Dans la presse...

 L'épidémie de la Maison-Blanche - 1890

L'épidémie de la Maison-Blanche

Le Figaro ― 7 septembre 1890

Au moment où le service de statistique municipale constatait avec satisfaction une décroissance notable de la mortalité dans Paris, une épidémie éclatait dans un quartier excentrique et y jetait l'effroi.

Le quartier contaminé est celui de la Maison-Blanche, situé dans le treizième arrondissement, sur les bords de la Bièvre. L'épidémie, qui a frappé surtout les enfants en bas âge, tient à la fois, dit-on, de la variole et de la dysenterie. Un certain nombre de victimes ont succombé et il y a encore beaucoup de malades.

Quelle a été la cause de cette épidémie ? Les habitants l'ont attribuée ― et ils ont quelque apparence de raison ― à un dépôt de gravats et d'immondices situé dans un ancien lit desséché de la Bièvre, rue du Moulin-des-Prés.

Les travaux de remblaiement de la vallée de la Bièvre  entre la rue de la Providence et la rue du Moulin-des-Prés
Cliché - Charles Marville - 1875

A ce dépôt étaient apportés, non seulement des terres et des détritus, mais des tombereaux de terre provenant de cimetières.  Ainsi, par exemple, lorsqu'on a fait dans le cimetière de Clamart des fouilles pour rechercher les cendres de Mirabeau, lorsque pour construire l'école du boulevard Saint-Marcel, on a creusé l'emplacement de l'ancien cimetière Sainte-Catherine, où pendant la Terreur avait été établie la fosse commune, les ouvriers ont déterré un grand nombre d'ossements et de débris de cercueils Les fragments de squelettes ainsi exhumés ont, selon les usages, été livrés aux Pompes funèbres pour être transportés aux Catacombes, mais le triage de la terre a été fait avec négligence et cette terre est restée mélangée d'ossements et de débris.

Cet état de choses dure depuis longtemps. Dès l'an dernier il a été constaté, à la requête de. M. Texier, administrateur du bureau de bienfaisance, par M. Paul Brillié, huissier.

Je me suis transporté aujourd'hui, six heures du matin, rue du Moulin-des-Prés, 77, et j'ai parcouru les terrains servant de décharge à la Ville. J'ai constaté notamment, malgré la température peu élevée, que la puanteur y est tellement grande qu'il n'y a rien d'étonnant que le voisinage soit insalubre. De certains endroits, des vapeurs s'échappent du sol où pourrissent toutes sortes de matières.

J'ai même vu et ramassé un crâne et plusieurs ossements que j'ai portés dans la maison de mon requérant, ce qui indiquerait que les terres rapportées proviendraient d'un cimetière quelconque. Ayant cherché, en interrogeant les voituriers qui amenaient les déblais, à découvrir quelle était la provenance de ces déblais, je n'ai pu obtenir aucun éclaircissement à ce sujet, chacun d'eux se renfermant dans le silence à cet égard. Ayant interrogé de plus différents habitants du quartier, je les ai trouvés tous unanimes dans leur juste plainte, plusieurs même très affectés, tant des nombreux décès récents du quartier que des lugubres découvertes d'ossements que leurs enfants font chaque jour dans l'endroit où j'étais.

En même temps, les habitants adressaient au préfet de la Seine une pétition ainsi motivée :

Les soussignés ont l'honneur de porter à votre connaissance qu'il a été déchargé des tombereaux contenant une très grande quantité d'ossements humains à dix mètres de nos immeubles, et le nombre en était si grand que les enfants jouaient continuellement à la boule avec des crânes.

Constat et pétition restèrent sans effet. Il a fallu l'apparition d'une épidémie qui a emporté une dizaine d'enfants pour attirer l'attention sur les plaintes des habitants.

Sur leur demande, M. Siadoux, commissaire de police, s'est rendu rue du Moulin-des-Prés. Il a constaté que les plaintes n'étaient pas exagérées.

Dans la dépêche qu'il a adressée au préfet de police, il fait connaître que le quartier est infecté par l'apport d'ossements humains et par le brûlage de cercueils et suaires opéré sur le terrain même. Il a vu des décharges de tombereaux dans lesquelles étaient des ossements, des débris humains, et même des crânes d'enfants dont l'un avec un bonnet intact.

Il a remarqué la présence de mouches charbonneuses.

Beaucoup d'enfants, dit-il, sont malades dans le quartier. L'émoi est vif.

A  la suite de cette communication, le préfet de police a écrit au préfet de la Seine, pour s'entendre avec lui au sujet des mesures nécessaires. Dès hier des tombereaux d'autre terre ont été versés sur les détritus suspects, de façon à les enfouir profondément et à éviter tout nouveau danger.




(Communiqués)

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Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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Une tournée apostolique à la Maison-Blanche

L'abbé Garnier a fait cette semaine une tournée apostolique à la Maison Blanche C'est un bon coin de Paris, plein d'honnêtes travailleurs, mais, hélas ! aussi, un pauvre nid à misère. (1891)

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L'aménagement du XIIIè arrondissement

Les grands percements ne font point défaut au XIIIe arrondissement; on peut même dire que l'importance des voies dont il est sillonné est hors de proportion avec les ressources et les mœurs de la population qui l'habite. L'administration municipale n'a donc que peu de chose à faire pour compléter son œuvre au point de vue de la viabilité. (1869)

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Au treizième arrondissement

Rue du Moulin-des-Prés, treizième arrondissement, quartier de la Maison-Blanche, il a été ouvert, il y a un certain temps, une immense décharge, en vue de remblayer la vallée de la Bièvre. Dans cette décharge ont été apportées toutes sortes d'immondices. On y a même apporté des terres provenant de cimetières... (1890)

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A propos de l'inauguration du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Tandis que Paris se trouve condamné à boire de l'eau contaminée, on a accueilli, avec bonheur, la nouvelle de l'inauguration du fameux puits artésien de la Butte aux Cailles.
La chose vaut qu'on s'y arrête, car il ne s'agit pas de moins de dix mille mètres cubes, ou de dix millions de litres d'eau pure qui vont être donnés, chaque jour, aux Parisiens. Par ces temps de fièvre typhoïde, d'eau de Seine filtrée, voire non filtrée, ce n'est pas là quantité négligeable. (1904)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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Le XIIIème devait initialement porter le numéro 20 lors de l'extension de Paris en 1860. Les protestations des habitants d'Auteuil et de Passy qui, eux, se voyaient attribuer les n°13 associé aux « mariages à la mairie du 13e » autant qu'aux superstitions, eurent raison du projet de numérotation et un nouveau projet aboutit à la nomenclature actuelle.

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La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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La rue Rubens (511 mètres, entre la rue du Banquier, 33, et le boulevard de l'Hôpital, 140), existait au XVIIe siècle. Elle s'appela primitivement rue des Vignes, à cause des treilles de la Salpêtrière. Par décret du 24 août 1864, elle reçut sa dénomination actuelle, en mémoire du peintre flamand (1577-1646), à cause du voisinage des Gobelins.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦