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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 15

15

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


VI
Où la connaissance continue à se faire
(suite)

— Merci, Gontran ! Je suis injuste… Mais dites-moi, à travers ces recherches, êtes-vous parvenu à réunir des indices qui confirment l’existence du marquis !

— Peut-être !

— Mon père serait vivant ! Oh ! Gontran, parlez ! racontez-moi ce que vous avez appris ! Vite, de grâce !

— Aimée, je ne voudrais pas vous causer une fausse joie, la déception ensuite serait trop cruelle ! Je n’ai encore que des présomptions, permettez-moi donc de garder le silence jusqu’à ce que je tienne une certitude.

Fidèle à son système de mutisme, il craignait qu’un mot échappé par mégarde à son amie ou à lui-même ne donnât l’éveil à ses ennemis, et il se reprochait comme une imprudence l’aveu qu’il venait de faire de ses soupçons sur l’existence d’une main occulte, inconnue, il est vrai, qui dirigeait cette odieuse machination.

— Soit ! je respecterai le secret de vos recherches, mon ami ! répondit Aimée.

Lame-d’acier, en effet, avait fourni à son protecteur des indications vagues, soit, mais suffisantes pour permettre au lieutenant d’entrevoir la vérité.

Lame-d’acier, en vidant un canon sur le zinc, avec le père Grognard, avait été instruit par son compagnon, qui n’en faisait point, du reste, un mystère, que celui-ci avait repêché un noyé dans la Seine, qu’il le veillait dans son ancien logement de l’avenue d’Italie où il s’était de nouveau installé, et enfin qu’à force de soins il espérait le sauver.

Mais lorsque Lame-d’acier demanda au père Grognard de lui montrer le malade, le chiffonnier refusa, Lame-d’acier insista ; l’autre fut inflexible.

— Ah ! ah ! toi aussi, tu voudrais partager la récompense ? dit-il ; oh ! mais nisco mon vieux ! je l’aurai tout entière pour moi.

Ce propos rapporté à Gontran de Maurevailles, l’endroit où le noyé avait été retiré de l’eau, la nuit où cet évènement avait eu lieu, toutes ces particularités enfin coïncidaient si parfaitement avec la disparition du marquis, que l’officier conçut l’espérance que ce pourrait bien être celui qu’il cherchait.

Puis, par induction, il arriva à se convaincre qu’un même chef avait tenu les fils de toutes ces infamies.

Si, en effet, d’obscurs scélérats avaient eu l'intention de rançonner le marquis, pourquoi l’avoir frappé ? n’était-il pas plus simple et plus avantageux, à la fois, de l’enlever et de le séquestrer comme on avait fait de sa fille ?

Sur ce point, le récit d’Aimé avait confirmé les soupçons du lieutenant. C’était bien pour le compte d’un autre que Sans-Malice et Peau-de-Fer l’avaient enlevée.

Il existait donc un être aussi fourbe que criminel qui avait machiné l’attentat ?

Mais qui !

S’il allait se tromper !...

Aimée n’ayant pu se remémorer le nom de M. Polydor, Gontran se perdait en conjectures, mais ne devinait pas. Ce qu’il pensait était tellement monstrueux qu’il avait honte de cette idée comme d’une mauvaise action. C’était impossible !

— Ah ! c’est que Lucien de Moreuil et le baron de Gurgloff jouaient serré. Rien, absolument rien, jusqu’ici, n’avait pu mettre le lieutenant sur leur piste.

Si Mlle d’Évry avait révélé que le vicomte, jadis, avait recherché sa main, peut-être cette particularité eût-elle éveillé l’attention perspicace de l’officier, mais la jeune fille avait gardé toujours le silence sur les avances et les hommages repoussés par elle.

En cela, elle croyait épargner un chagrin à l’homme qu’elle aimait; et, pour ce motif, elle se taisait.

Mais si Gontran n’avait pas de soupçons, de Gurgloff et Lucien possédaient, eux, me certitude qu’ils avaient acquise dans la Masure du Corbeau-Rouge.

En effet, lorsque l’Assommeur eût repris ses sens, il fournit à M. Polydor et à son ami des indications qui ne laissèrent, dans l’esprit des deux complices, aucun doute sur l'identité du comte de Maurevailles.

— Vous le voyez, murmura le faux M. Polydor à l’oreille de son associé, j’avais deviné juste ! Un amoureux sous roche, c’était immanquable !

— La partie est-elle donc perdue ! interrogea Lucien de Moreuil anxieusement.

— Pardieu, non ! au contraire, jamais elle ne m’a semblé plus belle.

— Bah !

— Vous verrez, j’ai un plan !

— Ah !

— Un plan superbe ! Ah ! La lutte, j’adore ça, moi ! Venez, Lucien !

Ils partirent.

À la porte, ils trouvèrent François-le-Carrossier, qui les déposa rue du Fer-à-Moulin.

Il était au moins quatre heures du matin, mais, en hiver, le soleil se lève tard.

La voiture fut congédiée.

M. Polydor, à peine entré dans son appartement, se transforma complètement ; et, en un tour de main, apparut sous les traits du brillant baron de Gurgloff.

— Allons nous-en, fit-il.

—Mais si la potière nous aperçoit ! observa Lucien avec inquiétude.

— Enfant ! tout est prévu ! Enjambons la croisée, et filons.

Comme l’appartement occupé par M. Polydor était situé au rez-de-chaussée, le départ ne présenta aucune difficulté.

Le matin, Mme veuve Lenoir, la concierge, en constatant l’absence do son locataire, émit cette réflexion judicieuse :

— Quel bûcheur, ce père Polydor ! II est déjà sorti !... Peut-être est-il parti en voyage, comme c’est assez son habitude... Je vas tout d’même faire son ménage.

VII
Idylle et drame

L’idylle amoureuse commencée dans les souterrains de la Masure du Corbeau-Rouge, entre Aimée et Gontran, devait fatalement se continuer, comme bien on pense.

Les deux jeunes gens, épris l’un de l’autre, ne s’en tinrent pas à la déclaration fortuite de leurs sentiments intimes, que le hasard avait amené. Cette première manifestation de leur amour fut suivie d’autres plus vives.

L’hôtel de Courtis, où Aimée avait cherché un refuge auprès de sa tante, fut témoin des engagements solennels prie par Gontran de Maurevailles.

Un soir, dans le grand salon, tandis que la vieille vicomtesse se laissait aller au sommeil, le lieutenant rapprocha sa chaise du fauteuil de Mlle d’Évry, et tout bas lui dit avec passion :

— Aimée, permettez-moi d’interrompre un instant votre douleur pour vous parler de moi, de nous !

— De nous ?

— Depuis le fatal événement du 15 janvier, vous connaissez l’état de mon âme. Les circonstances m’ont arraché un secret que je tenais religieusement fermé dans mon cœur.

— Gontran, je vous en prie !

Dans cet épisode apparait bizarrement le nom de "Peau-de-fer". L'auteur devait penser à Négriot en fait.

Le 13e en littérature

A travers la Maison-Blanche

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

(1907)

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La poterne des Peupliers

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

(1910)

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La rue des Peupliers

Perdues dans Paris

par
Jules Mary

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

(1908)

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Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

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La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

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La Butte-aux-Cailles

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

(1910)

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Le quartier de la Gare

Monsieur Lecoq

par
Émile Gaboriau

Le 20 février 18.., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d’agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l’ancienne barrière d’Italie.
La mission de cette ronde était d’explorer ce vaste quartier qui s’étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu’aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu’ont aujourd’hui les carrières d’Amérique.

(1869)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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Le premier coup de sonde du puits artésien de la Butte-aux-Cailles a été donné le 28 août 1866.

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C'est en juillet 1905 que le nom de Paul Verlaine (1844-1896) fut donné à la place du puits artsésien dans le 13e arrondissement.

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Jusqu’à la fin des années 1920, la rue de la Fontaine-à-Mulard commençait avenue d’Italie, s’interrompait rue Damesme et reprenait rue de la Colonie pour se terminer définitivement place de Rungis. Il y avait près de 500 mètres entre le n°2 et le n°4.
Le tronçon compris entre l’avenue d’Italie et la rue Damesme devint la rue du Dr Laurent.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.