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 Les sauvages de Paris

Les sauvages de Paris

Le Soleil — 6 juin 1901

Un événement extraordinaire s’est produit, à Paris, dans la soirée de mardi : un ballon, venant on ne savait d’où, toujours ramené vers Paris, malgré les efforts de ceux qui le montaient, a enfin atterri dans un terrain vague de la Butte aux Cailles, non loin de la rue de Tolbiac, qui ne compte pas parmi les quartiers distingués de la capitale. Cela ressemble à peu près à un désert, et c’est pourtant très peuplé, quoique, passé une certaine heure, fort peu sûr.

Le lieu approximatif de l'atterisage vraisemblablement dans les jardins situés sur la partie gauche de l'image où passe l'actuelle rue du Moulinet prolongée vers la rue Bobillot.

Les aréonautes ne pouvaient cependant pas s’attendre à l’accueil qui leur fut fait. Dans les premiers instants qui suivirent l’atterrissement, cela n’alla pas trop mal, et les curieux étaient plutôt sympathiques. Mais bientôt, il en vint d’autres, et d’autres encore, une véritable petite armée.

C’était la foule, et comme la foule ne raisonne pas, même dans les quartiers les plus distingués de Paris, les bêtises bientôt commencèrent : d'où venaient ces intrus, et que venaient-ils faire là avec leur ballon ? De défiante qu’elle était d’abord, la foule, en augmentant, devint bientôt hostile, et si quelques notables du quartier ne s’étaient interposés, peut-être faisait-on un mauvais parti aux voyageurs aériens, de vrais malfaiteurs, du reste : M. de la Vaulx, l'aréonaute bien connu, et M. et Mme Dugué de la Fauconnerie.

En attendant, si l’on ménageait encore les touristes, on ne savait pas s’il n'était point urgent de détruire l’aérostat. Plus il arrivait de voisins, plus le péril grandissait. Les nouveaux venus, ne sachant rien de ce qui s'était passé, se montraient, comme toujours, les plus intraitables, et, ne pouvant rien contre les passagers, parlaient de procéder à la destruction du ballon.

Encore parler est-il une façon de dire, car on hurlait plutôt, à petite distance de la place d’Italie, qui passe pour un centre de civilisation. Enfin, les agents arrivèrent en nombre, et la foule se dispersa, — ou fut dispersée, — non sans disserter sur cette chose étrange : un ballon venant s’abattre dans Paris, ce qui n'est pas dans la coutume, au contraire. Il y en avait même pour se demander si ce n’était pas Andrée, perdu depuis de si longs mois, et qui, à l'improviste, revenait du pôle. En tout cas, ce n’était pas une raison de s’encolérer et d’aller jusqu’à la menace, même jusqu'à un commencement d’exécution.

Mais voilà comme on est, à Paris, ville qui se dit la plus intelligente du monde, depuis que les flagorneurs la bernent, et il y a longtemps. Place de l'Etoile ou place de la Concorde, un événement de cette nature eût bien éveillé quelque curiosité, et c’eut été tout ; mais la Butte-aux-Cailles c’est si loin de Paris que les mœurs ne peuvent pas être les mêmes. Au point de vue de la mansuétude, c’est presque aussi loin que les îles Sandwich, où fut massacré le fameux capitaine Cook, et Tombouctou, où les Touareg n'aiment pas les étrangers.

Extrait d'un plan édité vers 1901

On ne savait pas que ces peu intéressants échantillons de l'humanité pussent, à l'occasion, avoir des émules dans l’enceinte des fortifications.

Jean de Nivelle
(Charles Canivet, 1839-1911)

C’est bien « aréonautes » que l’auteur du texte (ou le typographe) a écrit ! L'erreur a été conservée en représailles, l'auteur étant plutôt méchant à l'égard du 13e(NdE).


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Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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Au sortir du pont de Bercy, sur la rive gauche de la Seine, s'ouvre le boulevard de la Gare qui va de ce pont à l'ancienne barrière d'Italie, au bout de la rue Mouffetard. (1867)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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C'est le 25 mai 1827 que Honoré-François Ulbach tua de plusieurs coups de couteau Aimée Millot, la bergère d'Ivry.

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Le 9 octobre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait , qu'avenue d'Ivry, Mme veuve Marie Buronifesse, 73 ans, demeurant rue de la Pointe d'Ivry avait glissé sur une épluchure de banane et s'était blessée si grièvement qu'elle fut transportée à la Pitié.

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La place des Alpes (boulevard de la Gare, 164, et rue Godefroy, 2) fut ainsi dénommée par arrêté préfectoral du 1er février 1877, à cause du voisinage de la place d'Italie, à laquelle elle est reliée par la rue Godefroy.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦