Dans la presse...

 Un quartier qui ... - 1898

Un quartier en danger.

L’Écho de Paris — 13 avril 1898

Il y a une quinzaine de jours, les habitants de la Butte-aux-Cailles s'apercevaient, avec désagrément, que leurs habitations se lézardaient. Puis ce furent continuellement des craquements, des bruits suivis de la chute d'une glace, d'un tableau. Les locataires effrayés ne ferment pas l'œil et voient avec stupeur les cloisons prendre des formes inquiétantes.

Hier, au n°35 de la rue de l'Espérance, un long mur de clôture s'éboulait. Des souches de cheminées tombent sur la voie publique, au risque de blesser quelque passant. Toutes les vingt-quatre heures des tassements considérables se produisent. Quatre maisons ont dû être totalement évacuées et on en commence l'étalement.

Tout d'abord, une dizaine d'immeubles étaient atteints ; maintenant le danger gagne et chaque jour une maison nouvelle est signalée comme présentant les mêmes symptômes inquiétants.

Rue de Tolbiac, 211, une grande maison de six étages édifiée l'année dernière menaçait tellement ruine que le propriétaire la fait actuellement démolir.

Un rapport a été adressé par M. Remougin, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche, et des mesures immédiates ont été prises pour parer au plus pressé. La circulation des voitures a été interdite rue de l'Espérance et rue de la Providence et une armée d'ouvriers creusent le sol pour retrouver les fuites d'eau, seule cause du désastre.

Il importe que la Ville prenne toutes les mesures propres à rassurer l'intéressante et laborieuse population menacée.


Un quartier qui s'effondre.

Le Journal — 11 avril 1898

La partie de la Butte-aux-Cailles comprise entre les rues de Tolbiac, Barrault et de la Butte-aux-Cailles se trouve actuellement dans une situation des plus critiques.

Depuis quelques jours, les habitants voient avec terreur leurs maisons se tasser, les murailles se lézarder, les souches de cheminée tomber, les murs de clôture s'ébouler. La nuit, ils ne peuvent dormir ; ils sont continuellement éveillés par des craquements sinistres, les chutes de glaces, tableaux, vaisselles, marbres de cheminées. Des témoins (bandes-de papier collées sur les lézardes) attestent tous les jours des progrès considérables.

Des habitations ont dû être immédiatement évacuées et étayées. Demain, il en sera de même pour d'autres.

De l'enquête à laquelle s'est immédiatement livré le commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche, M. Remougin, il résulte que des conduites d'eau ont dû crever, il y a longtemps, et que l'eau, s'épandant par infiltration dans le sol très en pente en cette partie, a amolli le terrain et amené ces phénomènes inquiétants pour la sécurité publique, et il importe que des mesures immédiates soient prises.

Ajoutons qu'une maison de six étages, construite l'an dernier, au 211 de la rue de Tolbiac, est en cours de démolition.


Un quartier qui s'écroule

Le Radical — 13 avril 1898

Un fait fort curieux se produit en ce moment dans la partie du quartier de la Maison-Blanche, comprise entre les rues de Tolbiac, de la Providence et de l'Espérance.

Dans cette espèce de triangle irrégulier se trouvent encastrées de vieilles maisons, derniers vestiges de ce qui fut l'ancienne Butte-aux-Cailles, vieilles masures rongées par les infiltrations d'eau, ébranlées par les fréquents glissements du sol calcaire et sableux sur lequel elles sont construites et qui réclament depuis longtemps, malgré le pittoresque de leurs physionomies, la pioche et le pic du démolisseur.

Le hasard s'est chargé d'accomplir ce que les ingénieurs de la Ville de Paris ne voulaient point faire.

Depuis quelque temps, en effet, tout ce coin du vieux Paris subit un inquiétant changement ; les maisons, jusqu'alors solides, tremblent sur leurs bases ; de brusques lézardes strient les antiques murailles et les toits vénérables, et les maisons s'inclinent vers la rue qu'elles menacent de combler d'un moment à l'autre.

Toutes ces maisons s'écroulent, les murs bombent et vacillent, les portes s'ouvrent seules ou restent obstinément closes, suivant que les murs s'écartent ou se contractent.

Des « témoins », bandes de papier destinées à enregistrer les mouvements des murailles, ont été apposés en plus de cinquante endroits : des agents les gardent à vue sur l'ordre de M. Rémongin, commissaire de police, qui a pris toutes les mesures nécessaires pour éviter les accidents qui ne pourraient manquer de se produire.

Le magistrat a, en outre, transmis son rapport aux autorités compétentes.


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Vu dans la presse...

1927

Promenade électorale dans le XIIIè

Le treizième a toujours été la cité des pauvres. Il sue encore la misère avec ses îlots de maisons délabrées… avec la rue du Château-des-Rentiers, ô ironie, avec la Butte-aux-Cailles chère à Louis-Philippe. Et comme la misère va de pair avec la douleur, beaucoup d'hôpitaux, la Salpêtrière, la Pitié, Broca, Péan, des asiles, des refuges. Sur 33.500 électeurs, 28.000 paient de 500 à 1.200 francs de loyer par an. Au prix actuel du gîte, ces chiffres ont une triste éloquence ! On ne s'étonnera pas si le treizième est politiquement très à gauche… et même à l'extrême gauche. (1927)

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1929

Trop de clairons dans le quartier de la Maison-Blanche

Tandis que les chauffeurs ne pourront claironner ou trompeter par les rues de Paris, des escouades de bruiteurs autorisés continueront, embouchure aux lèvres, leur pas accéléré quotidien dans les rues du quartier de la Maison-Blanche en général, boulevard Kellermann en particulier. (1929)

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1924

La Butte aux Cailles se modernise

Dans une semaine ou deux, on inaugurera la grande piscine de la Butte aux Cailles. C'est un établissement vraiment remarquable, de briques et de mortier, aux revêtements vernissés blancs, dominé d'une immense cheminée en ciment armé, de grande allure avec sa quadrature de colonne droite évidée aux angles, lesquels sont ainsi arrondis. (1924)

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1929

Rue Charles-Bertheau plusieurs immeubles menacent maintenant de s'effondrer

Dimanche, dans la nuit, un craquement sinistre a éveillé les locataires d'un des vieux immeubles de cette rue. une maison d'un étage, portant le numéro 10. D'un coup la maison s'était lézardée du haut en bas. menaçant de s'effondrer. (1929)

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1937

54 habitants de la rue Charles Bertheau sont sans logis

Le quartier de la Gare est en émoi. A la suite de perturbation du sol, peut-être aussi de fissures de conduites d'eau et d'infiltrations, la plupart des immeubles de la rue Charles-Bertheau, dont certains sont neufs, menacent ruine (1937)

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1937

Les sinistrés de la rue Charles-Bertheau attendent en vain un logement et des secours

Les 84 sinistrés de la rue Charles-Bertheau ont manifesté pour obtenir de la ville de Paris des logements ou un secours suffisant. (1937)

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1872

Les Bijoutiers

Savez-vous ce que c'est qu'un Bijoutier ?...
C'est un de ces industriels qui achètent aux laveurs de vaisselle des restaurants les débris de viande cuite jugés indignes d'être offerts à la clientèle, et qui vendent ces débris, connus sous le nom d'arlequins, aux pauvres gens des quartiers populeux.
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1878

La Fête Nationale du 30 juin 1878 dans le 13e arrondissement

Il faudrait tout notre journal pour être complet sur le treizième arrondissement. (1878)

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1914

Le bal des Quat'z'Arts

C'est derrière la mairie du treizième arrondissement, dans le vieux marché des Gobelins, que la jeunesse des Beaux-arts avait organisé hier soir le bal annuel des Quat'z'Arts. (1914)

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Des ossements humains découverts par des terrassiers

Une rumeur étonnante et capable d’alimenter toutes les conversations circulait, hier après-midi vers 5 heures, dans le quartier de la Maison-Blanche. Des terrassiers, en creusant pour faire une cour, avaient découvert des ossements... (1923)

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1895

Expulsion de zoniers à la Porte de Gentilly

Espérons que la rudesse et la brutalité avec lesquelles la main de l'autorité militaire vient de s'abattre sur les pauvres zoniers de la porte de Gentilly, aura pour résultat de ramener cette importante question à l'ordre du jour, et de lui faire faire un pas vers une solution impatiemment attendue. (1895)

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1911

La Fondation Singer-Polignac

La fondation Singer-Polignac est une maison ouvrière. La maison a été construite en un an. Il y a trois mois, une bande de calicot tendue sur la façade annonçait que soixante-quatre logements étaient à louer dans cet immeuble. Deux cent quatre-vingt-dix-sept postulants se présentèrent. Il y a donc actuellement, au quartier de la Maison-Blanche, deux cent trente-trois ménages en quête d'un logis neuf. (1911)

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