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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 21

21

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VIII
Le nouveau plan du baron
(suite)

À peine eut-il posé le pied sur le seuil du salon, que Gurgloff comprit, à l’expression du visage d’Aimée, que la jeune fille était impatiente et anxieuse.

Il en induisit qu’elle attendait Gontran.

— Pardon, mademoiselle, dit-il ; veuillez m’excuser si je trouble vos rêves de jeune fille, mais j’ai une communication de la plus haute importance à vous faire.

— S’agirait-il de mon père ? interrogea vivement Aimée.

—- Indirectement ; il est question de vous également.

—Ah !

— Vous attendiez quelqu’un, ce soir, n’est-ce pas, mademoiselle !... Oh ! pardonnez cette question, elle était indispensable !... Mais, du reste, il est inutile que vous y répondiez à présent; j’ai compris, à votre regard, que vous diriez : Oui !

— C'est vrai !

— Eh bien ! mademoiselle, j’ai le regret i de vous annoncer que la personne attendue par vous ne viendra pas !

— Serait-il arrivé malheur à Gontran ? s’écria-t-elle étourdiment.

— Mes conjectures n’étaient point erronées, pensa le baron, et il reprit tout haut :

— M. le comte de Maurevailles se porte aussi bien que possible ; mais si Dieu est juste, demain il ne sera plus de ce monde.

— Expliquez-vous ! monsieur le baron, je vous en prie ! Vos paroles énigmatiques sont une torture... Ah ! tenez, vous me rendez folle !

Tout en parlant, elle déchirait des ongles le mouchoir brodé qu’elle froissait f entre ses doigts.

— Il y a quelques semaines, mademoiselle, poursuivit de Gurgloff qui, dans toute cette conversation, jugeait utile de procéder avec brutalité, il y a quelques semaines, vous avez été victime d’un odieux attentat, M. le marquis d’Évry a disparu...

— Ah ! Vous me rappelez là de cruels souvenirs ! Oh ! pourquoi n’a-t-on pas retrouvé l’auteur de ce guet-apens infâme ; il aurait pu nous fournir des éclaircissements !

— L’auteur est retrouvé, mademoiselle ; il ne viendra pas vous visiter, ce soir.

— Vous dites ? s’écria la jeune fille, qui se leva en sursaut roulant des yeux hagards : vous dites ?

— Je crois savoir que le comte de Maurevailles a machiné votre enlèvement et l’attaque nocturne dont le marquis a été l’objet !

— C’est impossible, monsieur le baron ! C’est impossible ; on vous a trompé !

— Il y a de fortes présomptions ! Vous pourrez en juger vous-même, si vous voulez bien suivre avec attention mon raisonnement.

Alors le baron reprit les faits un à un, et entreprit contre l’officier ce travail d’inductions terribles dont nous lui avons entendu dérouler la nomenclature dans sa conversation récente avec Lucien de Moreuil.

Exploitant avec habileté les moindres détails, il fit entrer le doute dans l’esprit de Mlle d’Évry, et termina son récit par cette remarque :

— N’était l’intérêt que je vous porte, mademoiselle ; n’était le souci de la justice et de la vérité que je professe avant tout, je me serais abstenu de vous communiquer mes observations. Je conçois tout ce qu’elles ont de déchirant pour votre cœur, et Dieu m’est témoin que j’eusse désiré vous épargner cette douleur !

Aimée avait des larmes pleins les yeux.

— Ce que vous m’avez raconté est horrible ! s’écria-t-elle avec désespoir ; une pareille machination serait le comble de l’infamie !

— Hélas ! Je le sais bien, mademoiselle ; mais quoi d’étonnant ! Les jeunes gens aujourd’hui sont si pervers ! Heureusement il en reste de bons, et la conduite de mon ami le vicomte Lucien de Moreuil en est une preuve.

— M. de Moreuil ?

— C’est lui qui, par dévouement pour le marquis, et aussi par affection pour vous, a découvert la trame, à force de persistance dans les recherches et de ténacité dans les investigations ; c’est lui qui a confondu le coupable et l’a contraint à se mesurer avez lui.

— Un duel ? fit Aimée avec effroi.

— Oui, mademoiselle, un duel ! où la Providence prendra en main, je l’espère, la cause du bon droit et de l’amour désintéressé !

— Que Dieu protège le vicomte, dit-elle machinalement ! II fait le sacrifice de sa vie, c’est une preuve d’amitié dont je lui serai reconnaissante. Oh ! Gontran ! Gontran ! Est-ce possible ! Lui ! Lui ! ah ! c’est hideux, murmura-t-elle, soulevée par des spasmes d’horreur et de honte.

— Cette assurance sera pour Lucien une grande consolation.

— Pourquoi M. de Moreuil n’est-il pas venu lui-même ? ajouta-t-elle après un instant do réflexion.

— Un sentiment de convenances l’a roi tenu... Lui, dont vous avez repoussé les hommages, n’a point voulu vous faire part personnellement d’une provocation dirigée contre l’homme que vous paraissiez lui avoir préféré.

— Hélas ! il n’est que trop vrai ! Je m'étais laissée éblouir par les apparences d’un attachement sincère et d’une affection chevaleresque. Et pourtant... Non, non !

— Vous voyez, votre inexpérience s’est laissée prendre à la comédie du sauvetage dans les carrières de la masure du Corbeau-Rouge !

Cette arrivée subite empruntait tous les dehors d'un dévoilent, dont le hasard seul avait guidé les pas.

— Oh ! le fourbe est habile !

— En effet, bien habile, reprit-elle, la lèvre plissés par un rictus de haine... mes souvenirs me reviennent maintenant... Si habile même que, malgré vos révélations, j’ai encore peine à croire...

Elle fut interrompue par l’entrée d’un laquais, porteur d’une lettre qu’il remit à sa maîtresse.

C’était un billet écrit par Gontran qui, ne pouvant venir lui-même sans violer ses engagements, avait envoyé Lame-d’Acier avec un mot.

Voici ce que disait la missive du comte :

« Chère Aimée,
» Votre père existe, j’en suis sûr aujourd’hui.
» Sur le point de pénétrer jusqu’à lui, la fatalité a voulu que le marquis nous fût enlevé par les mêmes coquins qui ont, une première lois déjà, attenté à sa vie.
» Le fidèle serviteur que je charge de vous porter cette lettre vous dira qu'il croit être de nouveau, sur les traces de notre cher malade.
» Je continue mes recherches ; comptez sur mon dévouement et ma tendresse inaltérables.
» Mes deux mains dans les vôtres.
» Gontran »

Le 13e en littérature

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

(1912)

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La rue du Dessous-des-Berges

La dame de pique

par
Jules de Gastyne

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

(1906)

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A travers la Maison-Blanche

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

(1907)

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La poterne des Peupliers

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

(1910)

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La rue des Peupliers

Perdues dans Paris

par
Jules Mary

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

(1908)

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Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

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La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

C'est par un décret en date du 9 septembre 1861 que la rue militaire longeant les fortifications est devenue boulevard de ceinture et c'est en 1864 que les 19 sections de ce boulevard reçurent un nom soit, en ce qui concerne le 13e arrondissement, boulevard Masséna entre la porte de la Gare et la porte d'Italie et boulevard Kellermann entre la porte d'Italie et la porte de Gentilly. Il fallut de très longues années pour que le boulevard Kellermann fut nivellé, viabilisé puis élargi à 40 mètres.

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Le 3 janvier 1920, la cote de la Seine avait atteint 6,36 m à deux heures de l'après midi au Pont d'Austerlitz. Le quartier de la Gare était inondé.

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La rue de Campo-Formio s'est appelée Petite rue d'Austerlitz et, encore avant, rue des Étroites Ruelles.

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Dans les plans de 1860, c'est sur un viaduc long de 800 mètres, composé d'arches de dix mètres d'ouverture et dont la hauteur maxima aurait été de quinze mètres avec des piles évidées à l'aplomb de l'entrevoie que le chemin de fer de ceinture aurait dû traverser la vallée de la Bièvre en offrant une vue magnifique depuis le parc de la Butte-aux-Cailles qui, in fine, céda la place au Parc Montsouris.

L'image du jour

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Bastion 84 à proximité de la porte de Gentilly.