

Au coin d'un mur assez haut qu'on longeait depuis un moment, Furet s'arrêta.

— Bon ! nous voilà tout à l'heure rendus. Seulement la rue n'est pas large, emboîtez-moi le pas, attention de ne pas tomber.

Furet prit un sentier étroit qui s'enfonçait dans un terrain vague. Au bout d'une cinquantaine de pas il s'arrêta, ouvrit une porte dans une clôture.

— Nous voilà chez nous, fit-il.

— Eh bien ! où est-elle la maison ? fit Miette.

— Mais là devant toi. Tu ne la vois pas ?

— C'est pas une maison, ça… Ça semble une voiture.

— Y a de ça ; mais c'est une maison tout de même, et tu vas voir comme on y est bien. Attends que j'ouvre la porte et que je mette l'escalier.

Une clé grinça, puis une allumette pétilla et Furet parut, un bout de chandelle à la main, dans une sorte de baie ouverte à trois pieds au-dessus du sol.

— Tiens, fit-Il, voilà l'escalier pour ceux qui ont les jambes trop courtes.

Et il fit tomber devant Miette une espèce de marchepied à deux marches, Miette monta, tirant après elle sœur Julie.

— Nous voilà rentrés, dit Furet. Et il ferma une sorte de portière.

— Non, pourtant, ce n'est pas une voiture, fit Miette.

— Pas tout à fait. C'en est des morceaux. Mais ça fait une jolie maison, hein ?

Il fallait que Furet vit son domicile avec des yeux de propriétaire pour le trouver joli. Mais si le logement était bizarre il n'en était pas moins assez commode. Cela n'était pas grand et pourtant l'appartement était complet. Derrière une cloison en bois, une niche suffisamment large, faisait chambre à coucher. Il y avait un lit, un vrai lit en fer avec matelas. Des meubles étranges garnissaient l'autre compartiment.

 

Le 13e en littérature

La Butte-aux-Cailles

Le trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

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La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

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Le quartier de la Gare

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

(1908)

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La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

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Un Treizième à découvrir dans...

La criminelle

par
Jules Lermina
(1881)

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)

Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.


La dame de pique

par
Jules de Gastyne
(1906)


Perdues dans Paris

par
Jules Mary
(1908)


Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)


La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé
(1910)

La rue du Dessous-des-Berges

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

La rue des Peupliers

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

A travers la Maison-Blanche

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

La poterne des Peupliers

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

En 1921, le maire du 13ème arrondissement était M. Guerineau. Il possédait une usine de céramique dont les bâtiments s'étendaient du numéro 69 de la rue du Gaz au numéro 172 de l'avenue de Choisy. Cette usine brûla le 26 octobre 1921.

*
*     *

La marché découvert des Gobelins — que l'on appelle aujourd'hui le marché Auguste-Blanqui — remplaça le marché couvert à compter du 9 mai 1898 et, comme maintenant, se tenait les mardis, vendredis et dimanches.

*
*     *

C'est par un, vote intervenu le 19 octobre 1894 que le conseil municipal de Paris décida que la rue Saint-François de Sales perdrait son nom pour prendre celui de Daviel.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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