Faits divers

 Une bataille boulevard "Liabeuf" entre Agents et Apaches - 1911

Une bataille boulevard "Liabeuf" entre Agents et Apaches (*)

Le Journal — 6 janvier 1911

À trois heures du matin, boulevard Arago — le boulevard Liabeuf, comme l'appellent maintenant, les apaches du quartier — une fusillade terrible s'est engagée entre agents et rôdeurs, sur l'emplacement même où fut exécuté le meurtrier de la rue Aubry-le-Boucher.

Sept redoutables bandits qui appartiennent à la le bande des Tatoués de la Butte-aux-Cailles n, descendaient bruyamment des hauteurs de la rue Mouffetard où se trouve leur quartier général, pour prendre un « glasse» au bar de « La Boulette » situé à l'angle de l'avenue d'Orléans et de la place Denfert-Rochereau.

Mais « La Boulette », qui n'ouvre qu'à trois heures et demie du matin, pour le passage des maraîchers venant de la porte d'Orléans, avait encore ses volets clos. Ils s'apprêtaient à -mener grand tapage quand survinrent le sous-brigadier Raillard et les agents Minet, Léonard et Émile, du quatorzième arrondissement

Les « Tatoués de la Butte-aux-Cailles » se sentant en nombre, abreuvèrent les agents d'invectives et prirent la fuite. C'est alors que s'engagea une chasse à l'homme aussi mouvementée que tragique.

En un clin d'œil, les malandrins eurent éteint les candélabres. Dans la nuit opaque où se profilait sinistrement la prison de la Santé, ils tirèrent, au hasard, plus de vingt coups de revolver.

— Sortez les « rallonges » ! s'écria l'un d'eux, en tirant de sa poche un couteau.

Les agents ripostèrent et firent feu en Pair, dans le but de jeter l'effroi parmi leurs agresseurs. Pendant près d'un quart d'heure, on n'entendit que le crépitement des balles.

Au milieu d'une mêlée effroyable, on put,  cependant, opérer deux arrestations : celles de Pierre Berg, de nationalité luxembourgeoise, âgé de vingt-quatre ans, demeurant en garni 32, rue Samson, et Émile Berne, dit « la Terreur de la Butte-aux-Cailles »,  âgé de vingt-trois ans, 5, rue Bainville, qui est le chef de cette association de malfaiteurs.

On voyait si peu clair dans ce corps-à-corps que « la Terreur a tira à bout portant deux projectiles sur son acolyte Berg qui, atteint à la main droite et à la hanche, dut être transporté d'urgence à l'hôpital Cochin, où il est consigné à la disposition de la justice.

Berg est un habitué de ces rencontres car il a subi déjà trois fois l'opération de la laparotomie.

Quant à « la Terreur », il a été conduit devant M. Guichard, commissaire de police du quartier Montparnasse, qui, assisté de son secrétaire, M. Le Gai, procéda à son interrogatoire. Berg possède un casier judiciaire qui s'orne de huit condamnations. Son corps est couvert de-tatouages variés. Il porte, notamment, le signe de ralliement de la bande : une étoile, à la joue et à la main gauche. On a trouvé sur lui cinq couteaux à cran d'arrêt et deux revolvers.

Dans la soirée, il a été envoyé au Dépôt.

Le sous-brigadier Raillard, qui arrêtait, la semaine dernière, plusieurs cambrioleurs dans un dépôt de la rue de Vanves, a été grièvement blessé aux mains par le couteau des apaches. Quant à ses agents qui ont essuyé nombre de coups de feu, ainsi qu'en témoignent leurs képis roussis par le frôlement, des balles, ils ont été ainsi que leur chef, vivement félicités par l'officier de paix de l'arrondissement, M. Remongin.

Le service de la Sûreté est lancé à la poursuite des cinq autres « Tatoués » parmi lesquels se trouverait le « Grand Henri », individu très dangereux. Mais on ne possède sur eux que de values indices car « la Terreur » et son complice Berg se sont renfermés dans un mutisme absolu.


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* Géographiquement, cette bataille s'est déroulée sur la partie du Boulevard Arago appartenant au 14ème arrondissement mais a impliqué des ressortissants du 13e.
Pourquoi "Boulevard Liabeuf" ?
Jean-Jacques Liabeuf (né le 11 janvier 1886 à Saint-Étienne), cordonnier condamné pour proxénétisme, faits dont il se déclarait innocent, voulut se venger de ce qu'il considérait comme une injustice en assassinant des policiers, ce qu'il fit dès sa libération en tuant un agent de police du 4e arrondissement le 8 janvier 1910. Repris, jugé et condamné à mort le 4 mai de la même année, son exécution eut lieu boulevard Arago devant la prison de la Santé dans un climat insurrectionnel. Jaurès dénonça cette exécution comme un "crime".

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Alfred Léon Gérault, dit Gérault-Richard, né à Bonnétable (Sarthe) le 11 octobre 1860 et mort à Fréjus (Var) le 7 décembre 1911, journaliste et homme politique socialiste, fut élu député du XIIIème arrondissement en janvier 1895. Il fut battu aux élections de 1898, mais fut réélu deux fois (1902-1906 et 1906-1911) en Guadeloupe, dans des conditions qui ne laissent aucun doute sur leur illégalité.

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C'est sur l'insistance d'Émile Deslandres représentant du 13e arrondissement que le conseil municipal de Paris accepta de conserver le nom cinq fois séculaire des Reculettes à la rue résultant de l'élargissement de cette ruelle si pittoresque.

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Le 1er mars 1932, un incendie ravageait la manufacture de chaussures, Grégoire, fondée en 1864 et qui s'étendait, 8 et 10, boulevard Kellermann, sur une superficie d'environ 5.000 mètres carrés, dont les trois quarts occupés par les ateliers et les bureaux, le reste étant formé de hangars.
Selon l’Humanité, le veilleur de nuit, M. Létrangleur, ne remarqua rien lors de sa ronde, à 18h20, après la sortie des ouvriers mais à 19 heures tout brulait. L’usine fut quasiment anéantie et 300 ouvriers furent au chômage mais l’usine renaitra de ses cendres.

L'image du jour

Usine à gaz, avenue de Choisy, rue du Gaz et rue de Tolbiac(1919)
Le site est aujourd'hui occupé par le square de Choisy