Faits divers

 On n’a pas encore retrouvé l'assassin de Suzanne Barbala - Le Journal — 2 octobre 1922

On n’a pas encore retrouvé l'assassin de Suzanne Barbala

Le Journal — 2 octobre 1922

C'était jour de marché, hier matin, avenue d'Italie.

Le cinéma Madelon, 174 avenue d'Italie - Cliché paru dans Excelsior

Devant le petit cinéma Madelon, comme jeudi dernier, lorsqu'on découvrit l'atroce crime, marchands et acheteurs ont causé longtemps, échafaudé mille hypothèses.

Et toujours cette question revenait : « Est-on près de le tenir ? » Et l'on ajoutait : « Dire que cet homme respire et qu'il peut vivre avec le souvenir de son forfait ! »

Un parent de la pauvre petite Suzanne est venu aux nouvelles. Lui aussi croit que l'homme est un familier de la maison, mais il ne s'explique pas comment la petite l'a pu suivre.

Dans l'après-midi, le petit établissement a ouvert ses portes. Il pleuvait ; beaucoup de gens sont entrés et de nouveau sur l'écran ont paru les personnages de tragédies fictives. Ainsi va la vie ! Point de fait nouveau pour ce qui est de l'enquête. Des pistes vagues, des soupçons, des hypothèses, la justice en est toujours là. La tâche à accomplir est ardue, on en conviendra.

En déposant son funèbre colis dans un cinéma, l'assassin a rendu, en effet, les recherches très délicates. Comment espérer le retrouver parmi tous ceux qui peuvent fréquenter un établissement situé non loin de la zone et sur une avenue très passante ? On en revient, toujours à penser que le crime a été accompli par quelqu'un dont les allées et venues au cinéma ne pouvaient être suspectées.

Certains pensent que le meurtre a eu lieu au cinéma même, mais cela ne paraît guère possible.

En effet, l'exiguïté du réduit où a été retrouvé le cadavre, l'obligation pour l'assassin d'aller chercher des outils — qu'il n'avait pas sur lui de toute évidence — pour accomplir son horrible découpage, le temps nécessaire à un pareil forfait ; l'absence de sang le long des murs, ne permettent pas de croire à une semblable hypothèse. Aussi bien, la justice qui ne veut rien laisser au hasard, a décidé que de la terre serait prélevée dans le réduit et examinée.

Cette analyse établira de façon indiscutable si l'assassinat a été ou non perpétré sous le plateau. Si la pauvre enfant a été dépecée là, son sang a dû inonder la terre ; on en retrouvera facilement la trace.

Dans la matinée d'hier, M. Oudin, beau-père de Suzanne Barbala, s'est présenté à la police judiciaire. Il a déposé une plainte régulière contre le faux détective Viguier dont nous avons annoncé l'arrestation, hier, à Vincennes.


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La place Valhubert porte le nom du général Jean-Marie Mellon Roger, plus connu sous le nom de Jean-Marie Valhubert (également orthographié Walhubert) qui fut tué à la bataille d'Austerlitz. Celui-ci a sa statue à Avranches.

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La rue du Tibre, dans le quartier Maison-Blanche, a été ouverte sur l'emplacement d'une voirie d'équarrissage, elle a porté le nom de rue de la Fosse-aux-Chevaux, puis du Tibre, à cause de la Bièvre autour de laquelle ont été groupés des noms de fleuves.

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Le 29 juin 1935, Boulevard de la Gare, Mme Berthe Caudin, âgée de 76 ans, demeurant 17, place Pinel, traversait la chaussée sur un passage clouté, lorsqu'elle fut renversée par un motocycliste, Marcel Sage, demeurant 174, rue du Château des-Rentiers. Relevée grièvement blessée, Mme Caudin fut conduite à l'hôpital de la Pitié.

L'image du jour

Le regretté bassin et son jet d'eau du square de la place d'Italie