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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 14

14

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VI
Où la connaissance continue à se faire
(suite)

Gontran était grand de taille ; ses muscles, solidement dessinés, dénotaient la force physique.

De fait, au régiment, il n’avait pas son égal à tous les exercices du corps.

La boxe, le chausson, le fleuret lui étaient familiers.

On lui avait vu soulever, à bras tendus, des poids de cinquante kilos, sans que son visage trahit l’ombre d’une contraction.

Les troupiers d’Afrique disaient :

— C’est un rude gaillard, le lieutenant ! il ne ferait pas bon se frotter à lui.

On a en un échantillon de la vigueur physique du comte, lors de l'incident du pont Saint-Louis et de l’attaque dont il avait été l’objet.

Sa naissance donnait au comte ses entrées dans les salons les plus aristocratiques ; comme il ne fuyait pas la bonne compagnie, il usa volontiers des facilités qui s’offraient à lui pour le choix de ces relations mondaines.

C’est ainsi qu’il alla souvent chez le marquis d’Évry où il lia connaissance avec Mlle Aimée.

Nous le savons déjà, la jeune fille comptait dix-huit printemps ; son père, qui s’était marié tard, était déjà avancé en âge et n’aspirait qu’à l’heureux moment où il pourrait confier à un honnête homme l’avenir de son enfant adorée.

Le marquis n’avait qu’une crainte, celle de laisser seule sa fille chérie qu’une mort prématurée avait privée de sa mère.

Le baron de Gurgloff nous a appris également que la future marquise d’Évry était la plus riche héritière de France ; on évaluait sa fortune à cinquante millions !

Ce ne fut sans doute point-là le motif ; qui attira, de prime abord, Gontran de Maurevailles vers la jeune fille ; non ! il se sentit entraîné vers elle par un élan irrésistible.

Quand il la vit pour la première fois, l’effet fut foudroyant : il l’aima ! Il se rapprocha d’elle, comme mû par la puissance d’un aimant invisible.

Peut-être était-il séduit par les contrastes ! De fait, l’aimable personne possédait la finesse aristocratique des membres, la sveltesse de la taille et des formes, avec une figure mignonne, mais jolie, jolie au possible ; sur son visage régnait une pâleur langoureuse qui la rendait encore plus intéressante. Elle avait, on outre, un air mélancolique qui lui seyait à ravir.

Rien d’étonnant à ce que cet ensemble fit impression sur un homme dont le physique était l’opposé du portrait que nous venons d’esquisser à grands traits. La nature humaine a de ces bizarreries !

Quoi qu'il en soit, Gontran de Maurevailles était éperdument amoureux de Mlle Aimée d’Évry. Néanmoins, jamais il n’osa lui déclarer son amour, de peur d’effrayer, de blesser cet ange de pureté. Mais sans que l’officier s’en doutât, sans qu’il l’eût même soupçonné, il se trouvait payé de retour.

En effet, dès la première apparition de Gontran dans les salons de son père, la jeune fille ressentit, elle aussi, cette commotion électrique qui signale l’irruption de l’amour dans un cœur encore vierge.

Mais elle était trop bien élevée pour laisser entrevoir à qui que ce fût l’état de son âme.

Donc, Gontran et Aimée s’adoraient, à l’insu l’un de l’autre.

La première lueur de tendresse qui les éclaira tous les deux, s’alluma dans l’entrevue qui eut lieu si inopinément à la Masure du Corbeau-Rouge. Là, Aimée eut un éclair de passion , quand elle s’écria :

— Vous ? C’est vous, Gontran !

De son côté, le lieutenant, emporté par l’élan de la joie, par la force même de la situation, laissa échapper l’aveu qu’il n’eût autrement jamais risqué.

— Je vous aime, avait-il dit, ma mission n’est-elle pas, dès lors, de vous protéger ?

Cette double exclamation fut l’étincelle qui alluma pour eux le flambeau de la vérité.

Cette digression nous a fait perdre de vue, un instant, le baron Lucien de Moreuil. Revenons à ces deux personnages que nous allons retrouver très inquiets du succès de leur ténébreuse machination et fort mécontents du refus opposé par Mlle d’Évry à la demande en mariage présentée par de Gurgoff au nom du vicomte.

Les deux acolytes n’ignoraient point que le marquis, quoi qu’il en eût, respecterait la volonté de sa fille. En conséquence, le baron, en homme pratique, déclara qu’il était nécessaire de dresser de nouvelles batteries. C’est à la suite de ces pourparlers, que fut adopté le plan d’enlever la jeune fille et de se débarrasser du père. Le baron soupçonnait l’existence d’un amoureux et il ne voulait point laisser à cet intrus le temps de leur couper l’herbe sous les pieds, suivant la métaphore vulgaire.

On sait quel fut le résultat de cette double tentative. Les projets machiavéliques des deux coquins furent renversés, anéantis, par l’intervention providentielle de Gontran de Maurevailles.

Après la disparition du marquis et le dénouement des péripéties auxquelles nous avons assisté, Mlle d’Évry se réfugia chez sa parente, la vicomtesse de Courlis.

Croyant fermement à la mort de son père, elle avait pris le deuil.

Quant à Gontran, persuadé, au contraire, que le marquis était encore vivant, il s’opposa à ce qu’on dénonçât les faits à la justice et préféra laisser libres Sans-Malice et Négriot dont Lame-d’Acier avait promis de tirer des éclaircissements et peut-être des révélations complètes.

— Si nous les faisons arrêter, avait dit Gontran, ils ne parleront pas !

— Agissez comme vous l’entendrez ! avait acquiescé la jeune fille.

— Voyez-vous, mademoiselle, ajouta le lieutenant, ces gredins garderont le silence avec d’autant plus d’obstination, que je les soupçonne d’être des instruments entre les mains de misérables qui les payent.

— Mais vous m’y faites songer, Gontran ! Lorsque j’ai essayé, dans les souterrains de la Masure, de les tenter par l’appât d’une somme d’argent, afin de recouvrer ma liberté, l’un de ces deux hommes a repoussé mes propositions en me disant qu’il s’était engagé à me livrer à un certain personnage.

— Son nom ! Son nom !

— Attendez !... Non, j’ai beau chercher, je ne me souviens plus.

— Oh ! je tous en prie, faites un appel suprême à votre mémoire !

— Impossible !... Que voulez-vous ! J’étais si troublée, ce nom m’a échappé.

— Ah ! c’est décourageant !

— Ah ! Gontran, est-ce que déjà votre résolution faiblirait !

— Pardonnez-moi, Aimée ! Non, je ne suis point découragé ; non, les obstacles ne me rebuteront pas ! Je poursuis mes recherches avec la ténacité du dévouement le plus absolu !

Le 13e en littérature

L'octroi de la porte d'Italie

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Grâce à l'or du faux baron de Roncières, Paul apporta l'abondance dans la maison de la rue du Moulinet.
On y fit une noce qui dura huit jours.
Perrine avait déserté son atelier de blanchisseuse. Elle tenait tête aux deux hommes, le verre en main.

(1894)

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De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.

(1912)

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La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

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L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

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La rue du Banquier

Madame Gil-Blas

par
Paul Féval

Le fiacre tournait court l'angle de la rue du Banquier.
Cela s'appelle une rue, mais c'est en réalité une manière de chemin pratiqué entre des murs de jardins. Il n'y a pas une âme en plein jour.

(1856)

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La Barrière des Deux-Moulins

Les Chifffonniers de Paris

par
Turpin de Sansay

En suivant les rues Saint-Victor, du Marché-aux-Chevaux et de Campo-Formio, on arrivait à la barrière des Deux-Moulins, située de l'autre côté du boulevard extérieur.

(1861)

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La Barrière des Deux-Moulins

Causerie d'un camarade

par
Jean Loyseau

Allez un dimanche, ou , même , un lundi soir , du côté de l'ancienne barrière des Deux-Moulins : regardez, respirez et écoutez, si vous en êtes capables , tout ce qui frappe à la porte de vos cinq sens : votre odorat percevra je ne sais quelle odeur nauséabonde et méphitique, dans laquelle se mêlent indistinctement la fumée de tabac ; les exhalaisons du cabaret, qui forment , à elles seules, tout un arsenal d'infection...

(1862)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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La rue Damesme doit son nom au général Edouard-Adolphe-Déodat-Marie Damesme né en 1807 à Fontainebleau qui fut mortellement blessé lors les événements de juin 1848. Elle porte ce nom depuis 1868 et s'appelait auparavant rue du Bel-Air

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Le 7 juillet 1909, à la suite d'un orage subit qui éclatait vers 10 heures, un tuyau de cheminée en tôle tombait sur une marquise en verre dans la cour des écoles de la rue Fagon. Des éclats de verre blessaient légèrement cinq élèves qui étaient en récréation.

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Le 24 décembre 1883, la presse quotidienne faisait part du décès du « père Moreau » âgé de 100 ans et 3 mois, présenté comme le doyen des chiffonniers, en son domicile du 22 de la rue du Moulinet qu’il occupait depuis plus de 40 ans.
Il était mort d’inanition depuis 5 à 6 jours et son corps était d’une maigreur telle que la peau ressemblait à un vieux parchemin.
Des journaux rapportèrent que l’on trouva dans ses affaires un sac de toile rempli de pièces d’or.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.