Dans la presse...

 paris-treizieme.fr — L’accident de la rue de Patay

Après l’ouragan

Explication du phénomène

L’accident de la rue de Patay. — Au Muséum d’histoire naturelle. — Ce que disent les savants.

La Patrie — 28 juillet 1896

L’ouragan qui s’est abattu hier soir sur Paris et les environs a causé de nombreux dégâts ; plusieurs personnes ont été blessées. On signale, jusqu’à présent, un seul cas de mort ; il s’est produit au lavoir du Progrès, 85, rue de Patay.

La rue de Patay en direction de la porte de Vitry. Le Lavoir du Progrès au 85 était sur la droite.

Cet établissement est tenu par les époux Bastide. Le ménage, n’avant pas d’enfants, adopta la nièce de Mme Bastide, la jeune Berthe Verniol, dont la mère était morte quelques jours après la naissance de l'enfant. Entourée des soins les plus affectueux, la fillette avait grandi auprès de ses parents adoptifs et de son père réel, qui a gardé à sa charge son second enfant.

— J'avais justement une noce à déjeuner chez moi, nous dit M. Sicard, dont le restaurant est voisin du lavoir. Lorsque le tonnerre est tombé, suivant immédiatement un immense éclair, nous eûmes la sensation d'un éblouissement et mes convives furent précipités hors de leurs chaises. En même temps, des cris épouvantables partaient de la cour, et quelques instants après M. Bastide, affolé, sortait de chez lui un revolver à la main, il voulait se tuer. Nous eûmes toutes les peines du monde à lui arracher larme.

VoVoici ce qui s’était passé : pendant que l'orage grondait, la petite Berthe qui venait de sortir d’ici avec un siphon, prenait un bain dans le lavoir. Sa mère, qui était en train de la nettoyer, se retira un instant pour fermer les fenêtres. Soudain le tonnerre tomba, entraînant la moitié de la grande cheminée, brisant la toiture, tuant l’enfant dans sa baignoire.

Une seconde avait suffi pour écraser Berthe, faire jaillir la cervelle, défoncer la poitrine. déchiqueter les mains...

Si l’orage avait éclaté un jour de semaine, c'eût été, dans le quartier, une épouvantable catastrophe.

Aujourd’hui, la douleur des malheureux parents est navrante. Mme Bastide, d’un tempérament extrêmement nerveux, ne cesse de gémir et de prononcer des phrases incohérentes. Si sa vie n’est pas menacée, sa raison, au dire de tous, est fortement compromise.

Quant au lavoir, il est en piteux état. Des poutres pendent, sciées toutes à la même hauteur ; les roues des essoreuses ont été coupées comme une feuille de papier, la toiture défoncée menace ruine et au-dessus s’élève bien le tronçon de la grosse cheminée.

Les époux Bastide avaient l’habitude d’aller passer le dimanche à Ablon. Ils n’étaient restés, hier, à Paris, que pour aller dîner chez un ami.

La consternation dans le quartier est générale.

LaLa famille Bastide jouit de l’estime de tous et plus de trois mille personnes ont déjà défilé devant le lit mortuaire.

Au jardin des Plantes

Le jardin qui, l’autre jour, faisait l'admiration de Li-Hung-Chang, a été particulièrement éprouvé par l’ouragan.

Nous sommes allés le visiter ce matin ; il est dans un lamentable état : le sol est jonché de feuilles et de branches, le gazon des pelouses est couché, des arbres vigoureux ont été coupés comme avec une sache, d’autres ont été déracinés.

— — Ce sont précisément les arbres les plus beaux que la tourmente a abattus, nous dit le commandant Clavel qui veut bien nous servir de cicérone et nous donner quelques renseignements.

Et le commandant, navré, nous montre de gros arbres qui gisent sur le sol, et que des ouvriers sort occupés à scier et à dépouiller de leurs branches.

— Fort heureusement, ajoute-t-il, le labyrinthe, où se dressent un certain nombre d’arbres précieux, a été à peu près épargné. En revanche, toute la partie du jardin qui longe la rue Cuvier a cruellement souffert de la tourmente. De ce côté, les dégâts sont considérables.

— Aucun des animaux du jardin n'a été tué ou blessé ? demandons-nous au commandant.

— Non, et cela est très étonnant. Mais ce qui me surprend davantage encore, c’est que nous n’ayons pas eu d'accident de personnes à déplorer. Il y avait beaucoup de monde dans le jardin, quand l’ouragan, avec une violence extrême, s’est soudain déchaîné. La panique a été grande parmi les promeneurs ; en quelques secondes, tous se sont éclipsés comme une nuée de moineaux.

— À combien évalue-t-on les dégâts, mon commandant ?

— On ne le sait pas encore ; mais il faut bien compter de douze à quinze mille francs au bas mot.

En traversant le jardin, nous croisons d’innombrables tombereaux dans lesquels des équipes d’ouvriers entassent les branches et les feuilles tombées des arbres.

Au bureau météorologique

Au bureau météorologique, 176, rue de l’Université, on nous a donné les explications suivantes :

— Ce n’est pas un cyclone, comme l’ont prétendu quelques-uns de nos confrères, qui a mis Paris en émoi hier : c’est simplement un très violent orage, dû à une de ces dépressions secondaires qui, comme des satellites, accompagnent, en général, toute dépression principale. Nous connaissions par vitement l’existence de cette dernière qui, samedi, à sept heures du matin, nous était signalée au sud de l'Irlande. Nous pensions quelle elle allait descendre sur la Bretagne, mais elle s'est subitement reportée vers le nord et, vingt-quatre heures après, c’est-à-dire dimanche matin, elle était sur l’Ecosse, paraissant vouloir se diriger vers la Norvège.

Comme à ces dépressions principales, qui font parfois descendre le baromètre jusqu’à cinquante centimètres, sont toujours liées des dépressions secondaires, orageuses, qui les avoisinent, mais toutefois sans se mouvoir dans le même sens qu’elles, et qui sont caractérisées par des effets météorologiques bien plus redoutables que la dépression principale elle-même ; hier, dès dix heures du matin, nous avions averti toutes les communes de France de la possibilité d’un orage.

Sa violence à Paris et dans la banlieue nous a surpris, nous devons l'avouer. Le baromètre qui, depuis trois heures de l'après-midi avait baissé jusqu'à 756 millimètres est brusquement remonté à quatre heures, comme toujours, du reste, en pareil cas, au moment où l’orage était à son apogée.

Mais, répétons-le, il n'y a pas eu de cyclone ou, si vous l'aimez mieux, de tourbillon de vent. Le vent qui, sur le sol, à quatre heures, avait une vitesse de sept mètres à la seconde, en avait, au même moment, une effrayante de vingt-cinq mètres au sommet de la tour Eiffel.

En passant, nous pouvons dire que la résistance de la tour à pareille poussée est une preuve incontestable de sa grande solidité.

Pour en revenir au vent, celui-ci n’a nullement tourné ; il a toujours soufflé du nord, ouest au sud-est, et, aujourd’hui encore, sa direction est à peu près la même qu'hier, ce qui ne serait certainement pas, s’il y avait eu un cyclone.

Nous n'avons pas encore les renseignements de la province sur la marche et sur les dégâts occasionnés, mais nous prévoyons que ces dégâts ont dû être beaucoup moindres qu’à Paris, où l’agglomération des maisons et de la population les a rendus fort sérieux.

D'ailleurs, tous les cultivateurs étaient prévenus par nous delà possibilité d’un orage et ils ont pu prendre leurs précautions. C’est, en effet, dans un but de prévision pour l’agriculture que nous travaillons surtout ici. Seulement, notre travail est rendu souvent fort difficile par suite du manque de renseignements. Ainsi, nous enregistrons une dépression qui nous est signalée dans l’Amérique du Nord et qui a l'air de vouloir s'étendre à l'Europe, en suivant une certaine direction. Nous l'attendons donc à un point donné des côtes de France et voilà qu’elle se présente en un tout autre point, ayant changé de direction pendant la traversée de l’Atlantique. Il nous faudrait donc avoir des postes au milieu de l’Océan, des pontons-vigies comme en ont placés les Anglais dans la mer d’Irlande pour les mêmes motifs. Malheureusement, pareille installation coûterait, paraît-il, fort cher à l’État et notre part au budget est tout à fait petite, trop petite même.

Nous enregistrons volontiers les doléances de cette savante institution, qui rend à la culture française d’incontestables services.

Louis Berville.


Sur la rue de Patay

Historique

  • La rue de Patay (695 mètres, entre le boulevard Masséna, et la rue de Domrémy, 25) fut ouverte par arrêté préfectoral du 21 novembre 1855, sous le nom de boulevard de Vitry.
    Par décret du 2 octobre 1865, elle reçut sa dénomination présente, à cause du voisinage de la place Jeanne-d'Arc, et en mémoire de la victoire que Jeanne remporta sur les Anglais de Talbot en 1429. (Petite histoire des rues de Paris, 1913)

En lien avec la rue de Patay

Faits-divers

Saviez-vous que ...

Les travaux d'aménagement de la Place d'Italie furent terminés en 1879 et celle-ci fut considérée comme l'une des plus belles de Paris.

L'image du jour

Ruelle des Gobelins (Berbier du Mets)

Vu dans la presse...

1932

Rue Cantagrel, des ateliers de nickelage gênent considérablement les voisins

Il existe rue Cantagrel, au 86, presque à l'angle de la rue de Tolbiac, des ateliers de chromage et nickelage. Le bruit et les odeurs qui en émanent sont tels qu'il est pénible d'habiter dans les parages. (1932)

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1901

Une Descente imprévue

Le ballon « Le Rêve » partait dans l'après-midi d'hier de l'usine à gaz de la Plaine-Saint-Denis, pour exécuter une ascension libre. Pris dans un courant circulaire, l'aérostat, plana longtemps sur Paris, sans pouvoir s'élever. Vers huit heures du soir il se trouvait à une faible hauteur au-dessus du quartier de la Maison-Blanche, dans le treizième arrondissement... (1901)

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1932

La ligne métropolitaine n° 10 doit être prolongée jusqu'à Austerlitz

En parlant, l'autre jour, du projet de prolongement de la ligne métropolitaine n° 10, actuellement arrêtée à la station Jussieu, vers la gare d'Orléans, terminus envisagé, nous notions que les organisations consultées n'avaient opposé aucune objection à l'administration préfectorale.
Le Syndicat de défense des intérêts généraux du quartier de la Gare, cependant, nous prie de déclarer qu'il a protesté contre le parcours projeté dès qu'il en a eu connaissance. Le quartier de la Gare est le seul qui n'ait point le métro. (1932)

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1859

De la difficulté d’être le treizième arrondissement

Décidément, la ville de Paris n'aura pas de treizième arrondissement.
Hélas ! ce treizième arrondissement, il est partout, et on n'en veut nulle part. (1859)

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1872

L’impresario des mendiants

Dans le quartier de la Butte-aux-Cailles s'est installé un impresario qui cultive une spécialité plus que bizarre. Il a centralisé là toutes les monstruosités capables d'attendrir le passant. (1872)

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1928

Les derniers mohicans de Paris : Avec les Algériens du boulevard de la Gare

Sous la ligne aérienne du métro dont la longue perspective s'étend à l'infini, le boulevard de la Gare monte doucement vers la place d'Italie. À droite et à gauche, des maisons basses s'alignent, coupées par de petites rues pavées, à l'angle desquelles sont nichés de ridicules et ternes jardinets. Çà et là un immeuble neuf qui usurpe des allures de building, un magasin dont l'étalage déborde le trottoir, des bars, des hôtels, des restaurants, puis encore, sur la gauche, le cube uniforme et sans fantaisie de la raffinerie Say. (1928)

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1930

La mystérieuse petite ceinture : De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour

Entre Belleville et la Seine, c'est la zone des sifflets désespérés. Si les « Circulaires » qui vont leur petit bonhomme de route ne s’inquiètent guère du parcours à horaires fixes, les autres trains, messageries, rapides et autres, ont sans cesse besoin de demander leur route aux distributeurs de voie libre.
Cris brefs qui courent tout au long de cette frontière illusoire de Paris, cris impatients de ceux qui ne peuvent attendre ou qui s’étonnent des disques et des feux rouges. (1930)

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1906

Le métro sur la rive gauche

La nouvelle-section du Métropolitain, allant de Passy à la place d'Italie (ligne Circulaire-Sud), dont nous avons donné, il y a quelques jours, une description détaillée, a été ouverte, hier après-midi, au service public. Pendant toute la durée de l'après-midi, les voyageurs et les curieux se sont, pressés dans les diverses gares du parcours... (1906)

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1885

Les travaux du 13e arrondissement

Le 13e arrondissement a déjà été l’objet de travaux importants qui ont commencé à assainir le quartier de la Butte aux Cailles. Pour compléter, il faut faire disparaître l'ancien marais de la Glacière, couvrir la Bièvre et ouvrir une communication entre la place d’Italie et la nouvelle gare de marchandises de Gentilly sur le chemin de fer de Ceinture, (1885)

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1913

Un planton qui se promène cinq heures inutilement

En 1913, un groupe de gardiens de la paix du commissariat de la rue Rubens protestait, par voie de presse contre l'organisation de leur service. (1913)

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1898

Le Puits de la Butte-aux-Cailles

Quelle humiliation pour cette pauvre Bièvre ! Une rivière aux eaux pures et claires vient de jaillir des profondeurs de l'écorce terrestre, dans le quartier même par lequel l'antique cours d'eau qui jadis arrêta les légions de Labiénus et qui n'est plus qu'un noir égout, pénètre dans Paris. (1898)

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1903

La ligne Trocadéro-gare d'Orléans

Les Parisiens ayant trouvé que le mot Métropolitain était beaucoup trop long pour désigner un moyen de locomotion des plus rapides, ils ont depuis longtemps supprimé trois syllabes.
Ce n'est pas là seulement une abréviation populaire ; elle est entrée dans le langage courant ; son usage est devenu général.
Donc, on ne dit plus que : le Métro ; et on s'intéresse très vivement à tout ce qui concerne le Métro... (1903)

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