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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Près de l'avenue d'Italie

Un drame rue de la Maison-Blanche

1897

Plusieurs individus étaient attablés, avant- hier soir, dans un débit de vin, tenu, rue de la Maison-Blanche, par un nommé Louis P. Une querelle s'éleva entre les consommateurs.

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A la cité Doré

Un rôti de chien enragé

1873

On sait peut-être que la cité Doré, près de l’ancienne barrière des Deux-Moulins, est un quartier composé de cahutes singulières, habitées par des chiffonniers. Quartier modèle s'il en fut... Sa population tient à ce que tout s'y passe pour le mieux, à ce que rien ne vienne entacher la réputation d'esprit pacifique...

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rue de la Colonie

Sauvé par un agent

1872

Le sieur S., cocher, voulu, bien qu'étant en état d'ivresse, traverser le bassin des Prés de la Glacière, au bout de la rue de la Colonie.

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Avenue des Gobelins

Une bagarre au Théâtre des Gobelins

1892

Une bagarre s'est produite mercredi soir au théâtre des Gobelins, où, devant une salle comble, on jouait les Danicheff.

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Entre chiffonniers

1899

Tout au bout de Paris, là-bas, rue Nationale, dans le treizième arrondissement, il existe deux cités, qui renferment une population très turbulente de chiffonniers et de gens sans aveu. La première est la cité Jeanne-d'Arc, la seconde, la cité Doré. Or, les « gars de la Jeanne-d'Arc », nouveaux Capulets, vivaient en très mauvaise intelligence avec ceux de « la Doré » modernes Montaigus, et, de chaque côté, la coupe ces messieurs disent la malle était pleine. Il fallait peu de chose pour la faire déborder...

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Une tragédie passage Doré - 1908

Une tragédie passage Doré

Par la corde et par le revolver

Le Petit-Journal — 13 avril 1908

Après avoir pendu sa compagne, un jeune ouvrier lui tire un coup de revolver, se pend et s’achève d'une balle.

Non loin de l'emplacement où s'ouvrira bientôt le nouvel hôpital de la Pitié, dans le treizième arrondissement de Paris, se trouve une petite cité ouvrière, le passage Doré, qui forme le prolongement de la rue Louis-Français et qui vient aboutir rue Jenner.

Ce passage, où il n'y a que de vieilles maisons, est habité par des familles d'ouvriers qui vivent là depuis des années, de père en fils, et dont les enfants, après avoir joué et grandi, ensemble, se marient entre eux et fondent, à leur tour, une famille, qui vient grossir le nombre des habitants de la cité.

Parmi ces ouvriers, l'un d'eux, Louis Denis, emballeur, âgé de vingt-cinq ans, demeurait dans un petit logement, au premier étage de l'unique débit de vins de la cité, en compagnie d'une jeune blanchisseuse de dix-huit ans, Annette Nombret, qui était sur le point de devenir mère.

Très travailleur et très sobre, Louis Denis donnait cependant de vives inquiétudes à ses parents et à ses amis. Souvent, il leur répétait :

« — Je sens qu'un jour ou l'autre je finirai mal ! »

Son caractère était sombre et il était facile de deviner qu'il était hanté par des idées de suicide.

En revenant de faire son service militaire au 153e régiment d'infanterie, à Toul, l'emballeur avait épousé la fille d'un de ses voisins, mais celle-ci mourut il y a dix- huit mois en lui laissant deux petits enfants.

Depuis la mort de sa femme, Louis Denis n'avait pas cessé d'être triste. Pourtant, il y a un an, il se mit en ménage-avec Annette Nombret avec qui il avait joué tout enfant sur les pavés du- passage.

Les deux jeunes gens vivaient, tranquillement au milieu de parents ou d'alliés et ils auraient paru très heureux si Denis n'eût pas prouvé à plusieurs reprises qu'il n'était pas guéri de son humeur sombre.

Disparus depuis deux jours

Chaque jour, Denis et sa compagne descendaient dans la salle du débit de vins et tous deux bavardaient longuement avec leurs voisins. L'étonnement de ceux-ci fut grand quand, vendredi dernier, ils ne virent ni l'emballeur, ni la blanchisseuse. On avait bien aperçu, à huit heures du matin, Annette Nombret qui, vêtue de ses habits du dimanche, était remontée chez elle après avoir été faire une commission dans le voisinage, mais depuis ce moment, elle n’avait pas reparu, et ses parents, à qui on était allé demander de ses nouvelles, étaient persuadés qu'elle ; avait dû partir subitement en voyage avec Denis. Hier matin, les deux jeunes gens ne s'étaient pas encore montrés et, comme les jours précédents, on eut beau frapper à la porte de leur chambre, nul ne répondit. Prise d'une vive inquiétude, Mme Jouve, la patronne du débit de vins, envoya son frère prévenir le commissaire de police, qui vint aussitôt passage Doré et donna l'ordre d'enfoncer la, porte du logement.

D'un violent coup d'épaule, la porte fut jetée bas, et lorsque le commissaire pénétra dans la chambre, il découvrit un horrible spectacle.

Au-dessus du lit dressé dans une petite alcôve, deux cadavres, celui de Louis Denis et celui d'Annette Nombret, couverts de sang et horriblement défigurés, étaient accrochés le long du mur.

Illustration parue dans le Petit-Journal

Sur un poêle, le commissaire de police trouva deux petits lambeaux de papier sur lesquels les deux jeunes gens avaient écrit qu'ils ne pouvaient plus supporter la vie et qu'ils avaient pris la résolution de mourir ensemble.

Lugubres préparatifs

Le drame n'était pas difficile à reconstituer, et il est évident que c'est Louis Denis qui a décidé sa compagne à disparaître avec lui. Vendredi matin, ils avaient revêtu tous les deux leurs plus beaux habits. Pendant qu'Annette Nombret sortait pendant quelques instants, l'emballeur avait enfoncé un ciseau-à- froid et un gros compas dans le mur, au-dessus de son lit.

Quand sa compagne rentra, il la fit grimper sur le montant de la tête du lit et lui passa au cou le double nœud d'une corde qu'il fixa au ciseau à froid. Montant à côté d'elle il s'enroula à son tour une corde autour de la gorge et l'attacha à l'extrémité du compas.

Lorsque ces tragiques préparatifs furent terminés, et après un suprême adieu, il appuya le canon d'un revolver sur le front de la jeune femme et il pressa la détente ; puis il retourna son arme contre lui- même et se tira deux coups de feu, le premier dans la poitrine et le second dans la tête.

La mort avait dû être foudroyante pour Denis, mais la jeune femme avait dû avoir une affreuse agonie. Le projectile, entré par une tempe, était ressorti par l'autre, et, en se débat tant, la malheureuse s'était coupé la langue avec ses dents.

Les deux cadavres étaient déjà décomposés, et la figure des deux morts, complètement bleuie, était horrible à voir.

On coupa les cordes qui les tenaient pendus contre le mur, et on les étendit côte à côte sur le lit, en attendant-le transport à la Morgue.

Louis Denis n'avait plus ni son père ni sa mère. Son frère, ouvrier comme lui, qu'on était allé prévenir, accourut aussitôt, mais au moment de pénétrer dans la chambre ou le drame s'était passé, le courage lui manqua.

Quant à la blanchisseuse, ce fut son père, un brave charretier, qui vint la reconnaître.

Pendant que, le commissaire de police procédait à ces tristes opérations, les deux enfants de l'ouvrier jouaient dans le passage avec leurs petits camarades, sans se douter que désormais ils étaient orphelins.



Sur la cité Doré

Le récit

  • La cité Doré par Philippe Doré fils (extrait de "Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement" (1860)

Le lieu

  • La cité Doré par Alexandre Privât d'Anglemont (1854)
  • La Nouvelle Cour des Miracles. - Revue municipale et gazette réunies — 10 septembre 1859
  • La Nouvelle Cour des Miracles. - Réponse de M. Doré - Revue municipale et gazette réunies — 1er décembre 1859
  • La Nouvelle Cour des Miracles. - Réponse de la Revue municipale et gazette réunies à M. Doré — 10 décembre 1859
  • Le cabinet de lecture des chiffonniers par Charles Yriarte (1863)
  • Paris Lugubre : la Cité Jeanne-d’Arc et la cité Doré (1879)
  • La cité Doré - Journal des débats politiques et littéraires — 22 mai 1882
  • La cité Doré par Marcel Edant (Le Petit-Journal - 1887)
  • La cité Doré par Jean Soleil (1889)
  • Les cabarets de la cité Doré (1890)
  • Un coin curieux de Paris (1901)
  • La tournée des édiles par Lucien Descaves (1909)
  • Trois îlots à détruire d'urgence (1923)

La catastrophe de la Cité Doré (octobre 1925)

  • Une catastrophe Cité Doré (1925)
  • Le récit du Petit-Parisien
  • Deux jours plus tard à l'Hôtel de Ville

Faits-divers

  • Un roti de chien enragé, vie et mœurs de la Cité Doré (1873)
  • Une tragédie passage Doré (1908)

Sur la cité des Kroumirs

"Qu'on s'imagine un terrain de 30 mètres de largeur et de 150 mètres de longueur environ, en pente vers la rue Jenner, sans issue et sans écoulement d'eau vers cette rue.

Au milieu de ce terrain, un chemin en terre grasse, détrempé par la moindre pluie et rendu infect par les détritus et les déjections de toute espèce qui s'y sont incorporés.

De chaque côté de ce chemin, des abris, plutôt que des baraques, construits en vieux matériaux, en paillassons, en loques, en tout ce que l'ingéniosité de la plus poignante misère peut assembler et coudre pour se préserver de l'intempérie des saisons.

Près de quelques-uns de ces réduits une fosse en terre, quelquefois un tonneau enfoncé dans le sol, sert de cabinet d'aisances. Un peu partout des ordures ménagères, des matières fécales, des débris de toute sorte. On comprendra maintenant pourquoi cette cité a reçu un surnom qui fait image : la cité des Kroumirs."

Dr Olivier du Mesnil - L'Hygiène à Paris (1890)

Le lieu

  • La cité des Kroumirs (Le Petit-Journal — 22 février 1882)

A la suite du rapport de la commission des logements insalubres

  • La cité des Kroumirs — Le Temps 23 février 1882
  • La réponse de L'Assistance Publique
  • La réponse de M. Doré

À lire également...

Quartier de la Maison-Blanche

Une singulière hallucination

1901

Un employé de la Compagnie du gaz, M. François Mourzé, demeurant 77, avenue d'Italie, se présentait, avant-hier soir, au commissariat de M. Yendt...

...


Quartier Croulebarbe

Amours séniles

1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

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Quartier Croulebarbe

Amours séniles

1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

...


Porte d'Italie

Une fuite d'eau

1885

Grand émoi avant hier à la barrière d'Italie, parmi les personnes qui stationnaient dans le bureau de tramways faisant le service de Cluny à Bicêtre.

...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

*
*     *

En 1912, le lit de la Bièvre était couvert et canalisé pour devenir la rue Berbier-du-Mets remplaçant ainsi la vieille ruelle des Gobelins que l'on a trop tendance à confondre avec la rue des Gobelins qui débouche sur l'avenue des Gobelins alors que la ruelle débouché sur le boulevard Arago.

*
*     *

La rue Küss honore le dernier maire français de la capitale alsacienne en 1871, année de sa mort, le jour même où les députés de l'Assemblée nationale décidèrent de céder l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne. Émile Küss était un savant physiologiste de la faculté de Strasbourg.

*
*     *

En 1887, Charles et Alphonse Sécheresse, tous deux domiciliés 13 passage du Moulinet et tous deux marchands de vinaigre, constituaient une société en nom collectif ayant pour objet le commerce de marchand de vinaigre et de conserves. Alphonse en deviendra le seul propriétaire à partir de 1891. Plus tard, il sera condamné pour mise en vente d'huile falsifiée.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
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