logo paris-treizeime.fr
UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

    plan 13e
  • Accueil
  • Lieux
  • Faits divers
  • Dans la presse
  • Les drames du 13e
  • Un jour dans le 13e
  • La Bièvre
  • Promenades
  • Littérature
  • Le 13e avant le 13e
  • Feuilleton
  • Plans

logo paris-treizeime.fr
Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

Logo P13

  • ACCUEIL
  • LIEUX
  • FAITS DIVERS
  • DANS LA PRESSE
  • UN JOUR DANS LE 13e
  • LA BIEVRE
  • PROMENADES
  • LITTÉRATURE
  • LE 13e AVANT LE 13e
  • FEUILLETON
  • PLANS

Le 13e dans la littérature

Littérature

Mary - La goutte de sang - 7

157

LA GOUTTE DE SANG

par
Jules MARY
(1908)


DEUXIÈME PARTIE


La détresse d'une mère

XI
(Suite)

L’accordéon s’éloigne et bientôt, au bout de la rue, on entend le chant de Roland :

J’ai vu tomber ce fier vainqueur.
Le sang a baigné son armure.

C’était, en effet, à peu près en face de cette cabane de bois que Brûleur venait de s’évanouir comme un fantôme. La cabane, ouverte à tous les vents, avait jadis servi de bureau à des chantiers de démolitions qui n'existaient plus. Elle s’en allait en ruines. Ce n’était plus qu’un amas de mauvaises planches à demi pourries et branlantes.

Il n’y avait vraiment aucune chance que Brûleur fût venu s’échouer là. Pourquoi faire ? Pour y dormir ? Les vagabonds de Paris ont ainsi des refuges qu’ils adoptent et où ils reviennent régulièrement jusqu’à ce que la police les ait dépistés et raflés. Qui sait si la cabane n'était pas le repaire du Boucher et de Brûleur ?

Il passa devant sans s’arrêter.

Un regard rapide — un de ces regards d’oiseau de proie à qui rien n’échappe — prouva tout d’abord à Boutort que la masure était vide.

Mais elle était encombrée à l’intérieur de débris de toute sorte...

L’homme ne pouvait-il s’être caché derrière ces débris ? Ou bien n’était-il pas entré là pour dépister cet ouvrier maçon qui peut-être lui inspirait des inquiétudes ?

Des palissades de planches à demi écroulées barraient le terrain vague, entre les jardins publics, en bas, et un hôpital, en haut. Et, au beau milieu de ces terrains, une maison de l’ancienne banlieue, à un étage, au toit effondré, inhabitée sans aucun doute, dressait sa silhouette triste de ruine misérable et grotesque ! Entre cette maison et la cabane en planches du bord de la rue, il y avait un espace de plus de cent mètres, occupé par des herbes, des pierres, des plâtras, des mottes de gazon qui commençaient à reverdir, terre qui semble atteinte de je ne sais quelle maladie, d’une lèpre honteuse, terre de l’abandon, terre de tristesse, plus lugubre cent fois qu’un cimetière. Et la maison en question n’avait plus d’habitants depuis longtemps. Ce qui le prouvait, c’est qu’elle n’était accessible d’aucun côté. Elle n’avait pas été comprise dans les alignements. On avait dû la démolir comme ses voisines. Elle était, restée debout par hasard. Mais on la considérait comme les pierres, les herbes, le plâtras du terrain vague et la palissade l’entourait et l’isolait de ce coin de Paris. À qui appartenait-elle ? Car elle avait, comme toute chose, un propriétaire ? Les renseignements des voisins s’y perdaient... Ils n’étaient pas plus précis, ces renseignements, sur les propriétaires des terrains inoccupés. Ils devaient  être la propriété de cinq ou six, de dix personnes peut-être. On ne savait.

 Une petite visite dans la cabane s’impose ! pensa Boutort.

Et comme il paraissait ivre abominablement, il vint se cogner contre les planches, essaya de garder son équilibre, jura, se redressa, fit une immense embardée — une de ces embardées d’ivrogne qui, d'un coup, embrassent une largeur de chaussée — et alla s’écrouler sur le seuil de la masure — la tête à l’intérieur, les pieds dehors — en poussant un grognement qui pouvait passer pour une plainte ou pour un soupir de soulagement.

Là, il ne bougea plus... Et de longues minutes s’écoulèrent...

À l’autre bout des palissades, la chanson de Roland roulait et vibrait :

Mais toujours fidèle à l’honneur, Il dit en montrant sa blessure...

Au bout d’un quart d’heure, il se hasarda à glisser un œil autour de lui.

Il le referma aussitôt et sa respiration devint régulière comme s’il dormait. Il avait cru entendre un remue-ménage dans les tas de débris et, son oreille étant collée contre terre, il s’imagina que cela venait d’en dessous. Il resta dans une immobilité absolue. Afin de n’être pas vu du dehors, il avait ramené son corps et ses jambes dans l’intérieur de la cabane. Un long temps s'écoula.

Par malheur, l’immobilité à laquelle il se condamnait eut un résultat fâcheux... Celui d’appeler invinciblement, et pour de bon, cette fois, le sommeil.

D’autre part, l'honnête Boutort, pour tenir tête à Brûleur, s’était obligé à de nombreuses rasades ; il avait bu plus que de raison. Certes, il n’était pas gris. Bien des verres remplis par la mère Lucas avaient été prestement vidés sous la table. Mais il n’avait pas pu les vider tous. Et cela prédisposait au repos, mollement étendu sur une épaisse couche de sable fin...

Ce qui devait arriver, hélas ! arriva.

Le pauvre Dingue-Dingue s'endormit vraiment...

Mais d’un sommeil étrange, d’un sommeil fatigant, empli d’affreux cauchemars... Il essaya plus tard de se rappeler tout ce qu'il avait cru voir, tout ce qu’il avait cru sentir, les êtres fantastiques dont ses rêves s’étaient peuplés, mais il n’osa pas… II avait honte de lui-même et se disait :

—  Faut-il tout de même que j’aie été gris...

Il lui sembla qu’à peine endormi, il avait vu se soulever les débris de plâtre et de planches pourries parmi un flot de poussière... Deux hommes avaient paru… s'étaient approchés de lui.. l’avaient examiné... avaient parlé ensuite à voix basse... et ces détails étaient si précis dans le souvenir de Boutort qu'il croyait se rappeler que l'un des deux hommes avait demandé à l'autre : « Tu le connais ? » Et que l’autre avait répondu : « Non ! » Alors l’un des deux se pencha sur le corps et se tint longtemps dans cette position et Boutort eut la sensation de se débattre contre quelque chose de surnaturel qui s’imposait malgré lui à sa volonté, s'emparait de ses forces, les réduisait à rien…

 



Jules Mary, regardant le 13e arrondissement

Victor Anatole Jules Mary, plus connu sous le nom de Jules Mary, est né le 20 mars 1851 à Launois-sur-Vence et est décédé le 27 juillet 1922 à Paris.Il était écrivain, dramaturge et feuilletoniste français.

Ses œuvres les plus connus sont Roger-la-Honte et la Pocharde, adaptées au théâtre puis au cinéma.

La Goutte de sang

La Goutte de Sang, grand roman dramatique en trois parties, parut en feuilleton dans le Petit-Parisien à partir du 11 octobre 1908.

Deuxième partie : La détresse d'une mère

  • La Porte de Bicêtre et la rue des Peupliers à proximité de la rue Brillat-Savarin et de la poterne

Troisième partie : Perdues dans Paris

  • La rue des Peupliers

Le 13e en littérature

Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

Lire


La ruelle des Reculettes

Les Monstres de Paris

par
Paul Mahalin

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...

(1879)

Lire


Le quartier Croulebarbe

Robespierre

par
Henri-Jacques Proumen

Il pouvait avoir cinq ans, ce petit Riquet de la rue Croulebarbe. On lui en eût donné quatre tout au plus, tant il était fluet Son pauvre petit corps se dandinait sur deux longues pattes de faucheux qui prenaient assise dans deux godasses démesurées...

(1932)

Lire


L'octroi de la porte d'Italie

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Grâce à l'or du faux baron de Roncières, Paul apporta l'abondance dans la maison de la rue du Moulinet.
On y fit une noce qui dura huit jours.
Perrine avait déserté son atelier de blanchisseuse. Elle tenait tête aux deux hommes, le verre en main.

(1894)

Lire


De la ruelle des Reculettes au passage Moret via la ruelle des Gobelins

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay

Il était arrivé à l'angle pointu formé par la manufacture des Gobelins où la voie bifurquait ; à droite la rue Croulebarbe continuait, à gauche c'était la ruelle des Gobelins.

(1912)

Lire


La Butte-aux-Cailles

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

— Voyons d’abord du côté de la Butte-aux-Cailles, pour tâcher de trouver un logement.
Jacques connaissait l’endroit pour y être venu avec Fifine, une fois ou deux, du temps qu’il vivait chez ses parents.
C’était un quartier misérable situé à proximité de la place et du boulevard d’Italie ; on y arrivait par la rue du Moulin-des-Prés.

(1899)

Lire


L'entrée de la Bièvre dans Paris en 1859

L'oeuvre du démon

par
Adolphe Favre

Effectivement, le lendemain de la mort du marguiller, la police retirait un cadavre de la Bièvre, au point où elle entre à Paris ; ce cadavre, c’était celui d’Armand Lambert...

(1859)

Lire

Un Treizième à découvrir dans...

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie
(1910)

Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol
(1894)

Zizine

par
Alexandre Arnoux
(1938)

La rue Jonas

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

La Folie Neubourg

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

La Cité Jeanne d'Arc

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

Les Gobelins

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.


Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans
(1874)


La petite Miette

par
Eugène Bonhoure
(1889)


Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron
(1894)


Le Trésor caché

par
Charles Derennes
(1907)

La rue du Pot-au-Lait

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

La ruelle des Reculettes

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

La gare de la Maison-Blanche

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

La Butte-aux-Cailles

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

4.054 maisons étaient recensées dans le XIIIème arrondissement par le service des contributions indirectes au début des années 1880. Paris, selon ce service, comptait, au total, 82.352 maisons.

*
*     *

Le 18 novembre 1929, un incendie détruisit le dépôt de chiffons situé à l'angle de la rue Croulebarbe et du boulevard Blanqui. Le feu se propagea aux terrains vagues situés entre la rue Croulebarbe et la rue des Cordelières et détruisit aussi des baraques en planches qui y étaient construites.

*
*     *


Le 30 novembre 1930, la course des livreurs de charbon organisée place d’Italie avec le soutien de la Brasserie Rozès fut remportée par M. Lecomte (sac de 50 kilogrammes).

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

A propos de ce site

Mentions légales

Politique de confidentialité

Recherche


© paris-treizieme.fr 2010-2026