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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 12

12

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau Rouge


V
Où le lecteur fait plus ample connaissance avec tous nos personnages.
(suite)

Mais quelle ténébreuse machination ourdissait donc cet homme ?

Que le lecteur veuille bien nous suivre de nouveau boulevard Haussmann, chez le baron ; il apprendra une partie des projets élaborés par ce noble seigneur.

Il est onze heures. Lucien déjeune avec son bienfaiteur.

—  Ainsi, articule le baron, continuant une conversation déjà commencée, ainsi, le duc de Nangis vous a promis de vous présenter chez le marquis Gaëtan d’Évry ?

— J’ai une promesse formelle. Le marquis reçoit tous les mardis ; je serai de la prochaine réception.

— À merveille ! Maintenant pesez bien ce que je vais vous dire.

— Allez, je vous écoute !... une aile de ce perdreau, je vous prie ?

— Avec plaisir !... Le marquis est veuf, il a une fille qui répond au nom suave d’Aimée.

— Eh bien !

— Il faut que ce nom devienne pour vous une réalité ; il faut que l’héritière du marquis devra vous aime réellement.

— Ah ! ah !

— Faites-vous adorer ; voilà pour le moment, votre mission... Vous voyez qu’elle n’a rien que d’agréable.

— Parfaitement ! Mais où voulez-vous en venir, mon cher baron ?

— À vous rendre opulent, je vous l’ai promis. Mlle Aimée est la plus riche héritière de France ; vous l’épouserez !

— Pourquoi pas vous ?

— Ah ! si j’avais eu quelque chance de succès !... Mais je me rends justice : je suis trop vieux ! Alors, j’ai dû chercher un collaborateur.

— Et vous avez songé à moi ? Merci !

— J’ai pensé à vous, en effet ! C’est même pour cela que je me suis permis de vous ruiner.

— Oh !

— Ah ! que voulez-vous ? Je n’avais pas le choix des moyens ! Si j’étais venu de but en blanc vous proposer cette affaire, vous m’eussiez repoussé avec dédain ; en vous acculant à la misère, je vous ai contraint à devenir mon associé.

— Dites votre âme damnée ! Les mots ne font rien à la chose.

— Savez-vous que le procédé est un peu canaille ?

— Bah ! puisque c’est dans votre intérêt... une dot superbe et une femme charmante. Plaignez-vous !

— Mais pourquoi m’avez-vous choisi, de préférence à tout autre ?

— Je vous avais rencontré au cercle des Zous-Zous, je vous avais jugé et deviné... Vous étiez l’homme qu’il me fallait.

— Et, ma foi, baron, vous ne vous êtes pas trompé. La jeune marquise sera à nous.

— Bravo ! Je suis heureux de vous voir dans ces bonnes dispositions, fit le coquin en riant... Un verre de champagne, voulez-vous ?

— À condition que nous boirons à ma fiancée.

— Volontiers !

Les deux complices vidèrent leur coupe.

En déposant son verre sur la table, le jeune homme demanda à son amphitryon :

— Quelle méthode employez-vous pour tricher au jeu ?

— Oh ! oh ! tricher ? peste ! voilà un bien gros mot ! mais je vous avoue qu’entre gens sans préjugés, comme nous sommes, j’adore cette rude franchise.

— Vous voyez que nous sommes de plus en plus faits pour nous entendre !

— Parbleu !... Donc, vous désirez apprendre ma méthode ? écoutez-moi ! Les jeux de cartes sont assez généralement renfermés dans une grande caisse chez les concierges des différents clubs.

Du moins, il en est ainsi au cercle des Zous-Zous.

— Cette particularité m’a frappé ; je l'ai utilisée à mon profit.

— Comment ?

— Oh ! d’une façon bien simple ! le matin je passe, de très bonne heure, chez le concierge ; sous un prétexte quelconque : une commission dans le voisinage, une canne oubliée dans la salle du premier, enfin, sous un motif plus ou moins futile, je l’éloigne de la loge, et je saisis ce moment pour enfouir dans mes poches quelques paquets de cartes que je biseaute chez moi avec un soin extrême... Le lendemain, même comédie !... Nouvelle absence du concierge, pendant laquelle je remets en place les paquets de cartes préparées et refermées avec adresse sous la bande de la régie.

— C’est merveilleux ! exclama le vicomte.

— Vous comprenez, n’est-ce pas ? poursuivit le baron ; je connais d’avance les séries, et à la seule inspection des rognures qui constituent le biseau, je sais de quel côté va la chance.

— Ah ! décidément vous êtes un grand homme !

— C’est un peu mon avis ! acquiesça le baron.

Ainsi, ce que ces deux gredins allaient poursuivre désormais, c’était la conquête de l’opulente fortune des d’Évry ; pour l’obtenir, ils ne reculeraient devant rien !

 

VI
Où la connaissance continue à se faire

Une fois introduit chez le marquis, le premier souci du vicomte Lucien de Moreuil fut de se concilier les bonnes grâces du chef de la maison, afin de bénéficier de cette amitié pour se faire aimer de la jeune fille.

Nul plus que lui n'eut des attentions délicates pour le marquis ; un vieillard est toujours sensible aux prévenances, il s’en forme une habitude : aussi le vicomte devint bientôt l’intime, l’inséparable de son compensai.

Un jour, dans un moment d’épanchement, le marquis confia ses chagrins à son jeune ami :

— Je ne sais ce que j'ai aujourd’hui, mais J‘éprouve un malaise indéfinissable, dit-il.

— Vous êtes souffrant ? demanda avec intérêt le vicomte.

— Un peu ! cela m'inquiète.

— Allons ! allons ! ne vous créez pas de chimères !

— Hélas ! Je sens bien que mes forces m'abandonnent.

— Ah ! voyons, votre santé est bonne pourtant !

— Les apparences vous trompent ; je constate, moi, des signes avant-coureurs qui ne me trompent pas, que je m’en vais à grands pas vers la tombe.

— Oh ! cher marquis, chassez ses idées tristes.

— Mon Dieu ! cette prévision me laisserait parfaitement insensible, si je ne redoutais d'abandonner ma fille, isolée dans le monde. Songez donc ! elle a dix-huit ans à peine ! Sans expérience de la vie, à quels périls sa jeunesse ne se trouverait-elle pas exposée !... Ah ! l'on a tort de se marier aussi tard que je l'ai fait.

Le 13e en littérature

La rue du Dessous-des-Berges

La dame de pique

par
Jules de Gastyne

Il existe à Paris, dans les quartiers perdus, des rues mornes et désertes qu'on traverse avec un sentiment de stupeur.

(1906)

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A travers la Maison-Blanche

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Un instant plus tard, elle était dehors dans le terrain vague qui descendait en pente rapide vers la vallée de la Bièvre...

(1907)

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La poterne des Peupliers

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

Un homme s'arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l'occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique.
Si l'auteur nomme une poterne des Tilleuils, c'est bien de la poterne des Peupliers dont s'agit.

(1910)

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La rue des Peupliers

Perdues dans Paris

par
Jules Mary

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

(1908)

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Le quartier Croulebarbe

Les esclaves de Paris

par
Émile Gaboriau

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

(1868)

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La Cité Jeanne-d'Arc

Un gosse

par
Auguste Brepson

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

(1928)

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La Butte-aux-Cailles

La vague rouge

par
J. H. Rosny Ainé

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

(1910)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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La rue du Dessous des Berges est située à 20 mètres au dessus des berges.

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Le 9 octobre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait , qu'avenue d'Ivry, Mme veuve Marie Buronifesse, 73 ans, demeurant rue de la Pointe d'Ivry avait glissé sur une épluchure de banane et s'était blessée si grièvement qu'elle fut transportée à la Pitié.

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La voie romaine allant de Lutèce à Lugdunum légua son tracé à l'avenue de Choisy. En juin 1906, à l'angle de la rue de la Vistule, on mit à jour cette voie romaine sur une longueur de 14 mètres et une largeur de 8 mètres et l'on vit son pavage formé par deux rangées de moellons bruts superposés avec des joints contrariés.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.