Faits divers

 Drame du revolver aux Gobelins - 1913

Drame du revolver aux Gobelins

Après avoir voulu tuer son amie, un jeune homme a tenté de se suicider.

Le Petit-Journal — 3 mai 1913

Un drame passionnel s'est déroulé, hier, vers midi un quart, dans une chambre de l'hôtel du Nord, 13, rue des Gobelins.

La rue des Gobelins vue depuis la rue des Marmousets

À cette adresse habite depuis près de six ans, une jeune femme de vingt-deux ans, Mlle Georgette Ménard, giletière. En l'absence de son ami, parti au régiment en 1911, la jeune femme recevait fréquemment la visite de jeunes gens qui subvenaient en partie à ses besoins. Parmi ceux-ci se trouvait un jeune métreur, Louis Sylvestre, âgé de 23 ans, demeurant avenue des Gobelins.

Louis Sylvestre était très épris de Georgette Ménard, dont la beauté l'avait séduit, et à plusieurs reprises il l'avait engagée à quitter son hôtel pour venir vivre avec lui, mais elle avait toujours refusé à cause de son ami dont elle attendait avec impatience le retour du régiment.

C'était la seule raison qu'elle invoquait car elle ne cachait pas ses sentiments d'affection pour le jeune homme, assez joli garçon.

Mais, ces temps derniers, le métreur devint plus pressant et finit par lasser la jeune femme qui lui déclara qu'il fallait cesser bientôt leurs relations. Louis Sylvestre n'en continua pas moins à venir de temps à autre lui rendre visite.

Hier matin, Georgette Ménard, qui avait invité une amie à déjeuner avec elle, se trouvait dans sa chambre, quand la porte s'ouvrit brusquement et le jeune homme parut dans l'encadrement ; lui si calme d'ordinaire paraissait en proie à un énervement extrême et son attitude laissait sup poser qu'il se trouvait en état d'ivresse.

Il répondit assez brusquement au bonjour amical des deux jeunes femmes et recommença aussitôt à supplier Georgette Ménard de venir vivre avec lui ; très affectueusement, la jeune femme refusa ; comme le métreur insistait fébrilement, elle essaya de le calmer, mais ne pouvant y parvenir, elle lui dit gentiment :

— Va-t'en, tu reviendras quand tu seras plus calme.

Ces mots eurent le don d'exaspérer le jeune homme qui frappa celle qui venait de les lui adresser d'un violent coup de poing au visage. En riant et ne prenant pas au sérieux le geste brutal du métreur, elle lui dit en se dirigeant vers la fenêtre :

— Ne continue pas ou j'appelle l'hôtelier.

A ce moment, un coup de revolver retentit, bientôt suivi de trois autres. Atteinte à la tempe gauche, derrière l'oreille, et au bras, Georgette Ménard s'abattit comme une masse.

Croyant l'avoir tuée, Louis Sylvestre voulut se faire justice et se tira une balle dans la tempe droite. À son tour il s'écroula sur le plancher.

Cependant la jeune femme qui se trouvait dans la chambre de Georgette Ménard s'enfuyait rapidement en poussant des cris de terreur.

Le patron de l'hôtel, suivi de locataires, monta rapidement dans la chambre où le drame venait de se produire. Il recula épouvanté devant le terrifiant spectacle qui s'offrit à sa vue : étendue près de la fenêtre et perdant son sang en abondance par deux horribles blessures à la tête et deux autres au bras gauche, la jeune femme gisait inanimée ; près d'elle, à pieds, le métreur était étendu, la face contre le plancher, tenant encore son revolver dans sa main.

Des gardiens de la paix, requis, transportèrent aussitôt les deux blessés dans une pharmacie, d'où, sur les conseils qui leur furent, donnes, ils les conduisirent dans des voitures à l'Hôpital Cochin où leur état, fut jugé des plus graves.

Tous deux furent immédiatement, placés sous le chloroforme et menés à la salle d'opérations, où M. Guebet, chirurgien, fit subir l’opération du trépan à la jeune femme qui ne tarda pas à tomber dans le coma ; on désespère de la sauver.

Le-praticien, après avoir sondé et nettoyé la blessure du jeune homme, remit à plus tard l'extraction du projectile.

M. Yendt, commissaire de police du quartier de la Salpêtrière, accompagné de son secrétaire M. Leroy s’est rendu sur les lieux pour procéder à une enquête et établir les phases du drame qui a causé dans le quartier une très vive émotion.


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Saviez-vous que... ?

Le 11 septembre 1888, à la fête des Gobelins qui se tenait place d'Italie, le dompteur Edmond Pezon (de la célèbre famille Pezon) faillit être dévoré par le lion Roland.

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Le 3 janvier 1920, la cote de la Seine avait atteint 6,36 m à deux heures de l'après midi au Pont d'Austerlitz. Le quartier de la Gare était innondé.

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La société des fourneaux de Saint-Vincent de Paul, le 5 novembre 1897 ouvraient, comme chaque année, ses fourneaux (au nombre de 26 en 1897) qui restèrent ouverts jusqu’au 30 avril 1898, tous les jours non fériés, de huit heures à onze heures du matin. Trois d'entre eux étaient situés dans le 13ème : 45 rue Corvisart, 35 rue de la Glacière et 87 bis rue Jenner.
Avec un bon de dix centimes, les malheureux recevaient une portion de pain, bouillon, viande, légumes, etc. enfin, de quoi se réconforter.
Ces établissements charitables étaient dirigés par les Sœurs.

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En janvier 1910, c'est Mlle Rose Boyer, une délicieuse blonde de vingt et un ans, qui exerçait la délicate profession de brodeuse, et qui demeurait 12, rue de l'Espérance ainsi que le précisait Le Journal, qui fut élue Reine du 13e arrondissement par l'Association artistique dudit arrondissement, affiliée au comité des fêtes de Paris, et ce, au théâtre des Gobelins.

L'image du jour

Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920