Faits divers

 1897 - Un mari qui tue sa femme. - 1897

Un mari qui tue sa femme.

Le Matin ― 12 novembre 1897

Un brave égoutier, M. Pierre S... demeurant 27, rue Harvey, dans le quartier de la Gare, donnait, ces jours derniers, asile à sa nièce, une gamine, de seize ans et demi, Pauline Ohlmann, qui avait épousé, quelques mois auparavant, un charretier nommé Patural et l'avait quitté pour se soustraire à ses brutalités.

Ce Patural n'est âgé que de dix-neuf ans ; c'est une sorte de voyou qui avait pris femme dans le but unique de pouvoir cogner dessus comme il frappait sur ses bêtes. Le jeune ménage habitait 28, rue Damesme, un petit logement situé au troisième étage. Bien qu'exerçant la profession peu relevée de chiffonnière, Pauline Ohlmann ne croyait pas que la soumission légale de la femme envers le mari consistait uniquement à recevoir des coups de lui. Aussi, lassée de cette vie de souffrances, elle abandonna Patural pour aller demander aide et protection à son oncle.

Le charretier n'eut pas de peine à découvrir le refuge de sa femme, et, hier matin, il se rendait rue Harvey. Ayant sonné à la porte du logement de l'oncle, ce fut sa femme elle-même qui vint ouvrir.

En apercevant son mari, Pauline voulut le congédier, mais celui-ci la repoussa assez violemment, pénétra dans l'intérieur du logement, et lui dit que, si elle voulait réintégrer le domicile conjugal, il prenait l'engagement de ne plus se laisser aller, à l'avenir, à des actes de violence.

― Je connais ces promesses, riposta la jeune femme, demain, ce serait à recommencer. Non tout est fini entre nous !

― Allons dit le mari eu s'approchant de sa femme, embrasse-moi.

― Jamais ! répondit celle-ci.

À peine ce mot était-il sorti de la bouche de l'infortunée que le mari, sortant de sa poche un long couteau de cuisine, en frappa la jeune femme en pleine poitrine.

La scène du crime avait été si rapide que l'oncle n'avait pas eu le temps de s'interposer. En voyant tomber sa nièce, il se précipita sur l'assassin et le remit lui-même entre les mains des gardiens de la paix, qui le conduisirent chez M. Rocher, commissaire de police.

La jeune femme, relevée par des voisins, fut transportée dans une pharmacie voisine, où elle ne tarda pas à expirer.

M. Rocher, commissaire de police, longuement interrogé Patural. Celui-ci a déclaré que, ne pouvant vivre sans sa femme, il avait préféré la tuer que d'être séparé d'elle.

Il a été envoyé au Dépôt.


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Saviez-vous que... ?

Le passage souterrain de la porte d'Italie fut inauguré le vendredi 26 juin 1936 par la Municipalité de Paris en présence de M. Marx Dormoy; sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil.

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Gustave Geffroy (1855-1926) fut directeur de la Manufactures des Gobelins. Il n'est donc pas anormal que la rue qui porte son nom soit situtée tout près de celle-ci.

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Dans la nuit du 5 avril 1579, la Bièvre provoqua de si graves dévastations que le peuple appela cette inondation le « déluge de saint Marcel ».

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C'est par un décret impérial signé le 2 octobre 1865 à Biarritz que la rue du marché aux chevaux entre le boulevard Saint-Marcel et le boulevard de l'Hôpital reçu le nom de rue Dumesril.
Dumeril avait été professeur aux Jardins des Plantes, dont la rue portant son nom est la voisine.

L'image du jour

Ligne n°2 Sud

A son ouverture, la ligne 2 sud empruntait la boucle construite sous la place d'Italie et filait vers le boulevard de l'Hôpital sur les voies de la future ligne 5. Elle demeura comme ligne 5 Gare du Nord - Etoile par place d'Italie jusqu'en 1942. Le tronçon franchissant la Seine et rejoignant Nation n'a été ouvert qu'à la fin des années 1900 et fut exploité comme ligne 6. Elle devint Nation - Etoile en 1942 également.