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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 21

21

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


VI
Un joli monsieur
(suite)

— Je n'en sais rien, fit M. Jules. Ça dépend de ce que c'est.

— C'est tout ce que tu peux désirer. Je te mettrai les petites dans les mains.

— Alors, eh bien, la moitié de ce qu'on me donne.

— Bon. Et qu'est-ce qu'on te donne ? Voyons.

— Cent francs et les frais.

— Vrai ! tu gâtes le métier. Eh bien, aboule les cent francs et je te dégoise l'histoire.

— Et alors, qu'est-ce qui me restera à moi ?

— Il te restera… plus du double et puis la chance de l'affaire.

— Mais elle n'est pas à moi l'affaire.

— Alors ou bien tu te défies encore de moi ou tu es plus sot que je ne croyais. Mais ça te regarde. Où sont les cent francs ? Tu sais, on paie en entrant.

— Et on ne rend pas l'argent.

Verdurot eut un rire sec en encaissant la somme.

— Voici la chose, fit il :

Mme veuve Coutard, ayant perdu son mari, sa fille et son gendre dans un accident de chemin de fer, est partie de Bordeaux le 2 octobre dernier avec ses deux petites filles, à destination de Paris.

Le 3 octobre, dans la nuit, la Sûreté saisissait une malle portant l'étiquette « Paris de Bordeaux », à propos de laquelle de laquelle deux rôdeurs de barrières, qui l'avaient prise de force à un autre, étaient en train de s'expliquer à coup de surin. Cette malle contenait divers papiers au nom de Mme veuve Coutard, des titres, du linge, des vêtements de fillettes.

— Puis, ajouta Verdurot, voici l'essentiel, ce qui m'aurait permis de te couper l'herbe sous le pied, si j'avais voulu.

— T'es trop honnête pour ça, ma vieille.

Verdurot regarda M. Jules du coin de l'œil.

— On s'amuse à blaguer papa, fit-il. On a tort. Papa n'aime pas qu'on le blague… Tiens. Voilà une note. La malle contenait l'expédition d'un acte de naissance, — Louise Pelleport, née de père et de mère inconnue, trouvée à la porte du numéro 14 de la rue Pelleport, le 11 septembre 1879, par Marie Lessaud, femme Coutard, et son mari, Joseph Coutard, employé au chemin de fer d'Orléans. Puis une série de lettres, émanant évidemment de la mère inconnue, avec cette indication que la réponse devait être adressée à Paris poste restante, B. D. 27.

— C'est assez clair, fit M. Jules.

— Oui, et voici qui complète la chose : Dans le courant d'octobre et de novembre, les voisins et fournisseurs de la famille Coutard ont reçu diverses lettres : les unes demandant réponse poste restante S. D. 8, les autres signées Philogone Furet, artiste, cité Doré. Toutes ces lettres demandaient des renseignements — la destinataire des réponses S. D. 8, tu la connais. C'est la nommée Sarah Belledent, domestique chez Mme veuve Duverdon.

— Valdonnier eut un mouvement de surprise.

— Comment sais-tu ça ?

— Pas malin. Je travaillais en octobre, la poste restante. J'ai vu retirer les lettres. Et j'ai remarqué la femme parce qu'elle avait tout-à-fait l'air de quelqu’un qui fait un mauvais coup. Alors, j'ai lu l'adresse de la maison sur le collier du chien. À présent, voici le plus intéressant : Mme veuve Coutard est morte dans la nuit du 3 au 4 octobre, à la Salpêtrière… Les deux petites ont été recueillies par un gamin très excentrique, le nommé Philogone Quatretemps, dit Furet, qui demeure dans une drôle de baraque, sur un terrain dont il est propriétaire, au fond de l'impasse Doré. Est-ce complet ?

— Oui, pas mal.

— Je ne te cacherai pas que j'ai eu d'abord quelque idée d'étudier l’affaire pour mon compte… Il doit y avoir quelque chose du côté de la Sarah. Mais je ne veux pas courir sur tes brisées… et puis... j'ai autre chose à faire… Bonne chance mon garçon… mais… soyons sages, hein !

M. Jules — comme on l'appelait familièrement dans la maison — sortit de là tout guilleret. Il avait enfin dans les mains une affaire qui se présentait bien et qui pouvait être riche.

Il en était temps. Les divers métiers que pratiquait, avec beaucoup de talent, d'ailleurs, cet estimable personnage, avaient bien quelques agréments mais ils n'étaient pas sans avoir aussi leurs épines. Sans doute, il était commode de trouver au bout d'une annonce tantôt une matrone sentimentale, tantôt une laideronne désolée de n'être point comprise, qui vous offrait, après quelques minutes d'une conversation pleine d'abandon, une hospitalité complète : bon souper, bon gîte et… le reste ; sans compter, dans certains cas, les revenants-bons qui suivaient une douce intimité.

Mais c'était « le reste » ou plutôt « les restes » qui faisaient le hic. Pour si beaux qu’ils soient, c'est souvent un art peu ragoûtant que l'art d'accommoder les restes.

Puis, ces estimables vétéranes sont d'une sensibilité généralement exigeante, si bien que M. Jules trouvait le métier dur et pensait quelquefois qu'il était souvent aussi pénible de payer de sa personne que de payer de sa bourse.

Il y avait, il est vrai, quelques aubaines. M. Jules cultivait volontiers tous les arts d'agrément et pratiquait la musique sous forme de chantage discret. Il provoquait les confidences délicates, collectionnait les petits papiers. Mais tout cela n'était que petite musique, la couche sociale où M. Jules exerçait n'étant pas précisément le Pérou.

Donc M. Jules vivotait tout juste, quand le hasard, à propos d'un billet impayé de Mme Duverdon, le mit en présence de Sarah.

M. Jules sentit, d'instinct, qu'il y avait quelque chose à faire avec cette fille. Sarah, blonde, pâle, à l'œil vert, avait cette physionomie sournoise et voilée qui révèle infaiblement les mauvaises natures. Elle manœuvra rondement pour se familiariser avec M. Jules et finit par lui poser des questions qui sentaient le mystère.

— Dites-moi, puisque vous êtes homme d'affaires, comment pourrait faire une personne qui aurait de l'argent à placer et qui ne voudrait pas qu'on sut que c'est elle ?

— Rien de plus simple, mademoiselle. On prend un intermédiaire, un homme de paille au nom de qui se fait le placement.

— Oui, mais s'il vous vole ?

— Il ne peut pas. On ne lui remet pas le billet ; on le garde et on le fait toucher par un banquier ou un homme d'affaires. C'est très facile, très sûr, et si vous avez de l'argent à placer… je me mets à votre disposition.

— Oh ! ce n'est pas pour moi... C'est pour une de mes amies.

— Peu importe. Je n'ai même pas besoin de savoir le nom. Je vous remettrai le billet et vous le donnerez à la personne.

C'est ainsi que, par l'intermédiaire de M. Jules et sous le nom de J. Mossé, — l'homme de paille de M. Machefer — Sarah prêta pour six mois à Mme Duverdon quinze cents francs qu'elle lui avait en grande partie volés et qui grossirent en moins de quatorze mois au chiffre de 3,500 — porté à 7000 par le coup d'escamotage exécuté le jour de la noce.

Mais Sarah n'avait pas que cette affaire. Il en était une autre qui la préoccupait beaucoup plus sérieusement, depuis qu'en furetant dans les tiroirs de Mme Duverdon elle avait trouvé les lettres B. D. 27.

D'abord, elle n'avait pas eu d'autre but que de « tenir » sa maîtresse. Puis, le jour où l'idée lui était venue que Mlle Duverdon pouvait faire un mariage riche, elle avait vu là une belle affaire à exploiter. Et elle avait cherché, voulant être bien en mesure de faire ses conditions. Mais elle n'avait rien trouvé, malgré beaucoup de démarches. De sorte que, passant par dessus ses répugnances soupçonneuses, elle finit par se résoudre à employer M. Jules. On a vu le résultat de cette collaboration.

Le 13e en littérature

A travers la Maison-Blanche

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

(1907)

Lire


La poterne des Peupliers

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

(1910)

Lire


La rue des Peupliers

Perdues dans Paris

par
Jules Mary

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

(1908)

Lire


Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

Lire


La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

Lire


La Butte-aux-Cailles

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

(1910)

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Le quartier de la Gare

Monsieur Lecoq

par
Émile Gaboriau

Le 20 février 18.., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d’agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l’ancienne barrière d’Italie.
La mission de cette ronde était d’explorer ce vaste quartier qui s’étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu’aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu’ont aujourd’hui les carrières d’Amérique.

(1869)

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Un Treizième à découvrir dans...

Madame Sept-Quatre

par
William Cobb
(Jules Lermina)
(1873)

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier
(1907)

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

La dame de pique

par
Jules de Gastyne
(1906)

La Butte-aux-Cailles

En tournant le dos à la Seine, à la hauteur du pont des Arts, et en s'engageant en ligne droite sur la rive gauche, on laisse à droite le cimetière Montparnasse et on parvient aux anciens boulevards extérieurs. Là se trouve le boulevard d’Italie et l’ex barrière du même nom.
À deux pas, un peu sur la droite, s’étend l’un des quartiers les plus curieux et les moins connus de Paris.
C’est la butte aux Cailles.

A travers la Maison-Blanche

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

La rue du Dessous-des-Berges

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.


La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé
(1910)


Un gosse

par
Auguste Brepson
(1928)


Perdues dans Paris

par
Jules Mary
(1908)


Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau
(1868)

La poterne des Peupliers

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

La Cité Jeanne-d'Arc

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

La rue des Peupliers

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

Le quartier Croulebarbe

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

L'Hôpital de la Vieillesse pour femmes, autrement dit la Salpétrière, comptait, en 1860, 4422 lits dont 1341 pour les aliénées. En moyenne, par an, dans les années 1850-60, 2100 aliénées y faisaient leur entrée et 800 y mourraient.

*
*     *

La rue Edmond Gondinet fut ouverte en 1898 et reçut, en 1899, le nom de ce trop méconnu auteur de comédies qui est aussi l'un des coauteurs du livret de Lakmé, opéra-comique en trois actes créé en 1883, musique de Léo Delibes.

*
*     *

La rue Baudricourt honore Robert de Baudicourt, capitaine de Vaucouleurs, compagnon de Jeanne d'Arc.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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