Faits divers

 Drame de la place Pinel 2 - 1935

Vingt ans de travaux forcés pour avoir tué une femme à coup de hachette

Excelsior — 23 juillet 1935

Puisatier âgé de cinquante-trois ans, Louis Pruvot est un ivrogne invétéré. Depuis plus de quinze ans il habitait 17, place Pinel, avec Elise Chavannes, de six ans son aînée.

A six reprises il a été condamné, dont quatre fois pour vols ou tentatives, la dernière fois à trois ans de prison. Il a été également condamné à quatre mois de prison pour coups à agents et il a déjà comparu devant la cour d'assises, qui lui a infligé sept ans de réclusion, pour émission de fausse monnaie.

Cette fois, il s'agissait d'un assassinat, celui d'Elise Chavannes.

Le 17 mars dernier il l'injuria, la frappa, et la sexagénaire s'alita.

Ceci n'empêcha pas Pruvot de faire la fête avec des amis toute la journée du lendemain.

Le 19 mars, Elise, qui était alitée, lui reprocha sa conduite et il la quitta pour aller boire dans divers débits.

— J'en ai assez, dit-il à un camarade ; je vais la tuer, je laisserai un mot sur la table ; il y aura : « Elle est morte. » Comme ça, tu seras averti...

L'autre essaya de le calmer, lui représentant qu'il valait mieux qu'il quittât son amie. Mais Pruvot s obstina.

— J'en ai « marre » ; je vais la « butter » et je me « buterai » ensuite !

Et c’est ce qu'il fit une heure après, empoignant une hachette et broyant les os de la face et du crâne de la malheureuse d'une demi-douzaine de coups.

La pauvre vieille n'était pas belle à voir. Pruvot aperçut une poupée offerte par lui en des jours meilleurs, il la plaça sur la figure de la morte, écartant la robe pour masquer les plaies.

Il alla ensuite replacer la hachette, maculée de sang et de cervelle, sur la cuisinière où il l'avait prise, et il écrivit sur un papier, au crayon, l'aveu de sa culpabilité. Après quoi, il alla boire encore et se constitua prisonnier.

— Je lui ai donné un bol de lait, a-t-il expliqué aux jures, et, au lien de me remercier, elle m’a injurié, me traitant de fainéant. J’étais fou de rage; je me retournai et J'aperçus la hachette. J'ai frappé, sans trop savoir ce que je faisais ; j’étais vraiment fou...

Le président Glard lui objecta qu'il avait indiqué à l'avance qu'il allait tuer, Pruvot se contenta de répliquer que, depuis huit jours, sa « femme » le faisait enrager par ses injures et ses récriminations continuelles.

Après le réquisitoire de M. Picard, avocat général, Me Robert Bilis puis M" Maurice Guerrier présentèrent la défense de l'accusé.

Le jury délibéra ensuite et, écartant la préméditation, accorda les circonstances atténuantes. Pruvot fut alors condamné au maximum possible, soit vingt ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour.


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Saviez-vous que... ?

Le 11 septembre 1888, à la fête des Gobelins qui se tenait place d'Italie, le dompteur Edmond Pezon (de la célèbre famille Pezon) faillit être dévoré par le lion Roland.

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Le 26 février 1912 à midi cinq exactement, la chaudière du tramway n° 399, de la ligne Porte-d'Ivry-les Halles, explosait rue Gay-Lussac, à hauteur de la rue de l'Abbé-de-L'Epée. Ce grave et peu banal accident faisait onze victimes qui, heureusement, ne furent pas très grièvement blessées.

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A l'école Estienne, en 1896, l'enseignement y est gratuit ; la cantine scolaire, qui fournit aux enfants le déjeuner et le goûter, est également gratuite pour les élèves habitant Paris. Les élèves de la banlieue peuvent apporter leur déjeuner ; ils peuvent aussi prendre leur repas à la cantine, sauf à payer une rémunération fixée par le règlement intérieur.

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Jusqu’à la fin des années 1920, la rue de la Fontaine-à-Mulard commençait avenue d’Italie, s’interrompait rue Damesme et reprenait rue de la Colonie pour se terminer définitivement place de Rungis. Il y avait près de 500 mètres entre le n°2 et le n°4.
Le tronçon compris entre l’avenue d’Italie et la rue Damesme devint la rue du Dr Laurent.

L'image du jour

Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.